La numérisation des livres
Par Jean-Yves Dupuis, mardi 27 juin 2006 à 08:03 :: General :: #391 :: rss
Trois articles, dans trois très bons blogues, traitent du même sujet: la numérisation des livres, mais bien différemment. Le premier, celui de Hubert Guillaud, La Feuille, reprend, en traduction libre, un texte en anglais de Jeff Jarvis, éditorialiste au New York Times:
"Je n'ai rien contre les livres. Mais le livre est un moyen démodé de communiquer l'information. Et les efforts pour le mettre à jour sont entravés, parce que, culturellement, nous donnons une importance anormale à la forme, dans l'intérêt de la forme. Editer ou périr, telle est la règle de notre élite intellectuelle." Puis: "Les problèmes avec les livres sont nombreux: ils sont gelés sans pouvoir être mis à jour et corrigés. Ils n'ont pas de liens vers les sources ou les débats. Ils créent, au mieux, une relation à sens unique avec le lecteur."
Tandis que Pierre Assouline, dans La République des livres, reprend un John Updike alarmiste, qui s’inquiète du projet de Google de numériser des millions de livres:
"Il [Updike] en a déduit que ce scanning fou allait faire de Google la Babel du deuxième millénéraire, une bibliothèque d'Alexandrie digitale, ce qui ne manquerait pas d'entrainer la mort lente des écrivains et des libraires. Son réveil fut plus brutal que virtuel. Le grand romancier américain est convaincu que cette évolution, qu'il a la prudence de ne pas présenter comme une révolution, a pour but de rendre la lecture collective, et d'en faire une activité communautaire alors qu'elle est intrinsèquement individualiste. Et Updike de demander aux libraires, dont il a déjà la nostalgie, de défendre leur boutique comme un fort assiégé."
De part et d'autre, je crois, il y a beaucoup d'exagérations et d'idées un peu courtes. En cela je préfère le point de vue de celui qui tient le blogue de La Littérature (ah tiens! un blogue anonyme! pourquoi?), qui conclue plaisamment son billet: Ceux qui n'aime pas les livres, en disant:
"Vous qui ne lisez presque jamais de livre et ne passez pas vos journées en bibliothèques, vous qui n'achetez jamais de livre et n'avez pas de bibliothèque dans votre maison, ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas, et laissez-nous en paix..."
Sur le même sujet: ce blogue, d'une progressiste convaincue (!), qui y va de sa petite suggestion pour sauver le livre: baisser les prix. J'adore!
"Je n'ai rien contre les livres. Mais le livre est un moyen démodé de communiquer l'information. Et les efforts pour le mettre à jour sont entravés, parce que, culturellement, nous donnons une importance anormale à la forme, dans l'intérêt de la forme. Editer ou périr, telle est la règle de notre élite intellectuelle." Puis: "Les problèmes avec les livres sont nombreux: ils sont gelés sans pouvoir être mis à jour et corrigés. Ils n'ont pas de liens vers les sources ou les débats. Ils créent, au mieux, une relation à sens unique avec le lecteur."
Tandis que Pierre Assouline, dans La République des livres, reprend un John Updike alarmiste, qui s’inquiète du projet de Google de numériser des millions de livres:
"Il [Updike] en a déduit que ce scanning fou allait faire de Google la Babel du deuxième millénéraire, une bibliothèque d'Alexandrie digitale, ce qui ne manquerait pas d'entrainer la mort lente des écrivains et des libraires. Son réveil fut plus brutal que virtuel. Le grand romancier américain est convaincu que cette évolution, qu'il a la prudence de ne pas présenter comme une révolution, a pour but de rendre la lecture collective, et d'en faire une activité communautaire alors qu'elle est intrinsèquement individualiste. Et Updike de demander aux libraires, dont il a déjà la nostalgie, de défendre leur boutique comme un fort assiégé."
De part et d'autre, je crois, il y a beaucoup d'exagérations et d'idées un peu courtes. En cela je préfère le point de vue de celui qui tient le blogue de La Littérature (ah tiens! un blogue anonyme! pourquoi?), qui conclue plaisamment son billet: Ceux qui n'aime pas les livres, en disant:
"Vous qui ne lisez presque jamais de livre et ne passez pas vos journées en bibliothèques, vous qui n'achetez jamais de livre et n'avez pas de bibliothèque dans votre maison, ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas, et laissez-nous en paix..."
Sur le même sujet: ce blogue, d'une progressiste convaincue (!), qui y va de sa petite suggestion pour sauver le livre: baisser les prix. J'adore!

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