La Bibliothèque électronique du Québec

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mardi 13 mars 2007

Rencontres Tebaldo

La Presse fait écho aux cinquièmes Rencontres Tebaldo sur le papier électronique communicant qui se tient aujourd'hui à Montréal. Tebaldo, dont Bruno Rives est le président, est un observatoire indépendant des tendances des nouvelles technologies.

"L'imprimerie a été la première technologie de reproduction massive des contenus écrits, la voilà qui sera progressivement remplacée après des siècles de loyaux services. Puisqu'on ne pourra absorber encore longtemps la demande mondiale en papier vu l'augmentation du nombre de lecteurs sur cette petite planète, puisque l'écriture est le contenu numérique le plus léger qui soit (un roman téléchargé est moins lourd qu'une chanson), le papier électronique aura tôt fait de s'imposer parmi une avant-garde de consommateurs pour ensuite conquérir le grand public."

Tebaldo: le site. Pourquoi ça s'appelle Tebaldo? Mais c'est en l'honneur de l'Italien Tebaldo Manuccio, qui vécut au quinzième siècle, inventa le style italique et le livre transportable, qu'il appelait "enchiridion" ou encore "livre de main". Explication de Bruno Rives ici.

Voir aussi: Le papier électronique est à nos portes, par Alain Brunet, toujours dans La Presse.



Écrire pour vivre

J'ai déjà parlé ici et de Jean-Benoît Nadeau, qui vient de publier Écrire pour vivre, aux Éditions Québec-Amérique, un livre (un autre!) qui s'adresse "à ceux qui rêvent de vivre pour écrire". Marie-Christine Blais, de la Presse, l'a rencontré. Extraits:

"On entend souvent dire que les écrivains ne gagnent pas leur vie. Moi, je soutiens plutôt que 90% des auteurs publient en dilettante et que la majorité des 10% restants entretient le mythe de l'écrivain pauvre qui pense que l'argent, c'est sale."

"On est actuellement dans une espèce de Far West de la publication. Mais tout a toujours changé dans ce domaine: le quotidien est lui-même un avatar du pamphlet du XVIIe siècle! Les blogues sont en quelque sorte l'équivalent des lettres qu'écrivaient les philosophes de l'époque à Marie de Médicis et Catherine de Russie. Et les plus gros blogues sont en train de se structurer en maison d'édition sur Internet."



La petite édition

Dans Le Monde diplomatique, janvier 2007: "La France est sans doute le pays du monde où le système de soutien à la création littéraire est le plus puissant et le plus complet: prix innombrables, foires ou salons du livre répartis sur toute l’année et dans tous les départements, nombreux périodiques spécialisés, bourses de création et résidences d’écrivains. Il faut ajouter à cela un dense réseau de librairies. Beaucoup de leurs propriétaires organisent des rencontres avec des auteurs, sacrifient leur temps et leur argent pour défendre la littérature. Un tel système permet à de nombreux écrivains de vivre et de se faire connaître."


lundi 12 mars 2007

Henri Troyat




Des livres pas lus

Dans La Presse d'aujourd'hui: "Plus de la moitié des Britanniques achètent des livres qu'ils ne lisent pas, simplement pour décorer leur intérieur, selon une enquête publiée lundi. Et même quand ils les ouvrent, bien souvent ils ne les finissent pas, selon cette enquête menée auprès de 4000 Britanniques."

Il y a même des politiciens qui achètent toutes les Pléiades, juste pour faire joli. Mais c'est plus cher que la tapisserie.



Pierre Lepape: Le pays de la littérature

Pierre Lepape a publié en 2003 Le pays de la littérature. Extraits d'un entretien qu'il accordait sur Conversations à Strasbourg (?), en décembre 2003:

"C'est un fait pourtant, la littérature française se vend mal à l'étranger. Il y a une grande tradition universitaire américaine, qui s'intéresse à nos livres. Mais de nos jours, si le texte français n'est pas traduit en anglais, il n'existe pas aux yeux du monde entier. Il est vrai que les anglo-saxons sont indifférents à ce qui se passe au-delà de leurs frontières. Alors, prenons en compte la mondialisation! Le français n'est plus la grande langue de la domination. La croyance française dans sa littérature a disparu. Nous vivons une période historique nouvelle, où le sacré de l'écrit disparaît, au profit de l'image. La lecture ne peut pas rentrer dans l'immédiateté, qui est primordiale aujourd'hui. Nos sociétés sont aussi dans l'apparition et la disparition constante, de produits qui changent tout le temps. Le livre est, en comparaison, un vieil objet, qui ne change guère. Le cas français est plus spécifique. Il y a une crise, du fait de l'engagement des écrivains après-guerre. Ils se sont trompés, comme tout le monde. Mais trop exposés, on ne les écoute plus."



