La Bibliothèque électronique du Québec

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mercredi 28 février 2007

Mitsou, de Colette

Dans la collection Classiques du vingtième siècle, un roman de Colette: Mitsou, ou comment l'esprit vient aux filles.

Pendant la première Guerre Mondiale, Mitsou, danseuse de l'Empyrée- Montmartre, s'éprend d'un lieutenant en service...

Voir: Colette et «l’Argus de la presse» (PDF), par Anne Poskin, dans Études françaises.

Télécharger l'oeuvre: [ PDF ].



Lendemains qui chantent

Ce n'était pas si farfelu, cet idée de livre gratuit, de livre sans auteur!... Voyez: Anticipédia, "l'encyclopédie du futur", anticipe ce que sera 2010 pour le livre. L'auteur de l'article parle justement d'accès gratuits aux oeuvres, d'une multinationale de l'édition et de nouvelles formes de lecture. Il prédit même des lendemains qui chantent, mais pas pour tout le monde:

"Les gagnants sont en priorité les lecteurs. Ils peuvent aujourd’hui pour un budget raisonnable avoir accès à des productions littéraires de qualité adaptés à leurs goûts. D’autre part, les auteurs. Dans cette confrontation avec les ordinateurs, leur savoir-faire a été reconnu et, ceux qui ont du talent, ont des rémunérations en adéquation avec leur travail. Les perdants furent les éditeurs qui avançaient avec des idées fixes. Ils furent dépassés par les événements et durent plier bagage."

Via NouvoLivrActu.


mardi 27 février 2007

Sans famille, de Hector Malot

Dans La Force des émotions, publié aux éditions Odile Jacob, les auteurs, François Lelord et Christophe André, considèrent qu'il est difficile de trouver une grande oeuvre de fiction sans moments tristes (mort, séparation, etc.). "Sans doute parce que ces événements, écrivent-ils, sont inséparables de l'humaine condition, et que les grands créateurs, eux-mêmes rarement des joyeux drilles, ne peuvent éviter de s'en inspirer."

Ils prennent exemple du roman de Hector Malot, Sans famille, qui raconte les pérégrinations d'un enfant sur les routes de France. Pertes, séparations, vexations s'accumulent. Pourtant le roman connut un énorme succès, et, encore de nos jours, à la télé, par un téléfilm, ou même dans des mangas au Japon.

Les auteurs croient que l'une des clefs du succès du livre, auprès des enfants, viendrait "du fait qu'il leur évoque cette grande peur innée propre au jeune âge: l'abandon. Il les rassure en même temps en leur montrant un enfant qui y survit".

Hector Malot, dans Le Roman de mes Romans:

"C'est miracle, que les livres qu'on me donnait dans mon enfance ne m'aient à jamais dégoûté de la lecture...
"Dans Romain Kalbris, en souvenir d'un passé qui m'a laissé des rancunes vivaces, j'ai cherché à amuser ceux qu'on ennuyait, j'ai voulu leur donner le goût de la lecture et aiguiser leur curiosité au lieu de l'émousser; j'ai voulu aussi provoquer leur intérêt, émouvoir leur cœur, les attirer, les retenir, les amener à demander aux livres leurs joies ou leurs consolations. Dans le nombre de mes romans, quatre ont été inspirés par cette idée: le premier est Romain Kalbris, le second Sans Famille, le troisième La Petite Soeur, le quatrième En Famille."

Hector Malot: Sans famille. (PDF).


lundi 26 février 2007

Le livre gratuit sur Internet?

Éric, de isbn.wordpress.com, un blogue centré sur l'édition, écrivait, récemment, sur l'offre de la FNAC de proposer, pendant trois jours, en avant-première, la diffusion gratuite sur Internet du film Les petites vacances. "A quand une initiative similaire dans le monde de l’édition?" se demandait-il. Eh bien, oui, quand? Pourquoi les écrivains ne rendraient-ils pas disponibles sur Internet, en même temps qu'en librairie, leurs productions? Et pourquoi pas gratuitement? Je ne suis pas convaincu que ça nuirait nécessairement aux ventes du livre. Et d'ailleurs, même si ça nuisait, à voir les chiffres des ventes de la plupart des romans, il n'y aurait pas une grosse perte pour l'auteur. Il pourrait s'en remettre. Mais, bien sûr, l'auteur n'est pas seul dans l'affaire.

