Écrire pour ne rien dire
Par Jean-Yves Dupuis, dimanche 18 février 2007 à 11:25 :: Marcel Proust :: #674 :: rss
Dans le quatorzième tome (de l'édition numérisée ici) de la Recherche, Proust relève des formules ("images qui ne voulaient rien dire du tout") qu'emploie le journaliste Brichot, formules plutôt amusantes, et que je relève ici (on est pendant la première Guerre Mondiale):
- les Allemands ne pourront plus regarder en face la statue de Beethoven;
- Schiller a dû frémir dans son tombeau;
- l’encre qui avait paraphé la neutralité de la Belgique était à peine séchée;
- Lénine parle, mais autant en emporte le vent de la steppe;
- Vingt mille prisonniers, c’est un chiffre;
- Notre commandement saura ouvrir l’œil et le bon;
- Nous voulons vaincre, un point c’est tout.
Et Mme Verdurin de dire que Brichot écrit comme un cochon!
- les Allemands ne pourront plus regarder en face la statue de Beethoven;
- Schiller a dû frémir dans son tombeau;
- l’encre qui avait paraphé la neutralité de la Belgique était à peine séchée;
- Lénine parle, mais autant en emporte le vent de la steppe;
- Vingt mille prisonniers, c’est un chiffre;
- Notre commandement saura ouvrir l’œil et le bon;
- Nous voulons vaincre, un point c’est tout.
Et Mme Verdurin de dire que Brichot écrit comme un cochon!

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