Langue française

Du 10 au 20 mars 2007, c'est la Semaine de la langue française, qui se clôture avec la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars. Le thème de cette douzième Semaine de la langue française est celui des "mots migrateurs". Plus d'infos, ici.

Sur Evene: "Placée sous le thème de la migration, la Semaine de la langue française met à l’honneur dix mots venus d’ailleurs pour dire l’interpénétration des cultures et ouvrir l’horizon d’une francophonie à la reconquête du Vieux Continent." - Les dix mots qui ont été choisis pour 2007: abricot, amour, bachi-bouzouk, bijou, bizarre, chic, clown, mètre, passe-partout et valser.

Dans la Presse d'aujourd'hui, Quand les mots français flirtent avec l'anglais. Les mots français empruntés par l'anglais américain sont étonnamment nombreux: déjà vu, du jour, à la carte, par excellence, cul-de-sac, bête noire, femme fatale, crème-de-la-crème, brouhaha, savoir-faire, etc. «En général les mots empruntés au français l'ont été parce que la France avait une image stéréotypée d'élégance, de raffinement et de culture générale», affirme Loretta Clough, directrice adjointe de l'école des langues de l'Université du Maryland. Où on voit qu'il n'y a pas qu'en France où on aime les emprunts à une autre langue.


dimanche 11 mars 2007

Jonathan Littell

Certains croient qu'il n'a pas écrit son livre, Les Bienveillantes; ces rumeurs étaient sans doute inévitables lorsque cet inconnu, Jonathan Littell, est apparu sur la scène littéraire française. Le Monde des livres l'a rencontré à Barcelone, où il résite. Littell dit ne pas se reconnaître dans les différents portraits parus de lui dans la presse française:

"On a parfois raconté n'importe quoi. J'ai été sidéré par la capacité d'invention des journalistes français. J'ai découvert plein de choses sur moi. J'aurais ainsi survécu à un massacre en Tchétchénie. Étonnant. Il suffisait pourtant de taper mon nom sur Google et lire les articles du New York Times qui faisaient état d'un incident - qui n'a rien à voir avec un massacre - que j'avais eu en Tchétchénie. Revu par la presse française, on avait l'impression que je me trouvais sous des cadavres ensanglantés avant de sortir en rampant de la fosse! Le fact checking, le fait de vérifier des informations de base, me semble peu répandu en France. Je parle pourtant de choses simples: j'aurais travaillé en Chine, je serais marié, ma mère serait française, j'habite la Belgique et je parle allemand. Tout cela est inexact."


samedi 10 mars 2007

Baudelaire - Léo Ferré

Léo Ferré chante Spleen, un poème de Charles Baudelaire.



Ou encore Tu mettrais l'univers...





Le CCDMD

"L'infirmière a expliqué qu'à ce stage de sa convalescence, la patiente, victime d'un sérieux incident routier, a subi un nouveau bilan médicinal. Sa plaie au genou droit n'est pas infestée. Mais, depuis 12 heures, la patiente a contacté une forte fièvre. Pour le moment, on doit envisager la possibilité d'un prolongement de la durée de l'hospitalisation."

Ce texte est tiré d'une copie d'élève en techniques de soins infirmiers et est proposé, par le CCDMD, en exemple d'utilisation de mauvais choix de mots, qui, ici, peut faire sourire. Le CCDMD (Centre collégial de développement de matériel didactique) offre sur son site, Amélioration du français, des ressources intéressantes, principalement destinées aux étudiants et aux professeurs de français, mais que plusieurs pourront aussi apprécier: des jeux pour enrichir son vocabulaire, des exercices en ligne, des capsules linguistiques, des ouvrages théoriques, notamment sur la grammaire, documents en libre téléchargement au format PDF, et beaucoup d'autres choses.



