La littérature peut-elle sauver le monde?
Par Jean-Yves Dupuis, vendredi 1 décembre 2006 à 01:01 :: General :: #494 :: rss
Trouvé sur Yahoo! Questions/réponses, une section de Yahoo qui permet de poser toutes les questions que vous voulez et de recevoir des réponses d'autres internautes: La littérature peut-elle sauver le monde? Je suis toujours étonné de voir de ces gens, pas si rares, qui prennent le temps et l'énergie de répondre intelligemment à ce genre de questions. Par exemple une certaine Cassandra:"Sauver le monde, non, je ne pense pas. Même si elle permet de confronter plusieurs points de vue entre eux comme le montrait si bien Farenheit 451, la plus difficile et la plus abstraitre reste réservée à une classe cultivée et riche... Pour sauver le monde, il faudrait que la littérature soit partagée par tous. Or, à l'heure actuelle, c'est un exercice que la majorité des gens juge trop difficile: il lui préfère la facilité des films ou de la télévision où tout est déjà prémâché."
Une autre: "La littérature permet au moins de se documenter sur ce qui se passe dans le monde, même si ce sont des romans! Elle permet aussi, pour certains ouvrages, de témoigner de choses insolites, atroces ou magnifiques qui se passent dans d'autres pays! On peut lire des tas de choses pour non seulement se distraire mais aussi réfléchir! Et ça peut donc permettre d'avoir d'autres idées et de les faire partager à d'autres et faire en sorte que les gens changent leurs attitudes! Mais la littérature, en ce qui me concerne, sert surtout à s'évader un moment!"
Et un autre: "Ça doit faire un bon millénaire que la littérature existe en tant que genre indépendant... et le monde s'en est-il trouvé sauvé pour autant?"
Mais ma réponse préférée est celle-ci:
"Je ne pense pas que ce soit ni sa fonction ni son but. La littérature est un art et comme tout art donne une certaine vision du monde, des hommes, des sentiments, du temps, de l'espace.
"L'écrivain comme tout artiste digère le monde et nous le restitue sous une forme ou un aspect qui nous aurait échappé. L'écrivain peut insuffler une dimension, une force à son oeuvre pour provoquer chez le lecteur un dérèglement de tous les sens (Rimbaud), ou que le texte agisse comme un électrochoc (Antonin Artaud) pour éveiller ou réveiller nos esprits endormis, amnésiques, anglués dans la fange du quotidien.
"Si cet éveil violent peut permettre d'accéder à une lucidité retrouvée, la littérature peut à tout le moins conduire à corriger le monde."

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