La littérature du terroir
Par Jean-Yves Dupuis, mardi 31 mai 2005 à 19:42 :: Littérature québécoise :: #81 :: rss
En 1846, paraît un roman de Patrice Lacombe, La terre paternelle, roman peu estimé par les historiens de la littérature. Cependant, le roman inaugure un genre romanesque qui durera cent ans : le roman paysan, qui s’inscrit dans le courant du terroir ou courant régionaliste. Moralisateur et simpliste, le roman paysan se propose de défendre les valeurs morales et religieuses traditionnelles, glorifie l’agriculture, la terre, rejète le romantisme et le roman français, prévient contre les dangers de la ville et de l’émigration. Dans ce courant, représenté par Gérin-Lajoie, Chauveau, etc., Albert Laberge va à contre-courant, décrivant avec dureté le milieu rural. On peut penser que le courant a vraiment pris fin avec la parution vers 1945 du Survenant et de Marie-Didace de Germaine Guèvremont. Cependant, les auteurs qui ont publié après 1900, et dont certains ont laissé des oeuvres importantes (Ringuet, Hémon, Grignon, Mgr Savard...) expriment des visions beaucoup plus nuancées que les Lacombe et Gérin-Lajoie.

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