mercredi 10 décembre 2008
mardi 16 septembre 2008
Harcèlement policier
Ce blogue a pris fin en juin 2007, suite au harcèlement policier dont je fais l'objet, plus spécifiquement de la part du service de police de Saint-Jérôme. Plus de détails ici.Des policiers (en civil, bien sûr), qui incitent des gens à m'agresser, tant en se tenant à courte distance, afin d'avoir un semblant de raison pour intervenir; ou bien qui incitent des automobilistes à provoquer un accrochage, afin de faire croire qu'ils sont légitimés d'intervenir; voilà la forme de harcèlement dont je fais l'objet de la part du service de police de Saint-Jérôme.
mercredi 26 mars 2008
Les Contes de Provence, de Paul Arène
Ai reçu les exemplaires des Contes de Provence, un très beau recueil de Paul Arène, que les Éditions de l'Aube, en Provence, viennent de publier, à partir du document numérisé disponible ici à la Bibliothèque. Une édition en format de poche, très joliment illustrée, et... cartonnée: c'est assez rare qu'il faut bien le souligner. C'est ces mêmes éditions qui avaient publié l'année dernière, de Jules Verne, Le pilote du Danube.En quatrième de couverture des Contes de Provence:
"Ce recueil rassemble des contes tendres ou ironiques, toujours exquis, révélant à leurs lecteurs – petits et grands – tout ce qui fait le charme et l’originalité de la Provence. Un brin d'émotion parfume les histoires merveilleuses de cet écrivain qu’Anatole France avait surnommé – à juste titre! – le «prince des conteurs».
"Plus célèbre que son ami Alphonse Daudet au XIXe siècle, Paul Arène (1843-1896) mérite amplement d’être (re)découvert. De Mistral et d’Aubanel, ses maîtres, il tirera la forme et le sujet de ses œuvres, qui ont toutes pour décor sa province natale à laquelle il restera toujours très attaché."
mardi 5 juin 2007
Ici et là
En juin, deux nouveaux recueils de contes lus dans leur intégralité et proposés pour l'écoute en ligne ou le téléchargement gratuitement, sur le webcast de la SNCF: des contes d'Alsace et de Normandie. D'ailleurs, à propos du livre audio, jolie caricature (ou dessin) sur Bibliobsession.Via Bibliobsession encore, bel éloge, sur Blogo Numericus, de la lecture sur support papier. Pour une fois que l'on ne nous ressasse pas encore la fameuse nostalgie: l'odeur de l'encre et le livre comme bel objet; mais là plutôt "le papier, support matériel passif, qui, du fait même de ses limitations, parce qu’il ne permet de faire rien d’autre que lire"...
Intéressant article dans Le Monde sur la langue yiddish: non, elle n'est pas morte!
André Schiffrin, dont le père a fondé la Pléiade (ce n'est pas son seul mérite!), dans Le Soir: «Rien de plus captivant qu'un pays multiculturel qui s'assume comme tel, et le fait que vous ne soyez confrontés qu'à des problèmes de langues, quelle chance! Il y a pires problèmes politiques.» Il parle de la Belgique, bien sûr.
Clément Laberge signe un texte sur le Canal numérique des savoirs: «…Et avec Internet on n'a plus besoin d'éditeurs!» Oui, et au fait, à quoi servent les éditeurs?
lundi 4 juin 2007
Ici et là
Juin 1857. Il y a tout juste 150 ans, ce mois-ci, paraissait, à Alençon dans l'Orne, Les fleurs du mal de Baudelaire, qui, on le sait, a fait scandale. Alençon souligne l'événement avec une grande exposition en l’église des Jésuites, du 23 juin au 14 octobre 2007.Novélisation: le terme ne se retrouve dans aucun des dictionnaires consultés. Trouvé dans Le Matin, journal suisse. "Le succès de certains héros cathodiques s'est transformé en phénomène de librairie: la novélisation de séries télé. Le concept est simple. On reprend les mêmes personnages, et on les transpose au coeur d'histoires inédites, le tout en format livre de poche." - Il paraît que les personnages de Grey's Anatomy vont se retrouver dans des romans...
