Le grand fanal
Par Jean-Yves Dupuis, mercredi 24 janvier 2007 à 01:30 :: Littérature québécoise :: #601 :: rss
Le site dit officiel de Christian Mistral est abandonné depuis un certain temps. Celui que Michel Lapierre, dans Le Devoir en 2004, voyait "comme le seul écrivain québécois mythique né après 1960", avait publié à 23 ans un roman Vamp, qui avait fait beacoup parlé alors et que j'avais vraiment beaucoup aimé et que j'ai déjà dit d'ailleurs. Mais il a publié énormément depuis. Moi j'en suis resté à Vamp, pas parce que je n'avais pas envie d'aller voir plus loin, mais, bon, ce n'est tout simplement pas arrivé, c'est tout. Mais, voilà, le bonhomme laisse des traces sur le web et je continue tout de même à le suivre. Quelqu'un a déjà dit que si un écrivain ne voyait pas ses livres sortir au format poche, il était à peu près mort, puisque son oeuvre devenait introuvable. Sur le même ton, j'avance cette hypothèse: si un écrivain, aujourd'hui, ne s'assure pas d'une présence sur le web, c'est un écrivain mort. Ça reste à prouver, je sais.Dixit Christian Mistral: «Plus jeune, je sortais avec une fille qui me trouvait si imbu de moi-même que je devais, selon elle, me figurer que c'était Napoléon qui faisait un complexe de Mistral!» C'est le genre de phrase qui me fait rigoler!
Marie-Françoise Taggart raconte ici qu'elle s'est retrouvée toute crue dans un roman de Mistral, Vacuum, et elle n'a pas du tout aimé. Les écrivains ont-ils le droit d'utliser parents et amis dans leur livre? Jusqu'où peuvent-ils aller? Pas facile de répondre à cela. En tout cas, Marie-Françoise Taggart a publié, en manière de réponse, sous le pseudo de Marie Raspberry, Baisée chez Lanctôt en 2004. Dans Petite pub pour parasites, Christian Mistral lui répond. Et, paraît-il, que "bref, les journalistes ont noirci quelques lignes" sur cette histoire. Mais je devais être ailleurs à ce moment-là.Fabulation ou histoire complètement inventée? En tout cas, le roman de Marie-Françoise Taggart n'a pas fait long feu, et ceux de Christian Mistral se retrouvent maintenant en poche chez Boréal.
Liens intéressants:
Style de vie, par Marie Hélène Poitras, dans le magazine Voir.
Christian Mistral, vu par Louis Hamelin: "Je l’avoue, j’ai d’abord pris ce grand garçon pour un romancier. Depuis, il a tout fait pour me détromper. Nouvelles, proses, chansons, et maintenant un poème! Le bouquet... une fleur de ville obscène, écarlate. Un jour, j’adressai à ce poseur une lettre qui, jamais postée, commençait ainsi: Ô toi grand fanal fendant des nuits de notre lyrisme!"

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