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mardi 31 mai 2005

L'École littéraire de Montréal

La première séance de l’École littéraire de Montréal a eu lieu le 7 novembre 1895 à Montréal. Parmi les participants : Louvigny de Montigny, Jean Charbonneau, Albert Ferland, Edouard Z. Massicotte... D’autres écrivains fréquenteront plus ou moins régulièrement cette école: Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Charles Gill, Albert Laberge... L’École se proposait de regrouper « sans distinction d’écoles les écrivains de la génération nouvelle, travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à la conservation de la langue française et au développement de notre littérature nationale... » L’École a connu son plus fort moment d’effervescence dans la première décennie de son existence, avec l’oeuvre de Nelligan. En 1935, année de la dissolution, Jean Charbonneau publie une histoire de cette École.


La littérature du terroir

En 1846, paraît un roman de Patrice Lacombe, La terre paternelle, roman peu estimé par les historiens de la littérature. Cependant, le roman inaugure un genre romanesque qui durera cent ans : le roman paysan, qui s’inscrit dans le courant du terroir ou courant régionaliste. Moralisateur et simpliste, le roman paysan se propose de défendre les valeurs morales et religieuses traditionnelles, glorifie l’agriculture, la terre, rejète le romantisme et le roman français, prévient contre les dangers de la ville et de l’émigration. Dans ce courant, représenté par Gérin-Lajoie, Chauveau, etc., Albert Laberge va à contre-courant, décrivant avec dureté le milieu rural. On peut penser que le courant a vraiment pris fin avec la parution vers 1945 du Survenant et de Marie-Didace de Germaine Guèvremont. Cependant, les auteurs qui ont publié après 1900, et dont certains ont laissé des oeuvres importantes (Ringuet, Hémon, Grignon, Mgr Savard...) expriment des visions beaucoup plus nuancées que les Lacombe et Gérin-Lajoie.


lundi 30 mai 2005

Miss Harriet de Guy de Maupassant

Un recueil de contes de Guy de Maupassant: Miss Harriet.

Miss Harriet. (PDF) 474 ko.

"L'écrivain [Maupassant] a souvent été accusé, en particulier par des Normands, et aussi par Tolstoï, de noircir à plaisir les paysans. Il ne les montre pourtant dénués ni d'ardeur au travail, ni de bon sens naturel, ni parfois de passion et de délicatesse dans la passion; parfois, mais non souvent, parce qu'il veut peindre une humanité moyenne. Tout porte à dire que son réalisme n'est pas une caricature; mais il heurta et heurte encore une certaine idée bucolique des hommes proches de la terre, idée contre laquelle il s'est lui-même élevé plusieurs fois." Marie-Claire Bancquart, introduction à Guy de Maupassant: Contes normands, La Pochothèque, Librairie Générale Française, 2004.


dimanche 29 mai 2005

Alfred Desrochers

«Un cousin m’a donné À l’ombre de l’Orford. J’en ai lu plusieurs pièces. C’est extrêmement savoureux; la seule poésie vraiment canadienne que j’aie lue. C’est une âme trempée au pays et qui le dit profondément en se disant. Chez Desrochers, l’influence européenne n’a touché que la langue, sans toutefois lui ôter la saveur qu’elle a prise ici et son caractère spécial; l’âme est demeurée intacte. Lis cela et dis-m’en des nouvelles.»

Hector de Saint-Denys Garneau,
lettre à André Laurendeau, 11 juillet 1931.


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samedi 28 mai 2005

Le Survenant, de Germaine Guèvremont.

Germaine Guèvremont a connu le succès pour son roman Le Survenant. Avant de devenir un film, ce roman a donné naissance à un radioroman, puis à un téléroman, qui a marqué les débuts de notre télévision.


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mercredi 25 mai 2005

Les Mystères de Paris, d'Eugène Sue.

Nouveauté: Les Mystères de Paris, roman d'Eugène Sue. Ce roman est ici présenté en dix tomes.

Les Mystères de Paris : tome I. (PDF) 566 ko.
Les Mystères de Paris : tome II. (PDF) 573 ko.
Les Mystères de Paris : tome III. (PDF) 579 ko.
Les Mystères de Paris : tome IV. (PDF) 553 ko.
Les Mystères de Paris : tome V. (PDF) 574 ko.
Les Mystères de Paris : tome VI. (PDF) 573 ko.
Les Mystères de Paris : tome VII. (PDF) 506 ko.
Les Mystères de Paris : tome VIII. (PDF) 557 ko.
Les Mystères de Paris : tome IX. (PDF) 529 ko.
Les Mystères de Paris : tome X. (PDF) 458 ko.