Ici et là

Jean-Paul Dubois: «Aucun livre n'a jamais servi à rien. Il n'y a aucune transmission qui existe, j'en suis convaincu. Les sciences ont peut-être fait progresser l'humanité, en allongeant l'espérance de vie... Entre-temps, on a peut-être inventé les bagnoles, mais on a perdu le flair, l'attention, la capacité de percevoir des tas de choses. Au final, on n'a pas tellement progressé comme civilisation.» (Cyberpresse)

Selon l'historien russe Yvan Tolstoï, l'attribution du prix Nobel de littérature, en 1958, à l'écrivain Boris Pasternak, auteur du Docteur Jivago, serait une opération menée par la CIA, qui voulait que l'on remette le prestigieux prix à un génie antisoviétique. Plus sur Cent papiers.

Le Petit Champignacien illustré: "Catastrophe économique et sociale à l'Académie française: une dizaine de nègres appointés par Henri Troyat se retrouvent à présent au chômage." Il n'y a pas de mal à ça, les nègres, c'est le résultat qui compte... Par ailleurs, La Presse et Le Devoir ont relaté, dans le même petit article insignifiant, la mort d'Henri Troyat. C'est dans Le Monde ou dans Le Figaro qu'il faut aller pour une bonne présentation de l'auteur.

Le philosophe et sociologue Jean Baudrillard est décédé lui aussi; au-delà des petits articles qui ressemblent un peu à des notices nécrologiques, lire cet intéressant entretien avec l'auteur, sur Télérama. Il y parle, entre autres choses, du 11 septembre: "Plus le building s’élevait, plus il incarnait la virtualité toute-puissante, plus on rêvait donc qu’il s’effondre, par cet obscur désir de réversibilité que tant de personnes partagent, sans être pour autant terroristes." France-Culture consacre aussi un dossier à Jean Baudrillard.

J'ai parlé ici et de Claude-Henri Grignon, l'auteur, entre autres livres, du roman Un homme et son péché, qui vaut grandement plus que la série que l'on nous refile encore à la télé. Le roman a paru en 1933. Au début des années cinquante, on en a tiré deux films en noir et blanc, que j'avais vus à la télé il y a quelques années. Il y avait Hector Charland et Nicole Germain dans les principaux rôles... Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente un "parcours thématique" sur l'homme et l'oeuvre, dans les différentes formes qu'elle a prise: le livre, puis la radio, le théâtre, le cinéma, et la télévision.

Dominique Fernandez rejoint les 40 immortels. Dans l'Orient littéraire (PDF), supplément mensuel du journal libanais l'Orient le jour, on peut lire un entretien avec l'auteur: "Les Libanais, les Égyptiens, les Africains… représentent un apport extraordinaire à la langue française qui avait tendance à se dessécher, à se recroqueviller sur elle-même. C’est une chance pour la littérature française qu’il y ait tellement d’écrivains étrangers qui emploient la langue française, qui apportent des idiotismes et, surtout, un nouvel imaginaire."


vendredi 9 mars 2007

L'écrivain et l'animal

Dans le Figaro, Élisabeth de Fontenay, auteure du Silence des bêtes, parle de la relation entre l'écrivain et l'animal:

"Il est difficile, sans tomber dans l'anecdote, de dissocier l'attachement à son propre animal de la sollicitude portée aux animaux. Maeterlinck avait un petit bouledogue, Pelléas, et il a écrit sur sa mort des pages inoubliables. Thomas Mann a raconté la vie de son chien, Bauschann. Colette n'a jamais vécu sans chats et chiens et, à maintes reprises, elle a mis en scène et raconté ses bêtes. Paul Morand avait des chevaux et il a parlé magnifiquement d'une jument dans Milady. Romain Gary a écrit Les Racines du ciel, pour dénoncer l'extermination des éléphants, mais c'est à son chien qu'il vouait un amour sans réserve. Je me méfie en revanche de cette passion dévorante pour les chats, chez deux des auteurs que vous citez [en fait, l'interviewer, dans sa question, parlait de Céline et de Léautaud], passion qui allait de pair avec la détestation de certaines parties de l'humanité."


jeudi 8 mars 2007

Chéri de Colette

Dans la collection Classiques du vingtième siècle: un roman de Colette, Chéri, qui a pour suite, La fin de Chéri.

