mardi 28 février 2006
Le roman-feuilleton
Extraits du texte de présentation (non signé) d'une édition en livre de poche du roman le Bossu de Paul Féval:"Le roman-feuilleton prend son essor au XIXe siècle. Tous les grands auteurs y sacrifieront, de Balzac à Daudet, de George Sand à Flaubert, de Théophile Gautier à Jules Verne: d'abord parce que la prépublication fournit un substantiel apport financier, ensuite parce que cette publicité indirecte augmente les ventes ultérieures en librairie.
"Le phénomène naît en Angleterre où, durant l'année 1719, le public se passionne pour le récit des aventures d'un naufragé sur une île déserte. Robinson Crusoé s'averera un personnage fictif, inventé par un journaliste de génie: Daniel Defoe.
"En France, l'apparition d'une presse populaire bon marché, en 1836, va donner au feuilleton une importance primordiale: une histoire qui plaît au public augmente les ventes dans des proportions considérables. Les patrons de presse sont tout disposés à faire des ponts d'or aux bons feuilletonistes. On ne se contente donc plus de saucissonner les ouvrages de romanciers connus, on fait écrire des récits spécialement conçus, quant à la longueur et au contenu, pour les colonnes du journal qui les publie. L'Audimat de l'époque, c'est le courrier des lecteurs, et ce baromètre oriente la création littéraire. Si le public apprécie, on en rajoute: s'il proteste, on fait machine arrière, éventuellement au mépris de la cohérence du texte. Le feuilletoniste est au service des ventes; il doit donc écrire vite, être inventif et avoir l'échine souple pour se plier aux contraintes qu'on lui impose. Il y a quelques génies comme Alexandre Dumas, Eugène Sue, Paul Féval, Ponson du Terrail, Émile Gaboriau, que copient une multitude de tâcherons. Chefs-d'oeuvre et navets se succèdent au rez-de-chaussée (le bas de la page de titre) des innombrables journaux parisiens et provinciaux éclos au cours du XIXe siècle.
"Chaque grande oeuvre plus ou moins bien plagiée donne ainsi naissance à un genre: Les Trois Mousquetaires ouvrent la voie au roman de cape et d'épée; Les Mystères de Paris, à la fresque sociale. Viendront ensuite le roman noir et le roman policier, puis le roman sentimental féminin.
"Toute une littérature populaire ignorée des histoires littéraires se développe ainsi, reflet de la sensibilité d'une époque et mine d'informations sur des pratiques sociales ignorées ou oubliées.
"Après la Première Guerre mondiale, le feuilleton s'étiole dans la presse. La radio va bientôt prendre le relais..."
Pour lire davantage sur le sujet:
Kenneth Landry: Le roman-feuilleton français dans la presse périodique québécoise à la fin du XIXe siècle: surveillance et censure de la fiction populaire. Document PDF. 2201 Ko.
Dans la version 3.0 du Livre des contes, plusieurs textes ont été ajoutés.
Nouveauté: Promenades autour d'un village de George Sand.
"Elle est la plus ancienne et la seule collection d’une telle longévité dans toute l’histoire de l’édition française. (...) En offrant à ses lecteurs une succession impressionnante de héros plus célèbres les uns que les autres, la Bibliothèque Rose peut s’enorgueillir aujourd’hui, à 150 ans, d’être à la fois la plus ancienne, la plus connue et surtout la plus aimée de toutes les collections littéraires françaises." -- sur cette belle
Dans la Gazette des Beaux-Arts, en 1904, Marcelle Tinayre, publia un petit article: Un portrait de George Sand, d'après un portrait que fit d'elle le peintre Eugène Delacroix.
Intéressant, et réjouissant, ce qu'écrit Michel Brûlé en éditiorial du journal
Henry Miller a écrit une très belle préface pour un roman, Mystères, de Knut Hamsun. Le texte a paru en 1971 lors de la sortie de la traduction américaine, dans le New York Times Book Review. Il a été traduit en français par Marie-France Girod. Extraits:
Nouveauté: Cora, suivi de L'Orco, deux nouvelles de George Sand.
Nouveauté: Ma chère maman, par la Vicomtesse de Simard de Pitray, née Olga de Ségur, dernière des huit enfants de la Comtesse de Ségur.