Lechoixdeslibraires.com propose, comme son intitulé l'indique, des choix de livres, en faisant partager les coups de coeur des libraires. Le site offre aussi un podcast (ou des fichiers MP3 à télécharger): des écrivains présentent leurs livres, et les libraires commentent leurs choix. On promet également de tout nous dire sur l'actualité littéraire. C'est très français...
Esparbec, c'est le pseudo d'un écrivain qui écrit des romans qu'il qualifie de pornographiques. Justine Miso, pour Le Mague journal, l'a éterviewé. Ça donne un bizarre d'entretien: l'interviewé, un brin agressif, qui contredit presque constamment son interviewer.
Dans Le Point: "Internet est devenu un découvreur de talents dans le monde littéraire et permet à des écrivains non publiés de se faire connaître, via les sites communautaires."
jeudi 31 mai 2007
Ici et là
"La maison d'édition Harlequin, déjà bien connue pour ses romans d'amour, revient à la publication d'ouvrages généraux", écrit-on aujourd'hui dans La Presse; c'est-à-dire que l'on y publiera aussi des biographies, des livres sur la santé, l'alimentation et l'exercice physique, entre autres sujets. Le site français de Harlequin permet aussi de lire en ligne quelques romans parus dans les différentes collections. Quelques titres offerts gratuitement: Un véritable mariage d'amour, Une nuit inoubliable, Souvenir d'une nuit d'été. En tout, une dizaine de romans...Via Le journal de la fessée, une version plutôt coquine de l'histoire d'Alice. Amusant!
Les Presses universitaires de Lyon rendent disponibles en ligne quelques volumes, dont La mort au siècle des Lumières de Robert Favre. À remarquer l'habile manière de mettre en page du texte HTML.
La Revue des ressources met en ligne un enregistrement dans lequel on retrouve Michel Simon lisant un extrait de Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand bien sûr, en fait le début du roman, enregistrement qui fait 21 minutes. Le MP3 peut être téléchargé mais fait tout de même 19,3 Mo. Sur le même site, on peut écouter Guillaume Apollinaire lire son célèbre poème Le Pont Mirabeau. L'enregistrement date de 1913.Face à ces politiciens qui posent devant des bibliothèques très bien rangées, Daniel Garcia, dans Livres Hebdo, en vient à ce constat: "Nous assistons à une mutation, dans laquelle le pouvoir ne passe plus ni par le savoir, ni par les livres. Au mieux, aujourd’hui, un livre n’est qu’un produit de divertissement susceptible de dégager du cash flow. On comprend alors que les intellectuels qui les produisaient ne font même plus peur."
lundi 28 mai 2007
Spectacle littéraire
Le Carrefour international de théâtre de Québec (site) présente, les 2 et 3 juin, à Montréal, Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent. "Véritable cabaret festif, ce spectacle désopilant n’a rien du récital ou de la lecture conventionnelle. C’est un happening des sens, une «stonerie» poétique intime et débridée signée Loui Mauffette! Avec vingt passeurs de poésie sur scène, dont Henri Chassé, René Richard Cyr, Maxime Denommée, Gilles Renaud, Lorraine Pintal, Patricia Nolin..." Plus d'info ici.dimanche 27 mai 2007
Ici et là
Selon La Presse, le livre audio a la cote. Et un heureux moyen de se constituer une petite bibliothèque sonore, c'est sur Télérama Radio qu'il faut aller.Jérôme Garcin, à propos du dernier livre de Paulo Coehlo: "Je pensais que ce serait mauvais. C'est pire." Le critique du Nouvel Obs n'est pas tendre, c'est le moins que l'on puisse dire.