"À propos de Chéri, Colette a écrit dans L'Étoile Vesper: Pour la première fois de ma vie, je me sentais intimement sûre d'avoir écrit un roman dont je n'aurais pas à rougir ni à douter. En général, on le sait, Colette jugeait ses propres oeuvres avec beaucoup de sévérité (ainsi en fut-il des quatre Claudine et des deux Minne)...." -- dans la notice à l'édition Robert Laffont, collection Bouquins.

Télécharger l'oeuvre: [ PDF ] ou [ PRC ].


mercredi 7 mars 2007

Léautaud encore

Dans Actua BD, Didier Pasamonik, dans un article sur une BD d’Aurélia Aurita, rappelle cette anecdote savoureuse:

«Dans son huitième entretien avec Robert Mallet, l’écrivain Paul Léautaud faisait part de sa détestation des prix littéraires: «…Un écrivain qui reçoit un prix, à mes yeux, est déshonoré, DÉSHONORÉ». Comme son interlocuteur lui faisait remarquer qu’il y allait un peu fort, qu’un écrivain pouvait être éventuellement déshonoré parce qu’il quémandait un prix, pas parce qu’il en recevait un, Léautaud l’interrompt et répète, en martelant le sol de sa canne (c’était une émission radio): «Déshonoré! […] C’est à vomir, c’est à vomir!»


mardi 6 mars 2007

Albert Camus

Albert Camus, la pensée de midi, tel est le titre du dossier que France-Culture a consacré à l'écrivain. Archives, témoignages, sur la question algérienne, le théâtre et la littérature, examen d'un de ses livres, une sélection de livres... mais surtout quatre émissions radio à écouter en ligne et diffusées pour la première fois en août 2006. Thèmes: Camus, Nobel malgré lui - Camus et le théâtre - Camus engagé: l'histoire, la politique - Camus, ses amis, ses maîtres et la littérature.

La Pensée de midi, c'est aussi le titre d'une revue édité à Beyrouth, et dont le titre fait bien sûr référence à Albert Camus. Tous les numéros, sauf le numéro courant, sont librement téléchargeables au format PDF. Voici quelques thèmes abordés: Littératures, "une mère étrangère" - La cuisine, un gai savoir - Aimer les différences? - Du désir, du plaisir et de l'amour... en Méditerranée - Beyrouth, XXIe siècle.


lundi 5 mars 2007

Charles Bukowski

Très beau texte sur Charles Bukowski, sur Authologies: "Scénario rebattu: un nouvel écrivain apparaît. Son écriture ne respecte ni les conventions ni les modèles littéraires en cours. Il choque. On lui reproche son style, sa grossièreté, sa vulgarité. Bien sûr, au début, cet auteur ne trouve des débouchés que dans l'auto-publication ou les magazines à tirage confidentiel. Puis la rumeur se répand chez des lecteurs qu'attirent la vie et la nouveauté qui émanent de cette nouvelle voix. Malgré une popularité et une influence grandissantes, les critiques, les professeurs et les éditeurs reconnus refusent de le consacrer. On ne peut pas le prendre au sérieux. Après sa mort, des articles, des essais, des livres, commencent à s'intéresser au phénomène. Les oeuvres de l'auteur apparaissent dans les anthologies et on l'enseigne à l'université."

Bukowski a écrit de très belles nouvelles, et d'autres beaucoup moins bonnes. Ici: Bouffe la poussière, chien menteur!, dans une traduction de Lucien Suel.


dimanche 4 mars 2007

Ici et là

Dans La Libre Belgique, intéressant article d'Éric de Bellefroid qui "nous emmène en des confins où le génie côtoie souvent la folie". Il écrit ces deux superbes phrases: "Entre le génie et la folie, une haute tension peut toujours céder. Comme se déchire un chêne foudroyé."

François Busnel, en éditorial au magazine Lire: "On dit souvent que la France compte plus d'écrivains que de lecteurs. Heureux pays! Écrire est le rêve secret de bien des êtres sincèrement persuadés que leur vie est un roman. Il ne faut jamais détromper les rêveurs: la réalité s'en chargera... Écrire sa vie ne consiste pas à se célébrer soi-même mais à s'élancer vers l'inconnu. Il faut, pour cela, déjouer les pièges que le quotidien nous tend: ils ont nom habitude et nostalgie."