"Dès leur apparition, dit Alexandre Dumas, Les Mystères de Paris eurent un tel succès, qu’il fut convenu qu’au lieu de deux volumes, on en ferait quatre, puis six, puis huit, puis dix, je crois. (...) Mais, malgré tous les défauts de l’ouvrage, Les Mystères de Paris étaient un livre immense : le peuple y jouait son rôle, un grand rôle. L’amélioration des classes inférieures était représentée dans la personne du Chourineur. Morel le lapidaire était un beau type de vertu. Les misères du peuple y étaient décrites d’une façon poignante. Le succès fut universel, et, chose étrange, se répandit surtout dans les couches supérieures de la société."


mercredi 18 mai 2005

Histoire amusante.

Il y a, dans Les Mystères de Paris, d'Eugène Sue, cette petite histoire amusante, racontée par l'un des personnages du roman:

Un tailleur est condamné à être pendu; il n’y avait que lui de tailleur dans le bourg; que font les habitants? Ils disent au juge : «Monsieur le juge, nous n’avons qu’un tailleur, et nous avons trois cordonniers; si ça vous était égal de pendre un des trois cordonniers à la place du tailleur, nous aurions bien assez de deux cordonniers.»


lundi 9 mai 2005

Don Quichotte a 400 ans.

"À propos de Cervantes, on fête en ce moment le 400ème anniversaire de la publication de Don Quichotte, ce qui donne lieu, bien sûr, à de multiples festivités, paraît-il, en Espagne. Et en France ? Pour une fois, la commémorite, la compulsion à organiser des fêtes grandiloquentes et morbides à propos de tout et de n’importe quoi pourrait s’appliquer, me semble-t-il, à bon droit. Don Quichotte est l’anti-best seller universel, le livre dont tout le monde croit qu’il n’est pas utile de l’avoir lu pour avoir l’impression de le connaître, ou, en tout cas d’entretenir avec ses personnages (Don Quichotte lui-même, Sancho, Dulcinée ou Rossinante) une sorte de familiarité bonhomme. Et bien non, il faut le lire et le relire, vivre avec. Ce qui est vraiment très fort, dans Don Quichotte, c’est le double personnage, Don Quichotte et Sancho : c’est l’homme en deux figures, sa force (inutile) et sa faiblesse (héroïque). L’un est, comme disait Deleuze, une espèce de « corps sans organe », un destin sans chair ; l’autre n’est que tripes, lourdeurs, humeurs, tenaillé par des faims et des désirs inassouvissables. Et ils traversent le monde en discourant, sans se comprendre et sans pouvoir se séparer." -- Blablablog.

Page consacrée à Cervantès.

Image: Honoré Daumier (1868).

Don Quichotte, dans une traduction française de Louis Viardot:
Don Quichotte : tome I. (PDF) 2884 ko.
Don Quichotte : tome II. (PDF) 3030 ko.


dimanche 8 mai 2005

Pierre et Jean, de Guy de Maupassant.

Nouveauté: Pierre et Jean, un roman de Guy de Maupassant, publié en 1888.

Pierre et Jean. (PDF) 488 ko.

"M. Roland vient de se retirer au Havre où il peut s'adonner à sa passion pour la pêche. L'aîné de ses fils, Pierre, sec et nerveux, vient de terminer sa médecine après avoir hésité entre plusieurs voies. Jean, qui a cinq ans de moins que Pierre, se prépare à exercer la profession d'avocat après des études sans embûche. Ce jour-là, ils l'accompagnent à la pêche avec la fine Mme Roland et Mme de Rosémilly, jeune veuve d'un capitaine de vaisseau. Auprès de la jeune femme les tensions entre les deux frères s'avivent. Le soir même, la famille Roland apprend par le notaire qu'un ami de la famille fait de Jean son légataire universel. Pierre tombe alors sous l'emprise d'une incontrôlable jalousie et s'abandonne à l'observation minutieuse de chaque signe qui puisse justifier cette préférence." -- Éditions 00h00.


vendredi 6 mai 2005

L'écriture

"Il faut être, en effet, bien fou, bien audacieux, bien outrecuidant ou bien sot, pour écrire encore aujourd’hui! Après tant de maîtres aux natures si variées, au génie si multiple, que reste-t-il à faire qui n’ait été fait, que reste-t-il à dire qui n’ait été dit? Qui peut se vanter, parmi nous, d’avoir écrit une page, une phrase qui ne se trouve déjà, à peu près pareille, quelque part? Quand nous lisons, nous, si saturés d’écriture française que notre corps entier nous donne l’impression d’être une pâte faite avec des mots, trouvons-nous jamais une ligne, une pensée qui ne nous soit familière, dont nous n’ayons eu, au moins, le confus pressentiment?" -- Guy de Maupassant, en préface à son roman Pierre et Jean.


jeudi 5 mai 2005

Sur l'eau, de Guy de Maupassant.

