Langues menacées
Par Jean-Yves Dupuis, samedi 7 janvier 2006 à 00:04 :: General :: #235 :: rss
"Sous l’effet de la mondialisation, 90% des 6000 langues parlées dans le monde auront disparu au tournant du prochain siècle", explique Mark Abley, ex-journaliste à The Gazette et auteur du livre Parlez-vous Boro? Voyage aux pays des langues menacées (Éd. du Boréal), traduction de Spoken Here: Travels Among Threatened Languages", -- écrit-on, dans l'Actualité de janvier 2006: 4500 langues en péril, par Jean-Benoît Nadeau, qui a rencontré l'auteur."Chaque idiome porte dans sa syntaxe une vision du monde extraordinaire, totalement différente de la nôtre... Et c’est ce genre de vision du monde qui est menacé de disparition. Si une langue meurt, nous en sommes tous appauvris", dit Mark Abley.
"Les Québécois comprennent mieux cette question [du besoin de protéger une langue] que les Français, à cause de leur statut minoritaire. Ils ont pris des décisions très courageuses pour sauver leur langue. Le Québec, en ce sens, constitue une société d’exception, particulièrement généreuse à l’égard de ses langues minoritaires. Le cri et l’inuktitut s’y portent mieux qu’ailleurs au Canada. Même si la proportion d’autochtones y est inférieure à la moyenne canadienne, la proportion de langues aborigènes qui y sont préservées est bien plus grande."
Tout l'intégral de cette entrevue passionnante dans l'Actualité de janvier 2006, ou en extraits sur cette page.
Liens:
Les adolescents écossais rendent vie au gaélique, sur le site de l'Unesco.
3 000 langues menacées, sur ce même site de cet organisme.
Et surtout ce beau document:
Les langues autochtones du Canada (PDF), par Mary Jane Norris, qui écrit d'ailleurs en avant-propos:
"Les langues autochtones parlées au Canada sont nombreuses et diversifiées, et leur importance pour les peuples autochtones est considérable. La langue est en effet un des symboles les plus tangibles de la culture et de l’identité d’un groupe. La langue n’est pas seulement un moyen de communication, mais également ce qui lie les gens à leur passé et jette les fondements de leur vitalité sociale, émotive et spirituelle. Même si la perte de la langue ne signifie pas nécessairement la disparition d’une culture, cela peut nuire considérablement à la transmission de cette culture. Les peuples autochtones ont déjà subi de lourdes pertes. Au cours des quelque 100 dernières années, près d’une dizaine de langues, à une époque florissantes, ont disparu et au moins une douzaine sont aujourd’hui sur le point de disparaître. Or, lorsque ces langues se perdent, elles emportent avec elles des façons uniques de percevoir le monde, d’expliquer l’inconnu et de donner un sens à la vie."

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