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mercredi 31 août 2005

Un conte grand-landais

Le folkloriste et ethnographe Félix Arnaudin (1844-1921) a passé une grande partie de sa vie à collecter les contes, les chansons, à tenter de faire revivre le parler des gens de la Grande-Lande, en Gascogne, à photographier un monde qui allait disparaître.

"Depuis plusieurs années j’occupe mes loisirs à recueillir les restes de la "littérature orale" des huit ou dix cantons que forment la Grande-Lande, le Born et les parties du Marensin et des Petites-Landes qui en sont voisines: contes, légendes et superstitions, chants, proverbes et formulettes enfantines, jusqu’aux simples devinettes, j’ai tout collectionné avec un soin égal, assistant aux veillées des fileuses, aux noces, aux batteries, aux égrenages, errant de lande en lande à la poursuite des vieux pâtres, écoutant, questionnant, ajoutant chaque jour quelque épi à la gerbe, au demeurant n’ayant nulle illusion sur le cas que le grand public ferait de mon entreprise, – des contes et des chansons, en patois qui pis est, ce n’est pas de ce bois-là que le grand public se chauffe, – mais travaillant surtout pour le petit nombre d’érudits et de curieux qui s’intéressent aux recherches dont le folk-lore est devenu aujourd’hui un peu partout l’objet."

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mardi 30 août 2005

Les Travailleurs de la mer, de Victor Hugo

Nouveauté: Les Travailleurs de la mer, roman de Victor Hugo. Ce roman, qui devait s'appeler à l'origine Les Abîmes, a été écrit en 1864 et 1865, et a été publié en 1866. Expulsé de France (1852), Hugo s'était installé à Jersey, puis à Guernesey (1855). Il y écrira plusieurs de ses oeuvres majeures, dont Les Travailleurs de la mer, où s'y déroule l'action. "Je dédie ce livre au rocher d'hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le petit peuple de la mer, à l'île de Guernesey, sévère et douce." Hugo vécut presque vingt ans dans les îles Anglo-Normandes.

Les Travailleurs de la mer. (PDF) 1873 ko.

"Les Travailleurs de la mer se présente comme le récit de la conquête de la nature par l’Homme, puisque les deux personnages principaux, Lethierry et Gilliatt, mus par leur idéal, y affrontent héroïquement la violence des tempêtes et de la faune marine." -- Encyclopédie Encarta, Microsoft.


lundi 29 août 2005

Opinions, sentiments et imbécilité

La guerre des Boers (1899-1902) opposa les colons d'origine néerlandaise d'Afrique du Sud aux Britanniques, qui, victorieux, annexèrent le Transvaal et l'Orange.

Ce fut sur la question de la participation du Canada à cette guerre que se disputèrent Wilfrid Laurier, alors premier ministre, et Henri Bourassa, journaliste et député, farouchement en désaccord avec l'envoi de troupes:

- Avez-vous tenu compte de l'opinion de la province de Québec? demande Bourassa à Laurier.

- Mon cher Henri, la province de Québec n'a pas d'opinion, elle n'a que des sentiments, rétorque le premier ministre.

- Il se peut que nous n'ayons que des sentiments, mais ce sont des sentiments nobles, réplique Bourassa.

Par ailleurs, Henri Bourassa avait des sympathies ultramontaines et, à la tête du Devoir, ses idées très arrêtées furent une source de conflit entre lui et Olivar Asselin. "Cet imbécile d'Henri Bourassa", dira Laurier Lapierre, auteur d'une biographie de Wilfrid Laurier.


dimanche 28 août 2005

Roman et (ou) poésie?

Matt Cohen: "J'adore la poésie. Je lis la poésie. (...) Mais pour moi le roman, c'est vraiment le sommet de l'art écrit. (...) Il y a des romans qui sont tellement grands. Pour moi, la poésie n'atteint jamais cette puissance. Même s'il y a des moments sublimes."

