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lundi 26 février 2007

Le livre gratuit sur Internet?

Éric, de isbn.wordpress.com, un blogue centré sur l'édition, écrivait, récemment, sur l'offre de la FNAC de proposer, pendant trois jours, en avant-première, la diffusion gratuite sur Internet du film Les petites vacances. "A quand une initiative similaire dans le monde de l’édition?" se demandait-il. Eh bien, oui, quand? Pourquoi les écrivains ne rendraient-ils pas disponibles sur Internet, en même temps qu'en librairie, leurs productions? Et pourquoi pas gratuitement? Je ne suis pas convaincu que ça nuirait nécessairement aux ventes du livre. Et d'ailleurs, même si ça nuisait, à voir les chiffres des ventes de la plupart des romans, il n'y aurait pas une grosse perte pour l'auteur. Il pourrait s'en remettre. Mais, bien sûr, l'auteur n'est pas seul dans l'affaire.

Pendant que Steve Jobs plaide pour une école débarrassée de ses livres de classe (ici et ), se tenait à Paris un colloque sur l’avenir du livre, baptisé Livre 2010. Compte-rendu dans La Presse: "Les professionnels de l'édition sont plutôt confiants dans l'avenir du livre, qui résiste mieux que d'autres produits culturels à l'arrivée du numérique, mais se préparent à un bouleversement technologique et économique du secteur dans les années qui viennent."

Mais bien sûr le livre électronique, c'est un truc pour les incultes. Dixit Anonyme sur le blogue la Littérature: "Je me dis que décidément tous ceux qui nous vantent les mérites des livres électroniques sont des gens qui... lisent peu, ou du moins lisent des livres qui ne sont pas des livres "compliqués". Ce sont des fondus d'informatique et de technologie, pas des universitaires, romanciers, poètes, et autres habitués des bibliothèques (privées ou publiques)."

Yusei, de Au joyeux ragondin, soulève une idée intéressante: "Verrons-nous une version dérivée de Crime et Châtiment où Raskolnikov ne tue pas la vieille? Où il échappe à la justice grâce à sa finesse d'esprit et son self-control?" Après tout, quand un cinéaste fait un film à partir d'un livre, il l'interprète à sa façon. Pourquoi ne verrait-on pas dix, cent versions d'un même livre? Avec une fin heureuse ou un changement de décor ou d'époque, ou même une version d'un lecteur qui a apporté ses propres modifications et les propose tout simplement à d'autres lecteurs... Un livre débarrassé de son auteur, quoi! L'auteur pourrait être payé pour écrire le livre, et après celui-ci ne lui appartiendrait plus. Un simple salarié. De toute façon, les écrivains sont des emmerdeurs.



La guerre d'Espagne

Décembre 2006, le Monde diplomatique traitait de romans dont le sujet était la guerre d'Espagne. Le romancier italien Bruno Arpaia, avec Du temps perdu, fait parler son personnage Laureano, sur le vingtième siècle:

«Vous savez ce que je pense? Que c’est vraiment un siècle de merde: il a dévoré lentement tous les idéaux, il les a fait se consumer dans les tragédies des cinquante premières années, brûlés comme dans une fournaise, et ensuite, avec cette fausse paix, il a fait en sorte que personne n’ait plus envie d’en rechercher d’autres. Le résultat, vous l’avez devant vos yeux: rien en quoi croire, rien à espérer...»

Dans le Monde diplomatique, lire aussi cet intéressant article:

Les écrivains et la guerre d’Espagne, par Emilio Sanz De Soto: "Dans leur immense majorité, les écrivains - à la suite de Malraux, Hemingway, Orwell, Ehrenbourg, Vittorini, etc. - choisirent de défendre la République et ses valeurs face à ce qu’ils sentaient venir comme principal danger des années 30 menaçant leur propre pays et la création artistique: le nazisme anthropophage et liberticide."

Image ci-contre: Guernica, de Pablo Picasso. (agrandissement)

"Le 26 avril 1937, au cours de la guerre civile d’Espagne (1936-1939), la petite ville de Guernica, foyer des libertés basques, fut détruite par l’aviation franquiste. C’était la première fois, dans l’histoire militaire, qu’une agglomération civile était entièrement rasée par un bombardement aérien. Le monde entier en fut ému. Le peintre Pablo Picasso, bouleversé par ce meurtre de masse, réalisa dans les semaines qui suivirent la célèbre toile que l’on considère comme son chef-d’oeuvre et l’un des sommets de la peinture du XXe siècle." - Emilio Sanz De Soto.

Deux romans sur la guerre d'Espagne:

André Malraux: L'espoir.
Ernest Hemingway: Pour qui sonne le glas.


 

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