Pendant que Steve Jobs plaide pour une école débarrassée de ses livres de classe (ici et ), se tenait à Paris un colloque sur l’avenir du livre, baptisé Livre 2010. Compte-rendu dans La Presse: "Les professionnels de l'édition sont plutôt confiants dans l'avenir du livre, qui résiste mieux que d'autres produits culturels à l'arrivée du numérique, mais se préparent à un bouleversement technologique et économique du secteur dans les années qui viennent."

Mais bien sûr le livre électronique, c'est un truc pour les incultes. Dixit Anonyme sur le blogue la Littérature: "Je me dis que décidément tous ceux qui nous vantent les mérites des livres électroniques sont des gens qui... lisent peu, ou du moins lisent des livres qui ne sont pas des livres "compliqués". Ce sont des fondus d'informatique et de technologie, pas des universitaires, romanciers, poètes, et autres habitués des bibliothèques (privées ou publiques)."

Yusei, de Au joyeux ragondin, soulève une idée intéressante: "Verrons-nous une version dérivée de Crime et Châtiment où Raskolnikov ne tue pas la vieille? Où il échappe à la justice grâce à sa finesse d'esprit et son self-control?" Après tout, quand un cinéaste fait un film à partir d'un livre, il l'interprète à sa façon. Pourquoi ne verrait-on pas dix, cent versions d'un même livre? Avec une fin heureuse ou un changement de décor ou d'époque, ou même une version d'un lecteur qui a apporté ses propres modifications et les propose tout simplement à d'autres lecteurs... Un livre débarrassé de son auteur, quoi! L'auteur pourrait être payé pour écrire le livre, et après celui-ci ne lui appartiendrait plus. Un simple salarié. De toute façon, les écrivains sont des emmerdeurs.



La guerre d'Espagne

Décembre 2006, le Monde diplomatique traitait de romans dont le sujet était la guerre d'Espagne. Le romancier italien Bruno Arpaia, avec Du temps perdu, fait parler son personnage Laureano, sur le vingtième siècle:

«Vous savez ce que je pense? Que c’est vraiment un siècle de merde: il a dévoré lentement tous les idéaux, il les a fait se consumer dans les tragédies des cinquante premières années, brûlés comme dans une fournaise, et ensuite, avec cette fausse paix, il a fait en sorte que personne n’ait plus envie d’en rechercher d’autres. Le résultat, vous l’avez devant vos yeux: rien en quoi croire, rien à espérer...»

Dans le Monde diplomatique, lire aussi cet intéressant article:

Les écrivains et la guerre d’Espagne, par Emilio Sanz De Soto: "Dans leur immense majorité, les écrivains - à la suite de Malraux, Hemingway, Orwell, Ehrenbourg, Vittorini, etc. - choisirent de défendre la République et ses valeurs face à ce qu’ils sentaient venir comme principal danger des années 30 menaçant leur propre pays et la création artistique: le nazisme anthropophage et liberticide."

Image ci-contre: Guernica, de Pablo Picasso. (agrandissement)

"Le 26 avril 1937, au cours de la guerre civile d’Espagne (1936-1939), la petite ville de Guernica, foyer des libertés basques, fut détruite par l’aviation franquiste. C’était la première fois, dans l’histoire militaire, qu’une agglomération civile était entièrement rasée par un bombardement aérien. Le monde entier en fut ému. Le peintre Pablo Picasso, bouleversé par ce meurtre de masse, réalisa dans les semaines qui suivirent la célèbre toile que l’on considère comme son chef-d’oeuvre et l’un des sommets de la peinture du XXe siècle." - Emilio Sanz De Soto.

Deux romans sur la guerre d'Espagne:

André Malraux: L'espoir.
Ernest Hemingway: Pour qui sonne le glas.


dimanche 25 février 2007

La condition littéraire

Le sociologue Bernard Lahire a étudié le quotidien des écrivains dans La Condition littéraire. L’enquête, menée en 2004 et en 2005, s’appuie sur 503 écrivains, nés ou vivant et travaillant en région Rhône-Alpes, interrogés par le biais d’un questionnaire, et sur des entretiens réalisés avec 40 d’entre eux.

