La littérature peut-elle sauver le monde? (2)
Par Jean-Yves Dupuis, dimanche 3 décembre 2006 à 17:18 :: General :: #497 :: rss
Dans le supplément Livres du journal Le Monde (2 décembre), Russell Banks, écrivain américain, répond à une question semblable, que j'ai mentionné dans un billet précédent:Aviez-vous, en commençant votre vie de romancier, l’idée de changer le monde par l’écriture?
Russell Banks: "Non et je ne le cherche toujours pas aujourd’hui. Si cela se produit, tant mieux, mais ce n’est pas pour ça que je le fais. Bien sûr, je crois que la littérature change les gens – moi, elle m’a changé. Mon regard sur les femmes, les Noirs, le monde, l’histoire de mon pays, a été bouleversé par l’art, la poésie, la fiction. Cela dit, je ne pense pas que le regard de George Bush ait été le moins du monde changé par l’art. De façon générale, la transformation ne se produit pas par le centre, mais par les bords et, du coup, cela va lentement. L’art n’a d’effet que dans les marges, un lecteur à la fois."
D'autre part, Russell Banks dit:
"Au milieu des années 1990, j’étais alors enseignant, je me suis rendu compte que les étudiants étaient devenus plus conservateurs que leurs professeurs. J’avais les cheveux gris et, pourtant, j’étais la personne la plus radicale de la classe! Mais ce n’est pas tant moi qui me suis radicalisé que les États-Unis qui sont devenus de plus en plus conservateurs."
Les intéressants entretiens avec des écrivains du supplément Livres du journal Le Monde sont souvent repris dans Le Devoir, une semaine plus tard.

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