Umberto Eco
Par Jean-Yves Dupuis, samedi 27 janvier 2007 à 01:58 :: General :: #607 :: rss
Dominique Simonnet, en 1999, interviewait Umberto Eco pour L'Express. L'Italien, écrit Simonnet, parle haut et clair et il considère parfois le petit peuple des profanes avec condescendance. Hum!Umberto Eco, sur ce que l'anglais s'impose comme langue internationale: "Pourquoi l'anglais aujourd'hui? Parce que les États-Unis ont gagné la guerre et parce que l'anglais supporte mieux la pidginisation: il est plus facile de mal parler anglais que de mal parler français ou allemand."
"Chaque langue suggère un modèle du monde différent. C'est pourquoi chercher à établir une langue universelle n'est pas possible. Il faut plutôt essayer de passer d'une langue à l'autre. Moi, je suis pour le polylinguisme. La diversité des langues est une richesse. C'est un fait indiscutable, probablement lié à la nature humaine. On a pu se passer de cette richesse pendant des siècles, parce qu'il y a toujours eu une langue qui dominait les autres: le grec, le latin, le français, l'anglais... Je crois que, dans une génération, nous aurons une classe dirigeante bilingue."
Umberto Eco croit que l'écrit a triomphé, que nous sommes revenus à la civilisation de l'écriture:
"Nous vivons incontestablement le retour de l'écrit. Sur nos écrans, nous lisons des textes que nous imprimons. Jamais on n'a publié autant de livres, édifié des cathédrales aux livres, comme ces immenses librairies. Alors, lorsque j'entends des écrivains dire que le livre est en train de disparaître, je ne peux pas supporter une telle mauvaise foi. On construit toujours l'image de l'avenir sur l'idiot du village. Aujourd'hui, le modèle, ce serait l'internaute obsédé qui clique jusqu'à 5 heures du matin et qui ne lit plus? Mais ce n'est pas la majorité des gens!"

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.