Olivier Metzger, pour Telerama, l’a rencontré, ce qui donne un passionnant entretien. Extraits:

«98% des écrivains exercent une autre activité professionnelle pour gagner leur vie; ceux qui vivent de leur plume sont des exceptions.

«Les intermittents du spectacle ont un statut, pas les écrivains. Et seule une infime minorité d’entre eux a la possibilité d’exiger des éditeurs des droits d’auteur élevés. Au fond, on pourrait dire que l’écrivain est au centre d’un système d’exploitation, au sens non pas polémique, mais technique du terme. À savoir que la création littéraire permet de faire vivre toute la chaîne du livre, de l’éditeur au libraire en passant par l’employé d’imprimerie, mais l’écrivain, qui est pourtant au cœur de cette chaîne, lui, n’en vit pas.

«71% des écrivains ont un niveau d’études supérieur... On assiste donc à un phénomène d’autocensure: des personnes moins diplômées ne s’autorisent pas à écrire et à publier... Ce qu’apporte l’école, c’est non seulement des compétences à lire et à écrire, mais aussi la possibilité de s’autoriser à penser qu’on peut le faire – une estime de soi et une assurance sociale qui permettent de se dire: pourquoi pas moi?

«L’idée que la valeur d’une œuvre se mesurerait à l’argent qu’on peut en tirer est très peu présente chez eux. Cela, c’est plutôt une logique de type Audimat: les chaînes de télévision sont fières d’annoncer le nombre de téléspectateurs qui les regardent. Mais pour un écrivain, la quête du succès peut être une source de danger pour la qualité, la singularité de l’œuvre qu’il poursuit. Son souci, c’est plutôt d’être reconnu comme un écrivain dont le travail apporte quelque chose à la littérature.»

Laurent Bonzon, pour la revue Sens public, a aussi rencontré Bernard Lahire:

«Dès lors qu'on prend conscience du fait que les œuvres littéraires permettent à des éditeurs, à des imprimeurs, à des libraires, etc., de vivre, alors même que leurs créateurs n'y parviennent généralement pas, il n'y a aucune raison de ne pas évoquer une situation d'exploitation. La situation actuelle (avec de faibles droits d'auteur) est le résultat d'un rapport de force qui est extrêmement défavorable aux écrivains.

«Il me semble que l'État a une énorme dette vis-à-vis des écrivains. En effet, l'école s'est historiquement saisie de la littérature en jugeant qu'elle était un important moyen de formation des citoyens. Or, elle peut enseigner aujourd'hui des écrivains sacralisés que l'État n'a pourtant pas beaucoup aidé dans le passé. Et il est tout aussi certain que des écrivains peu aidés aujourd'hui, et qui peinent à vivre, seront enseignés dans l'avenir. C'est cette situation qui justifie l'aide de l'État: tant qu'il y aura de l'enseignement de la littérature, l'État devrait se sentir concerné par les conditions de vie des écrivains.»

En entrevue encore, pour Regards: «Kafka n’a jamais vécu de sa plume. Mallarmé était professeur d’anglais. A moins d’être rentier, comme Flaubert, on ne peut pas espérer avoir un projet esthétique comme celui de Mallarmé sans exercer un second métier. Paradoxalement, les plus amateurs économiquement sont donc souvent les plus professionnels littérairement. Plus les écrivains sont forts dans leur art, moins ils ont de chance d’en vivre. Il faut être rentier ou avoir un conjoint dévoué pour se consacrer entièrement à la littérature. Vivre de l’écriture suppose, au risque de perdre le goût d’écrire, de publier un livre par an et d’en vendre à peu près dix mille.»

Bernard Lahire, sur le site des Éditions La Découverte: «En France comme dans la plupart des pays à tradition littéraire, [on ne dispose que] de très peu d’enquêtes fiables sur les écrivains.»

On peut télécharger les trente premières pages du livre sur ce même site (format PDF).