Matt Cohen est né en 1942 à Kingston, en Ontario, de parents juifs nés au Canada. Il a écrit des romans et nouvelles, dont Les mémoires barbelées et Monsieur Vogel. Il a aussi traduit en anglais quelques romans de Monique Proulx.


Le Gil Blas

Fondé à Paris en 1879 par Auguste Dumont (1816-1885), le Gil Blas, quotidien républicain, obtint rapidement des tirages importants, beaucoup à cause de la qualité des textes littéraires qu'il publie: Bel Ami et Mont-Oriol, romans de Maupassant, et La Terre de Zola ont d'abord été publiés en feuilleton dans ses pages. La devise de son fondateur: Amuser les gens qui passent, leur plaire aujourd'hui et recommencer demain. Le journal était jugé un peu grivois. Il disparaît en 1914.

Le Gil Blas a publié de nombreux contes, souvent d’auteurs devenus célèbres, tels Théodore de Banville et Mirbeau. En 1887, le journal publie en recueil quelques textes déjà publiés dans ses pages. Si quelques auteurs nous sont connus (Arène, Maupassant), d’autres, par contre, sont aujourd’hui complètement oubliés.

Contes de Gil Blas. (PDF) 348 ko.


samedi 27 août 2005

Contes et nouvelles de Tolstoï

"Cependant une révolution morale et religieuse se faisait dans l’esprit de Tolstoï. Ses conversations avec des paysans mystiques tels que Sutaïev et Bondarev, lui inspirèrent un grand nombre de brochures ou d’articles. Il voulait, mais sa femme s’y opposa ainsi que ses enfants, distribuer ses terres aux paysans. Il fabriquait lui-même presque tout ce dont il avait besoin, comme vêtements, chaussures, etc. Sa religion parut subversive et le Saint-Synode excommunia Tolstoï, en 1901. Mais il continua à répandre en Russie ses théories, et à mener personnellement la vie d’un moujik." Plus

Outre ses grands romans (Guerre et Paix, Anna Karénine et Résurrection), Léon Tolstoï a écrit quelques contes et nouvelles, où se révèle son mysticisme et ses préoccupations sociales.

Une tourmente de neige et autres nouvelles. (PDF) 614 ko. Version 2.0


vendredi 26 août 2005

Les contes et nouvelles de Zola

Les contes et nouvelles d'Émile Zola ne font certainement pas partie de ses textes les plus connus. Pourtant, il en a publié un nombre considérable, recueillis pour la plupart dans six volumes publiés de son vivant:
Contes à Ninon (1864)
Esquisses parisiennes (1866)
Nouveaux Contes à Ninon (1874)
Les Soirées de Médan (1880), un recueil collectif regroupant des contes et nouvelles écrits par Emile Zola et des amis réunis dans sa maison de Médan, dont Maupassant et Huysmanns.
Le Capitaine Burle (1882)
Naïs Micoulin (1884)
Un autre recueil, Madame Sourdis, a paru aussi en 1929.

L'inondation et autres nouvelles. (PDF) 801 ko. Version 2.0

Dans la nouvelle La fête à Coqueville, incluse dans la version 2.0 de ce recueil, on assiste à la guerre que se livrent à Coqueville, un petit village de pêcheurs, les Mahé et les Floche. Mais un jour, un navire anglais qui a fait naufrage renvoie une forte cargaison d'alcool. Ce pourrait être une occasion de réconciliation pour les deux clans rivaux...


jeudi 25 août 2005

Les Maîtres sonneurs, de George Sand

Nouveauté: Les Maîtres sonneurs, roman de George Sand, terminé en février 1853, paru dans Le Constitutionnel en juin et juillet 1853.

Les Maîtres sonneurs. (PDF) 946 ko.

"Les Maîtres sonneurs est un formidable roman dont l’action se déroule à la fin du XVIIIe siècle et qui respire l’amour de la nature et du voyage, de la musique... et de l’amour." Plus

Image: George Sand, vu par Alfred de Musset.


vendredi 19 août 2005

Histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl, d'Adelbert von Chamisso

Nouveauté: Histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl, d'Adelbert von Chamisso (1781-1838), écrivain allemand d'origine française.

Histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl. (PDF) 317 ko.

"Depuis Charlemagne, le mariage franco-allemand est une utopie tantôt idyllique, tantôt brutale. Mais il aura tout de même donné un enfant fort sympathique, qui hérita des qualités de ses deux parents. Né en Champagne en 1781, Louis Charles Adélaïde de Chamisso de Boncourt, alias Adelbert von Chamisso, émigra outre-Rhin en 1790, servit dans l’armée prussienne, puis se dédia à ses deux passions: littérature et sciences naturelles. Heureuse époque que ce XIXe siècle où l’on pouvait devenir directeur adjoint du Jardin botanique de Berlin, et en même temps s’imposer comme un des représentants les plus doués de la poésie romantique. Chamisso parvint même à réunir les deux facettes de sa vie dans Salas y Gomez, récit en vers où il s’inspire de son voyage autour du monde pour camper un Robinson espagnol et malchanceux. Son ouvrage le plus fameux demeure Peter Schlemihl. Un brave garçon sans le sou se voit proposer une fortune inépuisable en échange de son ombre. Comment refuser une telle aubaine? Cependant, il se rend compte très vite que l’ombre qui suit chacun d’entre nous du berceau au cimetière n’est pas aussi inutile qu’on pourrait le croire. Alors le diable vient lui mettre en main un second marché: son ombre contre son âme. Cette version modeste, toute simple, du Faust de Goethe est une petite merveille." -- Didier Sénécal, dans Lire, septembre 2003.


jeudi 18 août 2005

Le Château des Désertes, de George Sand

Nouveauté: Le Château des Désertes, roman de George Sand, qui fait suite à Lucrezia Floriani. Achevé en octobre 1847, ce roman ne paraît qu'en février-mars 1851, dans La Revue des Deux Mondes.

Le Château des Désertes. (PDF) 503 ko.

On retrouve, dans ce roman, le fils de Lucrezia, Célio, devenu le personnage principal, ainsi que d'autres des protégés de la célèbre actrice qui s'était retirée de la scène pour s'occuper de ses quatre enfants.


mardi 16 août 2005

Lucrezia Floriani, de George Sand

Nouveauté: Lucrezia Floriani, roman de George Sand, d'abord publié dans Le Courrier français en juillet-août 1846.

Lucrezia Floriani. (PDF) 789 ko.

"Le jeune prince Karol, qui vient de perdre sa mère - son unique amour -, part achever sa convalescence en Italie, et arrive chez Lucrezia Floriani. Après une brillante carrière d'actrice, celle-ci s'est retirée de la scène pour s'occuper de ses quatre enfants. Malgré l'irrésistible attirance qu'ils ont l'un pour l'autre, leurs différences d'âge, de milieu, de moeurs feront de leur amour un cauchemar. Lui, jaloux du passé d'actrice comme du présent de mère de Lucrezia, deviendra pour elle tant un bourreau qu'un amant. Elle en mourra." George Sand, Vies d'artistes, présentation de Marie-Madeleine Fragonard, Collection Omnibus, Presses de la Cité, 1992.


vendredi 12 août 2005

L'Insurgé, de Jules Vallès

Nouveauté: L'Insurgé, de Jules Vallès, roman autobiographique, dernier d’une trilogie, qui a commencé avec l’Enfant et a continué avec le Bachelier.

L'Insurgé. (PDF) 1071 ko.

Ce roman, en grande partie autobiographique, est dédié "aux morts de 1871, à tous ceux qui, victimes de l’injustice sociale, prirent les armes contre un monde mal fait et formèrent, sous le drapeau de la Commune, la grande fédération des douleurs."


mardi 9 août 2005

Une vie, de Maupassant

Nouveauté: Une vie, un roman de Guy de Maupassant, son premier, publié pour la première fois en 1883.

Une vie. (PDF) 1074 ko.