Une vingtaine de romans de Maurice Leblanc, mettant en scène Arsène Lupin, le gentilhomme cambrioleur, ont été déposés sur le site de la Bibliothèque depuis quelques mois. Eh bien, il existe un prix Arsène-Lupin récompensant "le meilleur roman policier de l’année". En 2007, Julian Barnes se l'est mérité pour Arthur et George. Le prix est remis au musée Arsène-Lupin d’Etretat, en Normandie.
Jean-Pierre April, à qui Carole Beaudoin demande s'il a un site web: "Non. Mais ça devrait venir. Bientôt, sans site Web, on ne sera plus personne!"
Chantal Guy, chroniqueuse livres à La Presse, à propos de sa bibliothèque: "La bonne vieille méthode de l'ordre alphabétique ne me va pas. Je suis trop bordélique pour ça. Ma bibliothèque est sans cesse en activité, comme ma tête. D'ailleurs, je me méfie des gens qui ont des bibliothèques impeccables; je les soupçonne de ne jamais ouvrir leurs livres."
mardi 15 mai 2007
La gratuité d'Internet
"La gratuité, c'est le vol", c'est le titre d'un pamphlet de Denis Olivennes, PDG de la FNAC, première entreprise culturelle française. Sa thèse: le piratage tue la culture. Il est ici interviewé sur France 24. Pierre Assouline, qui, il y a quelque temps, avait recensé le livre, écrit: "C’est peu de dire que l’internet a favorisé l’idée que la consommation de la culture pouvait s’affranchir du paiement. Mais son explosion a favorisé une légende qui a la vie dure: la Toile échapperait au système marchand au motif que tout s’y organiserait autour du don et du partage. Or la cybergratuité est l’une des utopies les plus néfastes pour la création culturelle."La gratuité va-t-elle tuer la culture? / Interview de Denis Olivennes et Jacques Attali / Nouvel Observateur.
mardi 13 mars 2007
Écrire pour vivre
J'ai déjà parlé ici et là de Jean-Benoît Nadeau, qui vient de publier Écrire pour vivre, aux Éditions Québec-Amérique, un livre (un autre!) qui s'adresse "à ceux qui rêvent de vivre pour écrire". Marie-Christine Blais, de la Presse, l'a rencontré. Extraits:"On entend souvent dire que les écrivains ne gagnent pas leur vie. Moi, je soutiens plutôt que 90% des auteurs publient en dilettante et que la majorité des 10% restants entretient le mythe de l'écrivain pauvre qui pense que l'argent, c'est sale."
"On est actuellement dans une espèce de Far West de la publication. Mais tout a toujours changé dans ce domaine: le quotidien est lui-même un avatar du pamphlet du XVIIe siècle! Les blogues sont en quelque sorte l'équivalent des lettres qu'écrivaient les philosophes de l'époque à Marie de Médicis et Catherine de Russie. Et les plus gros blogues sont en train de se structurer en maison d'édition sur Internet."
La petite édition
Dans Le Monde diplomatique, janvier 2007: "La France est sans doute le pays du monde où le système de soutien à la création littéraire est le plus puissant et le plus complet: prix innombrables, foires ou salons du livre répartis sur toute l’année et dans tous les départements, nombreux périodiques spécialisés, bourses de création et résidences d’écrivains. Il faut ajouter à cela un dense réseau de librairies. Beaucoup de leurs propriétaires organisent des rencontres avec des auteurs, sacrifient leur temps et leur argent pour défendre la littérature. Un tel système permet à de nombreux écrivains de vivre et de se faire connaître."lundi 12 mars 2007
Des livres pas lus
Dans La Presse d'aujourd'hui: "Plus de la moitié des Britanniques achètent des livres qu'ils ne lisent pas, simplement pour décorer leur intérieur, selon une enquête publiée lundi. Et même quand ils les ouvrent, bien souvent ils ne les finissent pas, selon cette enquête menée auprès de 4000 Britanniques."Il y a même des politiciens qui achètent toutes les Pléiades, juste pour faire joli. Mais c'est plus cher que la tapisserie.