Voir aussi: Les damnés de la plume, dans Libération.


samedi 24 février 2007

Génération rose

J'aime bien le blogue Génération rose, tenu par Anthony Naglaa, "un jeune homme fort dérangé", et Français en plus, habitant Montréal. Des textes courts et punchés. Quelques perles extraites:

"Dans le milieu de la littérature, tout le monde couche avec tout le monde mais n’y voyez rien d’extraordinaire dans le milieu de la boulangerie aussi les gens baisent entre eux…"

"Dans la littérature quand une maison d’édition supporte et fait beaucoup de promos sur un livre écrit par une femme, cette femme a soit écrit Harry Potter, soit elle parle de sa chatte (Nelly Arcan, Catherine Millet, Christine Angot)…"

"Dans le milieu de la littérature française, tout le monde déteste Litell mais personne n’a lu les Bienveillantes."

"Dans le milieu de la littérature, tout le monde dit du mal de Marc Lévy mais quasiment tout le monde l’envie."

"Dans le milieu de la littérature, on se donne des prix littéraires entre amis mais là encore rien d’anormal, on veut tous toujours le meilleur pour nos amis."



Ici et là

Le film réalisé par Wolfgang Petersen est magnifique. Il était tiré d'un roman de Lothar-Günther Buchheim, Das Boot, "devenu l'un des plus grands succès de la littérature allemande au niveau mondial". -- Cyberpresse.

L'Illettré suggère que l'on fasse une pétition "pour demander à Mme Kodama de libérer les oeuvres de son défunt mari" Jorge Luis Borgès... Moi je suggérerais que l'on en signe une pour libérer les droits sur l'oeuvre d'Albert Laberge. Encore quatre ans à attendre!

Voilà un nouveau mot trouvé ici: "Contraction de Blog et de book, le blook est un livre publiant le contenu d'un blog. En avril 2006 s'est tenu le premier "Blooker prize", prix littéraire de la blogosphère." Le mot book inspire vraisemblablement plus les néologues que livre. J'ai tout de même vu quelque part le mot blivre.

À propos de néologismes, le Garde-mots propose un petit concours: il suffit d'envoyer les néologismes que l'on a créés et de voter pour ceux des autres participants. La personne qui aura recueilli le plus de voix aura gagné. J'aime bien celui-ci: époustébourrifant, autrement je ne trouve pas que les suggestions sont emballantes.

Dans l'Express: "L'un des plus beaux écrivains de langue française est belge. Jean-Claude Pirotte, né à Namur, établi dans le Jura...." Jugez vous-même ici.

C'est le plus vieux métier du monde. Je parle de celui d'écrivain public, bien sûr.

J'ai lu presque toute son oeuvre en moins d'un an, voilà déjà longtemps. Je savais que le grand Samuel aimait la musique, et pas seulement celle des mots. Trois compositeurs s'inspirent de son oeuvre, pour un concert au Centre Pompidou, le 29 mars prochain. Plus, ici.

Un blogueur qui sait ce qu'il veut: "Il est évident que ma vie n'a pas plus d'intérêt à vos yeux que vos commentaires aux miens. Vos commentaires ne m'intéressent pas. C'est pourquoi j'ai décidé de supprimer l'interactivité du blog."

Les blogues La feuille et Nouvolivractu recensent les nouveaux bébelles appareils ebooks qui sortent sur le marché. Alors, je passe ma petite commande. J'en veux un qui soit gratuit (je n'achète pas une paire de lunettes pour lire un livre, pourquoi je paierais pour une machine?), mais je suis tout de même prêt à investir jusqu'à cent dollars. Je voudrais aussi que l'appareil lise les formats PDF, le seul format valable à mon avis... Ah oui, je veux aussi un grand écran, 8 et demi par 11 par exemple... Pas besoin qu'il lise les MP3, ou qu'il fasse des confitures...


vendredi 23 février 2007

Xavier de Montépin

Depuis que je numérise des livres, je suis tombé sur deux livres-papier qui n'auraient tout simplement pas dû être publié: remplis de fautes, et du moins dans un cas, avec des passages manquants. Les deux volumes étaient dans des éditions gros caractères pour mal voyants. Les pauvres! On leur sert n'importe quoi! Je veux croire que, dans ce genre d'édition, ce n'est pas généralisé. D'abord, il y a eu Le crime de Rouletabille de Gaston Leroux (et ce livre a bénéficié d'une aide du Conseil des arts!); puis La porteuse de pain, de Xavier de Montépin, auquel il manquait toute une scène, livre que j'ai repris cet automne, dans une édition beaucoup plus sérieuse, Le Livre de poche. Je viens encore d'y faire quelques corrections mineures. Comme quoi le livre-papier n'est pas toujours au-dessus de tout soupçon, et le livre numérisé, lui, est perfectible, si on s'en donne la peine.