"Comme on aurait tort de croire que Maupassant est un auteur facile! Qu'il est un écrivain anecdotique, mondain, superficiel! qu'il fut un faiseur d'historiettes assez salées, rapidement enlevées, vite lues, tôt oubliées! Combien il serait injuste de le lire uniquement par gourmandise, de l'apprévier seulement comme une recette judicieusement dosée: une préparation épicée, agrémentée de pointes d'érotisme, de sadisme et d'insolite." -- Anne Richter, en préface à Guy de Maupassant: Contes fantastiques complets, Bibliothèque Marabout.


lundi 8 août 2005

Fort comme la mort, de Guy de Maupassant

Nouveauté: un roman de Guy de Maupassant, Fort comme la mort, publié pour la première fois en 1889.

Fort comme la mort. (PDF) 1059 ko.

"Quatre ans après, Maupassant donne avec Fort comme la mort un roman bien différent, qui se déroule dans le monde, entre personnages qui n'ont aucun souci d'argent. C'est ce qui a fait dire que l'écrivain avait écrit un «roman mondain» (comme en écrivant Notre coeur, un an après): on baptise ainsi un roman à la manière de ceux de Paul Bourget, qui se déroulent dans les salons et les lieux fréquentés par la classe aisée, et qui sont tout entiers dédiés à l'étude d'un «cas» sentimental. Mais voilà une lecture bien superficielle de Maupassant! Fort comme la mort est en réalité tout à fait «antimondain», puisque la vie du monde y est considérée comme un piège. Dès le début de l'oeuvre, on nous prévient que le personnage principal, le peintre Bertin, a vu son réel talent s'affadir et décliner dès qu'il a été l'objet de l'engouement des salons. L'artifice, quelquefois la perversion du sens, y règnent, dans les conversations, les sentiments qui devraient être d'amitié et d'amour, comme dans les oeuvres artistiques. Celles que le public élégant préfère, au Salon de peinture, sont les plus conventionnelles. Ce milieu qui a perdu tout dynamisme vit en circuit fermé. On rencontre les mêmes gens dans les salons, les loges de l'Opéra, la promenade au bois de Boulogne. Si l'on est habité par un sentiment vrai, on ne peut pas l'exprimer." adpf-publications (site).


mercredi 3 août 2005

Le Prince des voleurs, d'Alexandre Dumas

Nouveauté: Le Prince des voleurs, roman d'Alexandre Dumas.

Le Prince des voleurs. (PDF) 1085 ko.
Robin Hood, le proscrit. (PDF) 1374 ko.

Le Prince des voleurs, et sa suite, Robin Hood, le proscrit, racontent les aventures de Robin des Bois, qui s’est insurgé contre les envahisseurs normands, à la fin du XIIe siècle. La légende du célèbre proscrit avait déjà été popularisé par Walter Scott, avec son roman Ivanhoé, roman que d’ailleurs Alexandre Dumas a traduit en français.

Liens:

Un article de Nicole Vougny, sur Le Prince des voleurs et Robin Hood, le proscrit, sur un site d'Alexandre Dumas.


lundi 1 août 2005

Marcel Dubé

En 1953, la pièce Zone est créé au théâtre des Compagnons. Elle remporte cette année-là le prix de la meilleure pièce canadienne. Marcel Dubé commence alors à se consacrer entièrement à une oeuvre abondante touchant à tous les genres: radio, télévision, théâtre, poésie, conte, etc. Plus de 300 titres ont été recencés par le Centre des auteurs dramatiques en 1992. Il a remporté de nombreux prix et distinctions honorifiques.
Voici un poème de Marcel Dubé, écrit en 1953 et publié dans Textes et documents, chez Leméac en 1968:


Lettre à mon petit frère

Dans le pays que j’ai quitté,
quand revenait l’automne,
tu brisais des branches nues
aux arbustes des parterres;
et avec un couteau, tu les dépouillais de la fine écorce
qui voilait leur blancheur.

Tu prenais la plus longue et la plus forte
que tu courbais comme un croissant de lune
et tu la retenais avec une ficelle
que tu volais dans le tiroir des « petits-riens ».


 

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