Pierre Lepape: Le pays de la littérature
Pierre Lepape a publié en 2003 Le pays de la littérature. Extraits d'un entretien qu'il accordait sur Conversations à Strasbourg (?), en décembre 2003:"C'est un fait pourtant, la littérature française se vend mal à l'étranger. Il y a une grande tradition universitaire américaine, qui s'intéresse à nos livres. Mais de nos jours, si le texte français n'est pas traduit en anglais, il n'existe pas aux yeux du monde entier. Il est vrai que les anglo-saxons sont indifférents à ce qui se passe au-delà de leurs frontières. Alors, prenons en compte la mondialisation! Le français n'est plus la grande langue de la domination. La croyance française dans sa littérature a disparu. Nous vivons une période historique nouvelle, où le sacré de l'écrit disparaît, au profit de l'image. La lecture ne peut pas rentrer dans l'immédiateté, qui est primordiale aujourd'hui. Nos sociétés sont aussi dans l'apparition et la disparition constante, de produits qui changent tout le temps. Le livre est, en comparaison, un vieil objet, qui ne change guère. Le cas français est plus spécifique. Il y a une crise, du fait de l'engagement des écrivains après-guerre. Ils se sont trompés, comme tout le monde. Mais trop exposés, on ne les écoute plus."
dimanche 11 mars 2007
Jonathan Littell
Certains croient qu'il n'a pas écrit son livre, Les Bienveillantes; ces rumeurs étaient sans doute inévitables lorsque cet inconnu, Jonathan Littell, est apparu sur la scène littéraire française. Le Monde des livres l'a rencontré à Barcelone, où il résite. Littell dit ne pas se reconnaître dans les différents portraits parus de lui dans la presse française:"On a parfois raconté n'importe quoi. J'ai été sidéré par la capacité d'invention des journalistes français. J'ai découvert plein de choses sur moi. J'aurais ainsi survécu à un massacre en Tchétchénie. Étonnant. Il suffisait pourtant de taper mon nom sur Google et lire les articles du New York Times qui faisaient état d'un incident - qui n'a rien à voir avec un massacre - que j'avais eu en Tchétchénie. Revu par la presse française, on avait l'impression que je me trouvais sous des cadavres ensanglantés avant de sortir en rampant de la fosse! Le fact checking, le fait de vérifier des informations de base, me semble peu répandu en France. Je parle pourtant de choses simples: j'aurais travaillé en Chine, je serais marié, ma mère serait française, j'habite la Belgique et je parle allemand. Tout cela est inexact."
samedi 10 mars 2007
Le CCDMD
"L'infirmière a expliqué qu'à ce stage de sa convalescence, la patiente, victime d'un sérieux incident routier, a subi un nouveau bilan médicinal. Sa plaie au genou droit n'est pas infestée. Mais, depuis 12 heures, la patiente a contacté une forte fièvre. Pour le moment, on doit envisager la possibilité d'un prolongement de la durée de l'hospitalisation."Ce texte est tiré d'une copie d'élève en techniques de soins infirmiers et est proposé, par le CCDMD, en exemple d'utilisation de mauvais choix de mots, qui, ici, peut faire sourire. Le CCDMD (Centre collégial de développement de matériel didactique) offre sur son site, Amélioration du français, des ressources intéressantes, principalement destinées aux étudiants et aux professeurs de français, mais que plusieurs pourront aussi apprécier: des jeux pour enrichir son vocabulaire, des exercices en ligne, des capsules linguistiques, des ouvrages théoriques, notamment sur la grammaire, documents en libre téléchargement au format PDF, et beaucoup d'autres choses.