Nouveauté: Sur l'eau, un récit de voyage en mer de Guy de Maupassant, publié en 1888.

Sur l'eau. (PDF) 308 ko.

"Ce journal ne contient aucune histoire et aucune aventure intéressante. Ayant fait, au printemps dernier, une petite croisière sur les côtes de la Méditerranée, je me suis amusé à écrire chaque jour ce que j’ai vu et ce que j’ai pensé. En somme, j’ai vu de l’eau, du soleil, des nuages et des roches – je ne puis raconter autre chose – et j’ai pensé simplement, comme on pense quand le flot vous berce, vous engourdit et vous promène." -- Guy de Maupassant.



La mort de Paganini

Dans Sur l'eau, un récit de voyage en mer, Guy de Maupassant raconte joliment la mort du musicien Paganini:

C’est sur cet écueil bizarre [Saint-Ferréol, près de Cannes], en pleine mer, que fut enseveli et caché pendant cinq ans le corps de Paganini. L’aventure est digne de la vie de cet artiste génial et macabre, qu’on disait possédé du diable, si étrange d’allures, de corps et de visage, dont le talent surhumain et la maigreur prodigieuse firent un être de légende, une espèce de personnage d’Hoffmann.

Comme il retournait à Gênes, sa patrie, accompagné de son fils, qui, seul maintenant, pouvait l’entendre tant sa voix était devenue faible, il mourut à Nice, du choléra, le 27 mai 1840.

Donc, son fils embarqua sur un navire le cadavre de son père et se dirigea vers l’Italie. Mais le clergé génois refusa de donner la sépulture à ce démoniaque. La cour de Rome, consultée, n’osa point accorder son autorisation. On allait cependant débarquer le corps, lorsque la municipalité s’y opposa sous prétexte que l’artiste était mort du choléra. Gênes était alors ravagée par une épidémie de ce mal, mais on argua que la présence de ce nouveau cadavre pouvait aggraver le fléau.

Le fils de Paganini revint alors à Marseille, où l’entrée du port lui fut interdite pour les mêmes raisons. Puis, il se dirigea vers Cannes où il ne put pénétrer non plus.

Il restait donc en mer, berçant sur la vague le cadavre du grand artiste bizarre que les hommes repoussaient de partout. Il ne savait plus que faire, où aller, où porter ce mort sacré pour lui, quand il vit cette roche nue de Saint-Ferréol au milieu des flots. Il y fit débarquer le cercueil qui fut enfoui au milieu de l’îlot.

C’est seulement en 1845 qu’il revint avec deux amis chercher les restes de son père pour les transporter à Gênes, dans la villa Gajona.

N’aimerait-on pas mieux que l’extraordinaire violoniste fût demeuré sur l’écueil hérissé où chante la vague dans les étranges découpures du roc?



lundi 2 mai 2005

Collection Libertinage.

La toute nouvelle collection Libertinage présente des ouvrages dont on dit qu'ils sont susceptibles d'offenser la pudeur des lecteurs et généralement destinés à un public averti. Souvent cantonné à l'enfer des bibliothèques, ces ouvrages proviennent d'auteurs connus pour des oeuvres plus sérieuses: Guy de Maupassant, Guillaume Apollinaire...

Nouveauté: À la fleure de rose: maison turque, pièce de Guy de Maupassant, jouée pour la première fois en 1877, par Maupassant et ses amis. Plusieurs écrivains assistèrent à la représentation, dont Flaubert et Tourgueniev. La pièce ne fut publiée en volume qu'en 1945.

À la feuille de rose: maison turque. (PDF) 228 ko.

On lit dans le journal des Goncourt: «L’ouverture de la pièce, c’est un jeune séminariste qui lave des capotes. Il y a au milieu une danse d’almées sous l’érection d’un phallus monumental et la pièce se termine par une branlade presque nature.»...


dimanche 1 mai 2005

La Comtesse de Rudolstadt, de George Sand.

Nouveauté: La Comtesse de Rudolstadt, roman de George Sand. Ce roman qui fait suite à Consuelo est ici présenté en deux tomes.

La Comtesse de Rudolstadt : tome I. (PDF) 987 ko.
La Comtesse de Rudolstadt : tome II. (PDF) 977 ko.

"Consuelo et La Comtesse de Rudolstadt, ces deux romans, qui en réalité n'en font qu'un, forment une fresque unique dans l'oeuvre de George Sand. Roman historique, roman noir, roman d'initiation, roman d'amour: jamais l'auteur ne s'est autant abandonnée à sa verve, convoquant, pour servir de décor aux aventures de son héroïne, toute l'Europe des Lumières qui est aussi celle des Illuminés." -- Robert Kopp.


 

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