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La littérature, un intéressant (mais attristant) billet de
Joseph Périgot: "Le livre ordinaire - je veux dire: le livre tel qu'il est traité ordinairement, d'un auteur qui n'en est pas à son coup d'essai mais n'a pas accédé au statut de vedette, ce livre-là ne fait pas plus de trois petits tours avant de disparaître de la circulation. Sorti du carton par le libraire, il rejoint le tas de nouveautés pas toujours étalées sur la table par manque de place." -- Deux bons blogues pour suivre et comprendre les dessous du monde du livre.
Dans
Le Courrier, journal de Suisse romande, on rappelle que l'écrivain reste le maillon le plus mal payé de la chaîne du livre: "À l'heure où nos hommes politiques se penchent sur la crise de la chaîne éditoriale – le prix unique du livre n'en est que la partie visible –, il est juste de soutenir et saluer le travail de fond effectué par les libraires, les bibliothécaires et les éditeurs pour que se maintienne, en Suisse romande, un paysage littéraire diversifié. Mais dans tous ces débats, il est un acteur trop souvent négligé, que le grand public ne connaît qu'à travers l'écran du mythe, c'est l'auteur-e. Tout se passe comme si le statut d'auteur était assez rare et prestigieux pour qu'on n'ait pas, en plus, à le payer comme un travailleur."
Et, après tout ça, si vous n'avez pas arrêté de lire et que vous êtes un auteur non encore publié, vous êtes très probablement déprimé, mais attendez: Lorenzo Soccavo fait
ici l'éloge de l'écrivain amateur:
"Ils sont des millions de Français à écrire en solitaire. Et pourtant… Pourtant, les sportifs, les musiciens et les peintres, eux, ne se cachent pas ainsi pour assumer leurs passions en amateur. Les sportifs s’entraînent en groupe et participent ensemble à des compétitions. Ils disposent de fédérations et de nombreux clubs dans pratiquement chaque commune. Les peintres et les sculpteurs, les photographes et les plasticiens exposent régulièrement. Les musiciens se font chaque année un bonheur de descendre dans la rue...
"Le monde de l’édition, ou, plus exactement, les modes d’accès à la publication changent.
"Se former à la pratique de l’écriture, et, à défaut d’en vivre professionnellement, avoir des lecteurs et acquérir un savoir faire reconnu sont aujourd’hui des choses tout à fait réalisables...
"Aujourd’hui les auteurs, comme les autres amateurs passionnés peuvent s’exprimer librement, entre eux, mais aussi dans la société. Aujourd’hui, le numérique leur apporte, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les moyens de se saisir d’outils de publication, de communication et de diffusion de l’écrit."
Ça va pas un peu mieux, non?
Et L. Soccavo de rappeler que "le mythe romantique de l’auteur génial, mais, incompris, mais, solitaire, mais, malheureux, a la peau dure".
Quelqu'un a dit, je ne me souviens plus qui, que Rimbaud et Verlaine, avec leurs beuveries, avaient fait de grands torts à la poésie, car, maintenant, il suffisait de fermer les bars tous les soirs pour se croire poète. C'est sans doute un peu exagéré...