Ici et là
Jean-Paul Dubois: «Aucun livre n'a jamais servi à rien. Il n'y a aucune transmission qui existe, j'en suis convaincu. Les sciences ont peut-être fait progresser l'humanité, en allongeant l'espérance de vie... Entre-temps, on a peut-être inventé les bagnoles, mais on a perdu le flair, l'attention, la capacité de percevoir des tas de choses. Au final, on n'a pas tellement progressé comme civilisation.» (Cyberpresse)Selon l'historien russe Yvan Tolstoï, l'attribution du prix Nobel de littérature, en 1958, à l'écrivain Boris Pasternak, auteur du Docteur Jivago, serait une opération menée par la CIA, qui voulait que l'on remette le prestigieux prix à un génie antisoviétique. Plus sur Cent papiers.
Le Petit Champignacien illustré: "Catastrophe économique et sociale à l'Académie française: une dizaine de nègres appointés par Henri Troyat se retrouvent à présent au chômage." Il n'y a pas de mal à ça, les nègres, c'est le résultat qui compte... Par ailleurs, La Presse et Le Devoir ont relaté, dans le même petit article insignifiant, la mort d'Henri Troyat. C'est dans Le Monde ou dans Le Figaro qu'il faut aller pour une bonne présentation de l'auteur.
Le philosophe et sociologue Jean Baudrillard est décédé lui aussi; au-delà des petits articles qui ressemblent un peu à des notices nécrologiques, lire cet intéressant entretien avec l'auteur, sur Télérama. Il y parle, entre autres choses, du 11 septembre: "Plus le building s’élevait, plus il incarnait la virtualité toute-puissante, plus on rêvait donc qu’il s’effondre, par cet obscur désir de réversibilité que tant de personnes partagent, sans être pour autant terroristes." France-Culture consacre aussi un dossier à Jean Baudrillard.
J'ai parlé ici et là de Claude-Henri Grignon, l'auteur, entre autres livres, du roman Un homme et son péché, qui vaut grandement plus que la série que l'on nous refile encore à la télé. Le roman a paru en 1933. Au début des années cinquante, on en a tiré deux films en noir et blanc, que j'avais vus à la télé il y a quelques années. Il y avait Hector Charland et Nicole Germain dans les principaux rôles...
Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente un "parcours thématique" sur l'homme et l'oeuvre, dans les différentes formes qu'elle a prise: le livre, puis la radio, le théâtre, le cinéma, et la télévision.Dominique Fernandez rejoint les 40 immortels. Dans l'Orient littéraire (PDF), supplément mensuel du journal libanais l'Orient le jour, on peut lire un entretien avec l'auteur: "Les Libanais, les Égyptiens, les Africains… représentent un apport extraordinaire à la langue française qui avait tendance à se dessécher, à se recroqueviller sur elle-même. C’est une chance pour la littérature française qu’il y ait tellement d’écrivains étrangers qui emploient la langue française, qui apportent des idiotismes et, surtout, un nouvel imaginaire."
vendredi 9 mars 2007
L'écrivain et l'animal
Dans le Figaro, Élisabeth de Fontenay, auteure du Silence des bêtes, parle de la relation entre l'écrivain et l'animal:"Il est difficile, sans tomber dans l'anecdote, de dissocier l'attachement à son propre animal de la sollicitude portée aux animaux. Maeterlinck avait un petit bouledogue, Pelléas, et il a écrit sur sa mort des pages inoubliables. Thomas Mann a raconté la vie de son chien, Bauschann. Colette n'a jamais vécu sans chats et chiens et, à maintes reprises, elle a mis en scène et raconté ses bêtes. Paul Morand avait des chevaux et il a parlé magnifiquement d'une jument dans Milady. Romain Gary a écrit Les Racines du ciel, pour dénoncer l'extermination des éléphants, mais c'est à son chien qu'il vouait un amour sans réserve. Je me méfie en revanche de cette passion dévorante pour les chats, chez deux des auteurs que vous citez [en fait, l'interviewer, dans sa question, parlait de Céline et de Léautaud], passion qui allait de pair avec la détestation de certaines parties de l'humanité."
