Jean Duvignaud
Par Jean-Yves Dupuis, jeudi 22 février 2007 à 12:07 :: General :: #681 :: rss
Jean Duvignaud, écrivain, sociologue, anthropologue, critique dramatique, est décédé à Paris le 17 février.Décès du sociologue et romancier Jean Duvignaud, sur Cyberpresse.
Jean Duvignaud, dernière fête, dans Libération. "Il vient de mourir à La Rochelle, sa ville natale, à 85 ans. Professeur émérite de l'université de Paris-VII, après avoir enseigné à Tunis et à Tours, il était un maître socratique, doué d'une énorme capacité de partage, qui a formé de nombreux disciples et enrichi des générations d'étudiants."
L'homme de la fête est mort, dans Le Temps: "Il piétinait les frontières artificielles des disciplines et passait de l'enquête sur le terrain à l'écriture littéraire, de la sociologie de la fête ou du théâtre à l'analyse de la vie urbaine et des relations de pouvoir... Malgré une œuvre riche et diverse, il n'a pas eu en France le statut d'une grande figure. Pas assez structuré ni rationnel peut-être. Sans autre système que celui de ses inclinations et d'une curiosité sans limite."
Extrait d'un entretien (1995) avec Jean Duvignaud sur le site de l'Université de Paris XII:
"Hegel disait qu'il n'y a de liberté que dans les grandes villes, seulement il parlait pour le début du XIXe siècle. À l'époque, les villes étaient limitées, par conséquent le tête à tête des habitants était réel. Seulement, est-ce qu'on peut encore parler de ville? Est-ce qu'on peut encore imaginer ce qu'on appelle la ville, c'est à dire un lieu de densité sociale très forte. Je crois que cela est encore possible dans certaines villes moyennes. Je suis né dans une ville moyenne, La Rochelle, j'y retourne de temps en temps, et je fais des vœux pour qu'elle ne devienne pas une grande ville. Dans une ville moyenne, il existe un équilibre constant entre les échanges, l'existence, les voisinages et puis la flânerie. Est-ce qu'on flâne dans les rues de Paris? Très peu, peut être dans le VIe arrondissement autour de la Seine, mais c'est foutu maintenant. On circule à toute vitesse. Ou bien on va au Luxembourg, ce que je fais, mais ce n'est pas assez grand! Je me souviens que, lorsque Leiris est mort, un de ses amis, à son enterrement, m'a confié : "A la fin, il était très fatigué, il ne pouvait plus marcher. Et ça l'avait très attristé, parce qu'il aimait tellement flâner dans les rues de Paris". Camus pensait aussi que la flânerie était un phénomène important. Peut-on aujourd'hui se balader tranquillement dans les rues à Paris?"

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