Jean-François Nadeau, dans Le Devoir: "On croirait le «Combat des livres» enflé d'absurdités volontaires. Mais non. Il est enflé tout bonnement d'absurdités naturelles. Au «Combat des livres» diffusé par la radio de Radio-Canada, le journaliste sportif Robert Froisi, le chanteur Biz, l'humoriste Dominique Lévesque et les politiciennes Sheila Copps et Pauline Marois s'agitent. Ils veulent voir triompher, dans un affrontement aussi vain qu'insensé, le livre qu'ils soutiennent selon des critères absolument hétéroclites. En lice pour ce freakshow littéraire......"

Dans Le Figaro, Sébastien Lapaque traite de ces écrivains qui se réapproprient la foi chrétienne. Il y a cette phrase amusante: "Péguy avait compris que nous vivions dans un monde où ceux qui croient au Dieu d'Augustin, de Corneille et de Pascal, doivent s'en excuser comme d'une grossièreté." Amen!

On voit le mot "people" partout dans les journaux français, et on l'écrit parfois aussi "pipole". Ça donne: l'actu people, la rubrique people, People: les news... Partout, partout! Si j'ai bien compris, les people ce sont les célébrités.

Le philosophe Michel Onfray, sur son blogue, écrit qu'il a été invité sur un plateau de télévision, où étaient aussi invités BHL, André Glucskmann, Luc Ferry, Alain Finkielkraut, Michel Serres, Edgar Morin, Nicolas Hulot, Alain Minc, Jean Daniel... Ce n'est pas au Québec que l'on verrait ça. Ici, ce serait plutôt une émission de télé où l'une de nos centaines de petites vedettes de la chansonnette viendrait raconter ce qu'elle a mangé la veille tout en faisant sa petite comique...

Sur un tout autre sujet, le même Onfray décrit Michel Houellebecq, qu'il appelle "le Balzac du 21e siècle" en dérision, comme quelqu'un de "luisant de suif et de haine, gras de bêtise et de sottise"... Eh ben, eh ben... Le sujet de son billet est "le fascisme télévisuel", pas la gentillesse.

Les romans préférés des Britanniques, selon The Globe and Mail: 1. Jane Austen: Pride and Prejudice. - 2. J.R.R. Tolkien: The Lord of the Rings. - 3. Charlotte Bronte: Jane Eyre. - 4. J.K. Rowling: Harry Potter series. - 7. Emily Bronte: Wuthering Heights. - 8. George Orwell: Nineteen Eighty-Four.

Il se passe quelque chose d'historique sur la scène du théâtre de l'Atelier, à Paris, écrit Pierre Assouline. Quoi donc? Mais un comédien, Sami Frey, seul sur une scène, lisant Beckett... sur un écran d'ordinateur. Vous ne saviez pas? Le livre-papier, c'est out!


samedi 3 mars 2007

Les vrilles de la vigne

Dans la collection Classiques du vingtième siècle: Les vrilles de la vigne, recueil de Colette, publié d'abord sous la signature Colette Willy en novembre 1908. D'édition en édition, le livre a cependant été souvent remaniés. Ces contes et récits s'apparentent plus à des poèmes en prose.

Voir ici une belle présentation du livre par A. Schweiger: "Entre contes métaphoriques et poèmes en prose, les pièces qui composent les Vrilles de la vigne inaugurent cette veine du texte bref, si foisonnante et originale dans l'œuvre de Colette."



Honoré Beaugrand

Il a été maire de Montréal, il a fondé le journal La Patrie, mais il a aussi été écrivain: on connaît aujourd'hui beaucoup plus ses contes de la Chasse-Galerie (PDF) que son roman Jeanne la Fileuse (PDF), où il met en cause la politique canadienne de l'époque, responsable, selon lui, de l'émigration massive vers les États-Unis. Wikipédia présente une belle page sur Honoré Beaugrand, en mettant cependant l'accent sur l'affaire Louis Riel et l'épidémie de variole.