mercredi 7 mars 2007
Léautaud encore
Dans Actua BD, Didier Pasamonik, dans un article sur une BD d’Aurélia Aurita, rappelle cette anecdote savoureuse:«Dans son huitième entretien avec Robert Mallet, l’écrivain Paul Léautaud faisait part de sa détestation des prix littéraires: «…Un écrivain qui reçoit un prix, à mes yeux, est déshonoré, DÉSHONORÉ». Comme son interlocuteur lui faisait remarquer qu’il y allait un peu fort, qu’un écrivain pouvait être éventuellement déshonoré parce qu’il quémandait un prix, pas parce qu’il en recevait un, Léautaud l’interrompt et répète, en martelant le sol de sa canne (c’était une émission radio): «Déshonoré! […] C’est à vomir, c’est à vomir!»
mardi 6 mars 2007
Albert Camus
Albert Camus, la pensée de midi, tel est le titre du dossier que France-Culture a consacré à l'écrivain. Archives, témoignages, sur la question algérienne, le théâtre et la littérature, examen d'un de ses livres, une sélection de livres... mais surtout quatre émissions radio à écouter en ligne et diffusées pour la première fois en août 2006. Thèmes: Camus, Nobel malgré lui - Camus et le théâtre - Camus engagé: l'histoire, la politique - Camus, ses amis, ses maîtres et la littérature.La Pensée de midi, c'est aussi le titre d'une revue édité à Beyrouth, et dont le titre fait bien sûr référence à Albert Camus. Tous les numéros, sauf le numéro courant, sont librement téléchargeables au format PDF. Voici quelques thèmes abordés: Littératures, "une mère étrangère" - La cuisine, un gai savoir - Aimer les différences? - Du désir, du plaisir et de l'amour... en Méditerranée - Beyrouth, XXIe siècle.
lundi 5 mars 2007
Charles Bukowski
Très beau texte sur Charles Bukowski, sur Authologies: "Scénario rebattu: un nouvel écrivain apparaît. Son écriture ne respecte ni les conventions ni les modèles littéraires en cours. Il choque. On lui reproche son style, sa grossièreté, sa vulgarité. Bien sûr, au début, cet auteur ne trouve des débouchés que dans l'auto-publication ou les magazines à tirage confidentiel. Puis la rumeur se répand chez des lecteurs qu'attirent la vie et la nouveauté qui émanent de cette nouvelle voix. Malgré une popularité et une influence grandissantes, les critiques, les professeurs et les éditeurs reconnus refusent de le consacrer. On ne peut pas le prendre au sérieux. Après sa mort, des articles, des essais, des livres, commencent à s'intéresser au phénomène. Les oeuvres de l'auteur apparaissent dans les anthologies et on l'enseigne à l'université."Bukowski a écrit de très belles nouvelles, et d'autres beaucoup moins bonnes. Ici: Bouffe la poussière, chien menteur!, dans une traduction de Lucien Suel.
dimanche 4 mars 2007
Ici et là
Dans La Libre Belgique, intéressant article d'Éric de Bellefroid qui "nous emmène en des confins où le génie côtoie souvent la folie". Il écrit ces deux superbes phrases: "Entre le génie et la folie, une haute tension peut toujours céder. Comme se déchire un chêne foudroyé."François Busnel, en éditorial au magazine Lire: "On dit souvent que la France compte plus d'écrivains que de lecteurs. Heureux pays! Écrire est le rêve secret de bien des êtres sincèrement persuadés que leur vie est un roman. Il ne faut jamais détromper les rêveurs: la réalité s'en chargera... Écrire sa vie ne consiste pas à se célébrer soi-même mais à s'élancer vers l'inconnu. Il faut, pour cela, déjouer les pièges que le quotidien nous tend: ils ont nom habitude et nostalgie."