La porteuse de pain. PDF. 2400 Ko.



Ici et là

Jérôme Garcin, dans le Nouvel Observateur: "...l'image de l'éditeur parisien qui corrompt les critiques, achète les jurés et publie des livres par intérêt plus que par passion est ineffaçable. Peu importe qu'elle soit fausse, elle appartient au folklore germanopratin. Ces temps-ci, le cinéma et le théâtre s'emploient à la cultiver." -- Germanopratin, selon Wikipédia: qui se réfère à Saint-Germain-des-Prés. Le terme aurait une nuance d'ironie.

Le site Love, sexe'n gaudriole traite d'une lettre écrite par George Sand et adressée à Alfred de Musset. Il s'agirait en fait d'un canular rédigé à la fin du 19e siècle ou avant la première guerre mondiale. Dommage! Voyez un peu: "Je garde le souvenir de votre baiser et je voudrais bien que ce soit une preuve que je puisse être aimée par vous. Je suis prête à montrer mon affection toute désintéressée et sans calcul, et si vous voulez me voir ainsi vous dévoiler, sans artifice, mon âme toute nue..." Par contre, la lettre de Musset citée dans le billet serait authentique.

Dans le journal Voir, un article de Tristan Malavoy-Racine qui nous présente Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, qui font "la pluie et le beau temps sur le marché du 9e art francophone", avec, bien sûr, leur album Magasin général, dont j'ai déjà parlé.

Dans Le Monde, Benoît Yvert s'interroge sur l'avenir des librairies. Extrait: "La littérature a encore un bel avenir devant elle, car elle correspond à une "lecture choisie"; les gens continueront d'acheter ce qu'ils veulent conserver. Mais l'édition, c'est aussi de la "lecture subie", courte, d'information. Celle-ci sera de plus en plus consultée sur le réseau et n'encombrera plus à terme les rayons des librairies et des bibliothèques. Le vrai défi concerne donc cette zone qui représente entre 30% et 50% de l'édition."

Sur le blogue (très intéressant) de L'Illettré, récemment ouvert: "Il me semble qu'il existe deux extrêmes dans les manières de lire: l'un qui consiste à lire crayon à la main, à s'approprier pleinement le texte, quitte à le maltraiter un peu; l'autre qui considère le livre comme un objet d'art, et ne saurait tolérer la moindre page cornée, quitte à placer l'ouvrage sous verre (et sous vide)."

Bric à brac: un blogue tout particulier qui a une section livres particulière aussi.

Un beau site bien fait: Jacques Sternberg en solitaire. Jamais lu un de ses livres mais j'aimais bien le lire dans Le Magazine littéraire.


jeudi 22 février 2007

La terrible faim

Dans l'Express, Marc Riglet recense le livre l'Hécatombe des fous. La famine dans les hôpitaux psychiatriques français sous l'Occupation, par Isabelle von Bueltzingsloewen:

"De 1940 à 1945, 45 000 malades mentaux sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français. Nul ne jugea bon, tout au long de la période, de donner dans la presse le moindre retentissement à cette hécatombe. Que deux personnages célèbres - Antonin Artaud, qui survécut, et Camille Claudel, qui compte au nombre des victimes - aient été parties à cette tragédie ne soulèvera pas la chape d'indifférence qui pesa sur elle."

Voir aussi, dans Le Monde du 22 février, Dans les asiles des affamés de Vichy: "Eux-mêmes tenaillés par la faim, les Français ont été incapables d'établir une hiérarchie dans la souffrance: tout le monde a faim, se sont entendus répondre ceux qui réclamaient des suppléments pour les aliénés."



Jean Duvignaud

Jean Duvignaud, écrivain, sociologue, anthropologue, critique dramatique, est décédé à Paris le 17 février.

Décès du sociologue et romancier Jean Duvignaud, sur Cyberpresse.