S'il y a un auteur que j'ai toujours lu avec les plus grands délices, c'est bien le norvégien Knut Hamsun, et parmi ses plus beaux livres, il y a Sur les sentiers où l'herbe repousse (1949). Hamsun avait presque quatre-vingt-dix ans lors qu'il écrivit ce récit autobiographique; c'était immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, les Allemands avaient occupé la Norvège, et Hamsun... s'était rangé du côté des Allemands. Mais les prises de positions, certes malheureuses, de Hamsun, n'ont rien à voir avec celles d'un "salaud" comme Louis-Ferdinand Céline, ou même celles de Paul Léautaud. Hamsun avait des vues bien plus nobles, et pendant la guerre il n'est pas resté indifférent au sort de son peuple.
Nouveauté: Rose-d'Amour, suivi de Claude et Juliette, deux nouvelles d'Alfred Assollant.
"En 1913, le manuscrit du Grand Meaulnes enfin terminé, Alain-Fournier part en promenade avec sa mère; passant devant le Panthéon, il lui dit: «Tu vois, un jour je serai là!». La guerre éclate l’année suivante, il part au front, il y meurt à 27 ans le 22 septembre et, de fait, si ses cendres n’y sont pas, son nom est au Panthéon, gravé sur une grande plaque de marbre, presque au début de la liste alphabétique des écrivains morts pour la France…" -- par
L'élixir de vie, un court récit fantastique de Jules Lermina.
"Fils de journaliste et journaliste lui-même, Raymond Radiguet écrivit Le Diable au Corps à l’âge de 17 ans, 3 ans avant sa mort. Roman initiatique, roman à succès et, surtout, roman à scandale, Le Diable au Corps raconte, sur fond de guerre, les amours d’un jeune adolescent avec Marthe, mariée, et de trois ans son aînée..."
Dans le Magazine Spectacles (vol. 4, no 1), consacré à Émile Nelligan, il y avait ce très beau texte d'un journaliste de La Patrie, Hervé de Saint-Georges, qui a rencontré le poète, lors de son internement à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean -de-Dieu.
Nouveauté: Plus fort que Sherlock Holmès, un recueil de nouvelles de Mark Twain, traduit de l'américain par François de Gail.
Nouveauté: Notre coeur, un roman de Guy de Maupassant.
"On se souvient peut-être des dernières années de celui qui fut, des décennies durant, le Secrétaire du Mercure de France et, sous le nom de Maurice Boissard un critique de théâtre impitoyable. On conserve de cet homme l'image d'un vieil ermite rabougri et édenté au regard perçant et malicieux, le chapeau déformé, les habits en haillons et le chiffon autour d'un cou décharné. Clochard littéraire, on se remémore Paul Léautaud déambulant avec ses sacs remplis de nourriture pour ses bêtes dans les rues de Paris. On se souvient aussi de lui comme un être hargneux méprisant tellement les humains qu'il s'exila et transforma son pavillon de Fontenay-aux-Roses en refuge pour animaux abandonnés." -- Pierre Lalanne, sur ce beau
Le conseiller linguistique de la radio française de Radio-Canada, Guy Bertrand, présente depuis de nombreuses (combien?) années des capsules linguistiques à la radio de Radio-Canada. On peut les lire
Dans la version 4.0 du recueil de contes d'Alexandre Dumas, Histoire d'un casse-noisette et autres contes, on peut trouver un conte, qui fait penser à ceux des frères Grimm, Le sifflet enchanté, où un roi qui veut marier sa fille impose des tâches impossibles aux prétendants qui se présentent. Mais un pauvre berger bénéficie heureusement d'un sifflet enchanté...
Le cabaret le Chat noir, haut lieu de la vie parisienne au 19ème siècle, a été fondé par Rodolphe Salis en 1881; point de rencontre du Tout-Paris et de la bohème, il réunissait des artistes, des écrivains, des peintres, dont Alphonse Allais, George Auriol, Aristide Bruant, Charles Cros, Albert Samain, Jean Richepin et Maurice Mac Nab. Ce fut un lieu remarquable d’innovation et d’improvisation. Le cabaret ferma ses portes en 1897.
Tiré de: Vivre heureux: psychologie du bonheur, de Christophe André, aux éditions Odile Jacob.
Lorsqu'il séjournait à Péribonka, Louis Hémon correspondait avec sa soeur, restée en Bretagne. Voici un extrait amusant d'une lettre qu'il écrivit, le 5 septembre 1912: