Louis Hémon
Par Jean-Yves Dupuis, vendredi 3 février 2006 à 00:01 :: Littérature québécoise :: #266 :: rss
Lorsqu'il séjournait à Péribonka, Louis Hémon correspondait avec sa soeur, restée en Bretagne. Voici un extrait amusant d'une lettre qu'il écrivit, le 5 septembre 1912:«Cela n’empêche pas que nous sommes hautement civilisés, ici à Péribonka. Il y a un petit bateau à vapeur qui vient au village tous les deux jours, quand l’eau est navigable. Si le bateau se mettait en grève il faudrait pour aller au chemin de fer à Roberval faire le tour par la route du tour du lac, c’est-à-dire quatre-vingts kilomètres environ.
«Ce qui me plaît ici, Poule, c’est que les manières sont simples et dépourvues de toute affectation. Quand on a quelque chose dans le fond de sa tasse on le vide poliment par-dessus son épaule; et quant aux mouches dans la soupe il n’y a que les gens des villes, maniaques, un peu poseurs, qui les ôtent. On couche tout habillé, pour ne pas avoir la peine de faire sa toilette le matin, et on se lave à grande eau le dimanche matin. C’est tout.»
À propos, encore, de Maria Chapdelaine, il n'y a pas eu que Clarence Gagnon qui a illustré magnifiquement ce roman. Il faut voir quelques très belles illustrations de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, pour une édition du roman en 1916. C'est ici.

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