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vendredi 31 décembre 2004

Claude-Henri Grignon

«Je n’ai pas connu, dans mon enfance, et je vous dirai, dans une partie de ma jeunesse, jusqu’à vingt ans, je n’ai pas connu un seul être malheureux et misérable ici, à Sainte-Adèle. Ils étaient sûrement dans la misère. C’était une condition acceptée à l’avance. Voyez-vous, il faut comprendre qu’à cette époque-là, dans les années 1890, le sort c’était d’accepter de vivre sur des terres rocailleuses. Les habitants étaient satisfaits de cela. Qu’est-ce qui les charmait? Le décor, les lacs, les rivières, les montagnes, la chasse, la pêche et les bonnes soirées, les contes à la veillée, les danses à fond de train. Quand on pense que les fêtes commençaient le 25 décembre pour se terminer le Mardi gras!!! Ça, c’étaient des fêtes!!!»

Claude-Henri Grignon, dans un entretien qu’il accordait à Réginald Hamel, le 18 octobre 1964, reproduit dans Le Québec littéraire, automne 1988, no 1.

Évènement, cout, paraitre

Vous pensez que j'ai fait plusieurs fautes d'orthographe dans le titre de ce billet, hein? C'est que vous ne connaissez pas la nouvelle réforme de la langue proposée par l'Académie française.

L'orthographe recommandée, sur le site d'information sur la nouvelle orthographe française.

jeudi 30 décembre 2004

Un conte allemand

De Louis Bechstein [le prénom a été francisé dans l'édition originale française], voici un joli conte, comme je les aime, un conte du dix-neuvième siècle, pas remis au goût du jour, avec une bonne morale toute jolie:

Les épreuves du maître voleur (format PDF).


mercredi 29 décembre 2004

Le paysan

Amusant, cette définition du paysan qu'a fait Venceslas-Eugène Dick, dans son roman L’enfant mystérieux:

« Le paysan – qu’on ne prenne pas ce mot en mauvaise part – le paysan est foncièrement honnête et bon; mais il est rusé dans sa bonhomie et, comme son cousin de France, quelque peu en dessous. Il n’aime guère véritablement que ceux de sa classe... Et, encore, parmi ceux-ci, il a une préférence marquée pour le concitoyen qui se rapproche le plus de sa propre condition de fortune. Jean-Claude aimera bien Jean-Louis tant que Jean-Louis ne sera pas plus riche que Jean-Claude; mais que Jean-Louis ait le malheur de faire un héritage, de conclure quelque bon marché, de dépasser enfin son confrère en prospérité... adieu, l’amitié de Jean-Claude! Un petit froid s’est glissé dans ses veines, qui a nom envie. Le pauvre Jean-Louis est devenu un indifférent. Pour ce qui est des hommes de profession libérale, des marchands, des rentiers, ils sont tenus en continuelle suspicion; le paysan les fréquente, parce qu’il en a besoin, mais dans ses rapports avec cette catégorie de co-paroissiens, il est toujours sur la défensive. »



lundi 27 décembre 2004

Un conte de Mme S. Lockroy.

Voici un beau conte, publié en 1868. Il y a des fées, des rois, des princesses...

La princesse Marguerite et le prince Coquelicot (format PDF).


samedi 18 décembre 2004

Les beaux mots

Jongler à – Penser à, réfléchir.
«– Je jongle à une chose, monsieur le curé... pour la dispense des bans, là..., si je la prenais t’de suite, à vous j’exempterais pas mal de trouble, et à moi, vu que les chemins veulent se couper et vont devenir méchants sans bon sens, je m’épargnerais un gros voyage?» Le Survenant, Germaine Guèvremont (1945).

Brunante (la) – Au soir.
«On les vit revenir à la brunante, trempés jusqu’aux os, grelottant dans leurs hardes que le froid avait raidis.» Menaud, maître-draveur, Félix-Antoine Savard (1937).
Note de Faucher de Saint-Maurice, dans son livre À la Brunante, à propos du mot brunante: «Si le lecteur se met à la recherche de ce mot, il feuillettera le dictionnaire de l’Académie sans le trouver. C’est un néologisme canadien français pur sang, et m’est avis qu’à «la brunante» est beaucoup plus harmonieux et plus poétique que son synonyme français: – «sur la brune.»

Bourrée (traverser de vilaines bourrées) – Passer de mauvais moments, avoir de la malchance, manquer de veine.
«– Tu sais, ma fille dans la vie, tu traverses de bien vilaines bourrées. Mais, on les passe... on... les... passe!» Marie Didace, Germaine Guèvremont (1947).

Volerie (faire des voleries) – Petit vol.
«Ah! mauvaise créature, vilaine petite voleuse, tu vas voir comme je te corrigerai. Je t’apprendrai à faire des voleries et puis des menteries encore, que j’en suis toute tremblante.» Les Petites filles modèles, Comtesse de Ségur.

jeudi 9 décembre 2004

Petites citations toutes crues

Dans La chute, de Camus, le narrateur dit : « Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs : il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition, le sujet sera, si j’ose dire, épuisé. »

Jacques Sternberg écrivait, mais il y a si longtemps déjà : « Plus on lit, plus on lit gras, stupide, vulgaire et digestif. » C’était en 1978.

Paul Léautaud : « Je ne me rappelle pas m’être levé un seul jour de bonne humeur, content de la vie, des autres et de moi-même. »

 

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