Pour une bonne présentation de l'homme, vous pouvez aussi écouter une causerie de Léon Trépanier, diffusé à la radio de Radio-Canada le 9 novembre 1948. Durée: 13 minutes 12 secondes.

"Si, de son temps, Honoré Beaugrand a surtout été contesté ou admiré pour ses idées et pour son action politique, aujourd’hui c’est avant tout comme écrivain qu’on s’intéresse à lui. Sur ce plan, il apparaît de plus en plus comme l’une des figures les plus attachantes de la fin du XIXe siècle, non tant pour la qualité esthétique de ses écrits que par certains aspects de sa vie et de sa carrière: exilé volontaire dans sa jeunesse, homme de culture dans son âge mûr, passionné de liberté et d’idées nouvelles, il incarne à sa manière, dans le paysage idéologique et culturel de son temps, une «modernité» que la critique et l’histoire ont eu jusqu’ici tendance à méconnaître ou à mal évaluer." -- François Ricard, dans Le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Voir aussi: Notre premier roman bourgeois? Jeanne la Fileuse... (PDF), par Maurice Poteet, dans Voix et images, vol. I, no 2, 1981.


vendredi 2 mars 2007

La chatte, roman de Colette

Dans la collection Classiques du vingtième siècle: La chatte, un roman de Colette publié en 1933 chez Bernard Grasset. Le roman avait d'abord paru en feuilleton dans Marianne.

"Alain épouse Camille, qu'il connaît depuis plusieurs années. Il possède une chatte, Saha, qu'il aime, qui le comprend, et qu'il est obligé de laisser à ses parents en attendant l'achèvement de son appartement de jeune marié. Saha lui manque, il retourne la chercher. Camille devient jalouse de la chatte et tente de la tuer. Alain découvre le geste de sa femme........." -- En notice, à l'édition Bouquins, chez Robert Laffont.

Télécharger l'oeuvre: [ PDF ] ou [ PRC ].



Rutebeuf

"Rutebeuf est le plus illustre des poètes du XIIIe siècle, mais on ne sait quasiment rien de lui. Son nom même, que l'on trouve dans ses vers, est sans doute un surnom... Son oeuvre, composée entre 1248 et 1272 (au moins) est d'une grande diversité thématique et formelle... Ses vers les plus connus sont les Poèmes de l'infortune, qui peignent la pauvreté, le froid, le jeu, la débauche, la vie et la mort pitoyable de ses compagnons de misère..." (Gallica)

La chanson bien connue de Léo Ferré, Pauvre Rutebeuf, est en fait la réunion de plusieurs extraits de ses textes en une chanson:



Mais la version de Jacques Douai est bien meilleure:



Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte.....



jeudi 1 mars 2007

Le droit d'auteur

Dans Le Monde d'aujourd'hui, décision apparemment importante concernant le droit d'auteur en France:

"La Cour de cassation vient de répondre par un arrêt en date du mardi 27 février (Le Monde du 28 février). Il met fin à plus de dix ans de débats. Désormais, il ne sera pas possible - sauf pour quelques cas très précis - de cumuler les soixante-dix années de droits d'auteur avec les quatorze années de prorogations de guerre... Il reste une inconnue: la Cour n'a en effet rien dit sur le statut des auteurs morts pour la France, qui donne droit à trente années de protection supplémentaires. Peut-on le cumuler avec les soixante-dix années de protection de droits d'auteur?"

Les oeuvres d'Antoine de Saint-Exupéry et de Guillaume Apollinaire sont donc encore protégées par le droit d'auteur, du moins en France. Il n'est pas question d'Internet dans l'article du Monde. Ç'aurait pu être intéressant.



La vie d'écrivain

Dans l'Express d'aujourd'hui, des auteurs racontent les petits heurs et malheurs du métier:

Paule Constant:

«Ma vocation est née, à l'âge de 8 ans, dans un coin paumé du Cameroun, à Batouri. A l'époque, j'avais de très mauvaises notes en orthographe. Un jour, mon père, un médecin très hautain, lance devant toute la petite société coloniale du bled: "Au moins, on est sûr qu'elle ne sera pas Françoise Sagan." Cette humiliation mortelle m'a poussée à écrire. Beaucoup plus tard, à l'occasion de l'envoi de l'un de mes romans à Françoise Sagan, je lui décris l'anecdote. Elle ne m'a jamais répondu. Une autre humiliation!»

