Le paysan
Par Jean-Yves Dupuis, mercredi 29 décembre 2004 à 17:15 :: Littérature québécoise :: #13 :: rss
Amusant, cette définition du paysan qu'a fait Venceslas-Eugène Dick, dans son roman L’enfant mystérieux:
« Le paysan – qu’on ne prenne pas ce mot en mauvaise part – le paysan est foncièrement honnête et bon; mais il est rusé dans sa bonhomie et, comme son cousin de France, quelque peu en dessous. Il n’aime guère véritablement que ceux de sa classe... Et, encore, parmi ceux-ci, il a une préférence marquée pour le concitoyen qui se rapproche le plus de sa propre condition de fortune. Jean-Claude aimera bien Jean-Louis tant que Jean-Louis ne sera pas plus riche que Jean-Claude; mais que Jean-Louis ait le malheur de faire un héritage, de conclure quelque bon marché, de dépasser enfin son confrère en prospérité... adieu, l’amitié de Jean-Claude! Un petit froid s’est glissé dans ses veines, qui a nom envie. Le pauvre Jean-Louis est devenu un indifférent. Pour ce qui est des hommes de profession libérale, des marchands, des rentiers, ils sont tenus en continuelle suspicion; le paysan les fréquente, parce qu’il en a besoin, mais dans ses rapports avec cette catégorie de co-paroissiens, il est toujours sur la défensive. »
« Le paysan – qu’on ne prenne pas ce mot en mauvaise part – le paysan est foncièrement honnête et bon; mais il est rusé dans sa bonhomie et, comme son cousin de France, quelque peu en dessous. Il n’aime guère véritablement que ceux de sa classe... Et, encore, parmi ceux-ci, il a une préférence marquée pour le concitoyen qui se rapproche le plus de sa propre condition de fortune. Jean-Claude aimera bien Jean-Louis tant que Jean-Louis ne sera pas plus riche que Jean-Claude; mais que Jean-Louis ait le malheur de faire un héritage, de conclure quelque bon marché, de dépasser enfin son confrère en prospérité... adieu, l’amitié de Jean-Claude! Un petit froid s’est glissé dans ses veines, qui a nom envie. Le pauvre Jean-Louis est devenu un indifférent. Pour ce qui est des hommes de profession libérale, des marchands, des rentiers, ils sont tenus en continuelle suspicion; le paysan les fréquente, parce qu’il en a besoin, mais dans ses rapports avec cette catégorie de co-paroissiens, il est toujours sur la défensive. »

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