Jean-François Nadeau, dans Le Devoir: "On croirait le «Combat des livres» enflé d'absurdités volontaires. Mais non. Il est enflé tout bonnement d'absurdités naturelles. Au «Combat des livres» diffusé par la radio de Radio-Canada, le journaliste sportif Robert Froisi, le chanteur Biz, l'humoriste Dominique Lévesque et les politiciennes Sheila Copps et Pauline Marois s'agitent. Ils veulent voir triompher, dans un affrontement aussi vain qu'insensé, le livre qu'ils soutiennent selon des critères absolument hétéroclites. En lice pour ce freakshow littéraire......"
Dans Le Figaro, Sébastien Lapaque traite de ces écrivains qui se réapproprient la foi chrétienne. Il y a cette phrase amusante: "Péguy avait compris que nous vivions dans un monde où ceux qui croient au Dieu d'Augustin, de Corneille et de Pascal, doivent s'en excuser comme d'une grossièreté." Amen!On voit le mot "people" partout dans les journaux français, et on l'écrit parfois aussi "pipole". Ça donne: l'actu people, la rubrique people, People: les news... Partout, partout! Si j'ai bien compris, les people ce sont les célébrités.
Le philosophe Michel Onfray, sur son blogue, écrit qu'il a été invité sur un plateau de télévision, où étaient aussi invités BHL, André Glucskmann, Luc Ferry, Alain Finkielkraut, Michel Serres, Edgar Morin, Nicolas Hulot, Alain Minc, Jean Daniel... Ce n'est pas au Québec que l'on verrait ça. Ici, ce serait plutôt une émission de télé où l'une de nos centaines de petites vedettes de la chansonnette viendrait raconter ce qu'elle a mangé la veille tout en faisant sa petite comique...
Sur un tout autre sujet, le même Onfray décrit Michel Houellebecq, qu'il appelle "le Balzac du 21e siècle" en dérision, comme quelqu'un de "luisant de suif et de haine, gras de bêtise et de sottise"... Eh ben, eh ben... Le sujet de son billet est "le fascisme télévisuel", pas la gentillesse.
Les romans préférés des Britanniques, selon The Globe and Mail: 1. Jane Austen: Pride and Prejudice. - 2. J.R.R. Tolkien: The Lord of the Rings. - 3. Charlotte Bronte: Jane Eyre. - 4. J.K. Rowling: Harry Potter series. - 7. Emily Bronte: Wuthering Heights. - 8. George Orwell: Nineteen Eighty-Four.
Il se passe quelque chose d'historique sur la scène du théâtre de l'Atelier, à Paris, écrit Pierre Assouline. Quoi donc? Mais un comédien, Sami Frey, seul sur une scène, lisant Beckett... sur un écran d'ordinateur. Vous ne saviez pas? Le livre-papier, c'est out!
jeudi 1 mars 2007
Le droit d'auteur
Dans Le Monde d'aujourd'hui, décision apparemment importante concernant le droit d'auteur en France:"La Cour de cassation vient de répondre par un arrêt en date du mardi 27 février (Le Monde du 28 février). Il met fin à plus de dix ans de débats. Désormais, il ne sera pas possible - sauf pour quelques cas très précis - de cumuler les soixante-dix années de droits d'auteur avec les quatorze années de prorogations de guerre... Il reste une inconnue: la Cour n'a en effet rien dit sur le statut des auteurs morts pour la France, qui donne droit à trente années de protection supplémentaires. Peut-on le cumuler avec les soixante-dix années de protection de droits d'auteur?"
Les oeuvres d'Antoine de Saint-Exupéry et de Guillaume Apollinaire sont donc encore protégées par le droit d'auteur, du moins en France. Il n'est pas question d'Internet dans l'article du Monde. Ç'aurait pu être intéressant.
