Au large de l'écueil, de Hector Bernier
Par Jean-Yves Dupuis, lundi 1 mai 2006 à 11:38 :: Nouveautés :: #349 :: rss
Nouveauté, dans la collection Littérature québécoise: Au large de l'écueil, un roman de Hector Bernier (1886-1947).
Au large de l'écueil. PDF. 619 Ko.
Le roman raconte l'histoire d'amour d'une Française et d'un Québécois, qui revient à sa terre natale. L'auteur met constamment en opposition la républicaine et athée France avec le catholique Québec. Et le récit est simplement un prétexte à des discours patriotiques et catholicards: "Le Canada, s’il veut devenir quelqu’un dans l’histoire, ne peut se passer de religion!... Sans elle, tu le sais, les foyers s’effondrent, les familles croulent, les races deviennent veules, les femmes n’ont plus l’héroïsme de l’enfantement, c’est la débâcle des jouissances... Il faut, au Canada, le respect de l’amour, les foyers saints, la natalité vigoureuse, l’entassement des moralités fécondes!..." On a même droit à un miracle! Navrant!
Pourtant il y a eu le bon abbé Camille Roy, qui a fait de la critique littéraire et a marqué certainement notre histoire littéraire d'avant 1950, pour parler du "beau talent" de Hector Bernier. Il faut dire que l'abbé était vraiment par trop généreux. D'auilleurs, le journaliste Jules Fournier reproche, dans Mon encrier (PDF), à l'abbé Roy de s'intéresser à des oeuvres auquelles on chercherait inutilement la plus infime valeur:
"Il applique aux poésies de Joseph Mermet, par exemple, les procédés d’analyse que d’autres ont essayés sur Voltaire ou sur Joseph de Maistre. Il distingue tour à tour en cet écrivain le barde patriotique et guerrier, le poète descriptif, le faiseur de madrigaux et d’impromptus, le satirique, et que sais-je encore? De même, il passe successivement en revue, sous couleur de nous faire connaître Joseph Quesnel, cinq ou six «genres»: l’épître, l’idylle, la poésie didactique, la comédie... Tout cela à propos de pièces uniformément insensées, tout cela à propos de nullités complètes et absolues; tout cela, je ne dirai pas sans une plaisanterie, mais même sans un sourire. Il commente et dissèque ces pauvretés avec le plus grand sérieux, du même ton, et dans le même style, qu’il étudierait la Phèdre de Racine ou les Oraisons funèbres de Bossuet."
Au large de l'écueil. PDF. 619 Ko.
Le roman raconte l'histoire d'amour d'une Française et d'un Québécois, qui revient à sa terre natale. L'auteur met constamment en opposition la républicaine et athée France avec le catholique Québec. Et le récit est simplement un prétexte à des discours patriotiques et catholicards: "Le Canada, s’il veut devenir quelqu’un dans l’histoire, ne peut se passer de religion!... Sans elle, tu le sais, les foyers s’effondrent, les familles croulent, les races deviennent veules, les femmes n’ont plus l’héroïsme de l’enfantement, c’est la débâcle des jouissances... Il faut, au Canada, le respect de l’amour, les foyers saints, la natalité vigoureuse, l’entassement des moralités fécondes!..." On a même droit à un miracle! Navrant!
Pourtant il y a eu le bon abbé Camille Roy, qui a fait de la critique littéraire et a marqué certainement notre histoire littéraire d'avant 1950, pour parler du "beau talent" de Hector Bernier. Il faut dire que l'abbé était vraiment par trop généreux. D'auilleurs, le journaliste Jules Fournier reproche, dans Mon encrier (PDF), à l'abbé Roy de s'intéresser à des oeuvres auquelles on chercherait inutilement la plus infime valeur:
"Il applique aux poésies de Joseph Mermet, par exemple, les procédés d’analyse que d’autres ont essayés sur Voltaire ou sur Joseph de Maistre. Il distingue tour à tour en cet écrivain le barde patriotique et guerrier, le poète descriptif, le faiseur de madrigaux et d’impromptus, le satirique, et que sais-je encore? De même, il passe successivement en revue, sous couleur de nous faire connaître Joseph Quesnel, cinq ou six «genres»: l’épître, l’idylle, la poésie didactique, la comédie... Tout cela à propos de pièces uniformément insensées, tout cela à propos de nullités complètes et absolues; tout cela, je ne dirai pas sans une plaisanterie, mais même sans un sourire. Il commente et dissèque ces pauvretés avec le plus grand sérieux, du même ton, et dans le même style, qu’il étudierait la Phèdre de Racine ou les Oraisons funèbres de Bossuet."

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