Ou cette anecdote absolument délicieuse de Jean d'Ormesson:

«Parmi mes 23 ou 24 apparitions chez Pivot, je me souviens notamment de l'émission avec Roger Peyrefitte, qui avait écrit Les Juifs. Un livre que j'avais modérément apprécié. Il s'en aperçoit et proclame, à la fin de l'émission: "Vous rappelez-vous, monsieur d'Ormesson, quand nous allions ensemble au bordel, à Bangkok?" J'avais effectivement rencontré Peyrefitte chez l'ambassadeur de France à Bangkok, et ce dernier nous avait tous invités dans un salon de massage. L'expliquer en détail aurait pu paraître filandreux. Alors j'ai répondu: "Oh! je m'en souviens très bien: c'était l'époque où je vous méprisais moins qu'aujourd'hui."»



Ici et là

On parle assez en ce moment, notamment ici, de ce que Gaston Lagaffe a cinquante ans cette année, mais l'histoire de Bécassine est à mon avis bien plus intéressante. Le personnage, encore aujourd'hui, n'est pas apprécié par tout le monde, il révèlerait, pour plusieurs, le mépris que l'on avait, au début du vingtième siècle, pour les paysans bretons. Bécassine, "une brave fille naïve à qui son ignorance de la vie parisienne ne cesse de faire commettre des bourdes", est apparue pour la première fois en 1905, dans le magazine La Semaine de Suzette. Pour le Dictionnaire de la langue française informatisé, une bécassine est une femme stupide ou ridicule.

Philologue et sociologue, Jacques Dubois, sur Proust et Stendhal: "C'est Proust qui m'a conduit à Stendhal. Les deux écrivains ont en commun une manière spécifique d'approcher la vie des salons. L'un et l'autre éprouvent un très grand désenchantement qui finit par produire son propre enchantement. Ils ont un tel plaisir à ironiser sur les pratiques humaines qu'ils s'épargnent toutes les dépressions nerveuses." -- Le Soir (Belgique).

Bon, on apprend, par la Grande Rousse, que la petite queue du béret en son centre est un cabillou. Il s’agit maintenant de trouver à quoi sert le cabillou. Je n'en vois qu’une seule utilité: faire parler les gens.

Il y a Lulu.com, qui fait plus sérieux, mais il y a aussi Jets d'encre, et je pourrais en trouver quelques autres si je voulais. Et tout ce monde veut votre fortune littéraire, et souvent aussi votre argent... Sur ce dernier site, dans la FAQ, à la question: "Suis-je sûr d’être publié?" La réponse est: oui. Ça veut dire que l'on peut leur envoyer n'importe quelle merde, pour se retrouver avec une jolie facture au bout du compte. La façon a changé depuis que la Pensée universelle annonçait à pleines pages dans le Magazine littéraire, mais le fond reste le même.


Chroniques d'outre-tombe (2)

Ce billet a été programmé pour s'afficher seulement après ma mort. D'autres suivront, le premier jour de chaque mois, à minuit une minute. Vous croyiez en avoir fini avec moi? Hé hé!

Aujourd'hui, quelques mots sur ce bandit de Claude Poirier...

Le très honnête Claude Poirier est même venu se parjurer en Cour, disant qu’il avait vu le vidéo du policier assassin de la caisse populaire de Saint-Antoine. Ce qui n’était pas vrai, bien sûr. “Monsieur Crédibilité” avait une dent contre moi, parce que je lui avais dit qu’il était un téteux de flics. Il faut l’entende, ce bandit, s’offusquer des clients de prostituées de Québec, il est cent fois plus bandits qu’eux. Pourtant il sévit encore sur nos ondes. Et ces peureux de journalistes font semblant qu'ils ne savent rien, criss!

Et sûrement encore que la vieille rouleau à la langue sale, n'a pas fini d'écoeurer le peuple! ces déchets humains devraient être effacés de la surface de la terre... maudite cancéreuse!

Soyez maudits, jusqu'à la fin des temps!

Les policiers de Saint-Jérôme sont vraiment des criminels et Saint-Jérôme est une ville fasciste!

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