La vie d'écrivain
Dans l'Express d'aujourd'hui, des auteurs racontent les petits heurs et malheurs du métier:Paule Constant:
«Ma vocation est née, à l'âge de 8 ans, dans un coin paumé du Cameroun, à Batouri. A l'époque, j'avais de très mauvaises notes en orthographe. Un jour, mon père, un médecin très hautain, lance devant toute la petite société coloniale du bled: "Au moins, on est sûr qu'elle ne sera pas Françoise Sagan." Cette humiliation mortelle m'a poussée à écrire. Beaucoup plus tard, à l'occasion de l'envoi de l'un de mes romans à Françoise Sagan, je lui décris l'anecdote. Elle ne m'a jamais répondu. Une autre humiliation!»
Ou cette anecdote absolument délicieuse de Jean d'Ormesson:
«Parmi mes 23 ou 24 apparitions chez Pivot, je me souviens notamment de l'émission avec Roger Peyrefitte, qui avait écrit Les Juifs. Un livre que j'avais modérément apprécié. Il s'en aperçoit et proclame, à la fin de l'émission: "Vous rappelez-vous, monsieur d'Ormesson, quand nous allions ensemble au bordel, à Bangkok?" J'avais effectivement rencontré Peyrefitte chez l'ambassadeur de France à Bangkok, et ce dernier nous avait tous invités dans un salon de massage. L'expliquer en détail aurait pu paraître filandreux. Alors j'ai répondu: "Oh! je m'en souviens très bien: c'était l'époque où je vous méprisais moins qu'aujourd'hui."»
Ici et là
On parle assez en ce moment, notamment ici, de ce que Gaston Lagaffe a cinquante ans cette année, mais l'histoire de Bécassine est à mon avis bien plus intéressante. Le personnage, encore aujourd'hui, n'est pas apprécié par tout le monde, il révèlerait, pour plusieurs, le mépris que l'on avait, au début du vingtième siècle, pour les paysans bretons. Bécassine, "une brave fille naïve à qui son ignorance de la vie parisienne ne cesse de faire commettre des bourdes", est apparue pour la première fois en 1905, dans le magazine La Semaine de Suzette. Pour le Dictionnaire de la langue française informatisé, une bécassine est une femme stupide ou ridicule.Philologue et sociologue, Jacques Dubois, sur Proust et Stendhal: "C'est Proust qui m'a conduit à Stendhal. Les deux écrivains ont en commun une manière spécifique d'approcher la vie des salons. L'un et l'autre éprouvent un très grand désenchantement qui finit par produire son propre enchantement. Ils ont un tel plaisir à ironiser sur les pratiques humaines qu'ils s'épargnent toutes les dépressions nerveuses." -- Le Soir (Belgique).
Bon, on apprend, par la Grande Rousse, que la petite queue du béret en son centre est un cabillou. Il s’agit maintenant de trouver à quoi sert le cabillou. Je n'en vois qu’une seule utilité: faire parler les gens.
Il y a Lulu.com, qui fait plus sérieux, mais il y a aussi Jets d'encre, et je pourrais en trouver quelques autres si je voulais. Et tout ce monde veut votre fortune littéraire, et souvent aussi votre argent... Sur ce dernier site, dans la FAQ, à la question: "Suis-je sûr d’être publié?" La réponse est: oui. Ça veut dire que l'on peut leur envoyer n'importe quelle merde, pour se retrouver avec une jolie facture au bout du compte. La façon a changé depuis que la Pensée universelle annonçait à pleines pages dans le Magazine littéraire, mais le fond reste le même.
mercredi 28 février 2007
Mitsou, de Colette
Dans la collection Classiques du vingtième siècle, un roman de Colette: Mitsou, ou comment l'esprit vient aux filles.Pendant la première Guerre Mondiale, Mitsou, danseuse de l'Empyrée- Montmartre, s'éprend d'un lieutenant en service...
Voir: Colette et «l’Argus de la presse» (PDF), par Anne Poskin, dans Études françaises.
Télécharger l'oeuvre: [ PDF ].