Jean Duvignaud, dernière fête, dans Libération. "Il vient de mourir à La Rochelle, sa ville natale, à 85 ans. Professeur émérite de l'université de Paris-VII, après avoir enseigné à Tunis et à Tours, il était un maître socratique, doué d'une énorme capacité de partage, qui a formé de nombreux disciples et enrichi des générations d'étudiants."

L'homme de la fête est mort, dans Le Temps: "Il piétinait les frontières artificielles des disciplines et passait de l'enquête sur le terrain à l'écriture littéraire, de la sociologie de la fête ou du théâtre à l'analyse de la vie urbaine et des relations de pouvoir... Malgré une œuvre riche et diverse, il n'a pas eu en France le statut d'une grande figure. Pas assez structuré ni rationnel peut-être. Sans autre système que celui de ses inclinations et d'une curiosité sans limite."

Extrait d'un entretien (1995) avec Jean Duvignaud sur le site de l'Université de Paris XII:

"Hegel disait qu'il n'y a de liberté que dans les grandes villes, seulement il parlait pour le début du XIXe siècle. À l'époque, les villes étaient limitées, par conséquent le tête à tête des habitants était réel. Seulement, est-ce qu'on peut encore parler de ville? Est-ce qu'on peut encore imaginer ce qu'on appelle la ville, c'est à dire un lieu de densité sociale très forte. Je crois que cela est encore possible dans certaines villes moyennes. Je suis né dans une ville moyenne, La Rochelle, j'y retourne de temps en temps, et je fais des vœux pour qu'elle ne devienne pas une grande ville. Dans une ville moyenne, il existe un équilibre constant entre les échanges, l'existence, les voisinages et puis la flânerie. Est-ce qu'on flâne dans les rues de Paris? Très peu, peut être dans le VIe arrondissement autour de la Seine, mais c'est foutu maintenant. On circule à toute vitesse. Ou bien on va au Luxembourg, ce que je fais, mais ce n'est pas assez grand! Je me souviens que, lorsque Leiris est mort, un de ses amis, à son enterrement, m'a confié : "A la fin, il était très fatigué, il ne pouvait plus marcher. Et ça l'avait très attristé, parce qu'il aimait tellement flâner dans les rues de Paris". Camus pensait aussi que la flânerie était un phénomène important. Peut-on aujourd'hui se balader tranquillement dans les rues à Paris?"



Edith Wharton

À partir de lundi, et pour trois semaines, France-Culture présente en feuilleton une adaptation d'un roman de Edith Wharton (1862-1937), Les New Yorkaises.

"L'un des romans les plus caustiques d'Edith Wharton, intitulé en français Les New Yorkaises - dont le titre original, Twilight sleep, signifie littéralement "demi-sommeil provoqué", traduit bien l'état cataleptique des personnages - n'a pas été écrit in situ. Quand il paraît en 1927, il y a déjà cinq ans que la romancière a définitivement choisi de vivre en France, où elle mourra dix ans plus tard. La férocité du livre trahit l'ultime règlement de comptes, non seulement de l'auteur envers la société qu'elle a fuie, mais aussi envers l'Américaine moderne qu'elle aurait pu devenir en y restant..."

Les émissions sur France-Culture sont archivées sur le site pendant quelque temps.


mardi 20 février 2007

Blogues d'écrivains québécois

Je lis le blogue de Jean-Louis Lessard, Laurentiana, et je me dis qu'il reste bien des livres à numériser en littérature québécoise...

Je surfe sur un annuaire de blogues d'écrivains québécois, et je tombe sur cette page qui commence ainsi: "Elle était aussi misérable qu'un vieux kleenex détrempé." Ça m'a suffi. Bon, je serais de mauvaise foi, si je m'arrêtais à ça. Bien sûr, il y a des blogues plus intéressants. Dominic Arpin en recense quelques-uns ici. Mais j'arrive difficilement à entrer dans les univers des blogues littéraires, et moins encore, dans ceux des blogues de poésie. Je me dis, peut-être à tort, que ce que les écrivains laissent dans leur blogue, ce doit être quelque chose qui ne serait pas publiable sur papier. De toute façon, sur Internet, j'ai la fâcheuse habitude de faire, comme pour la télé, du zapping, et donc je n'y mets pas le temps qu'il faudrait; et comme disait Francis Pisani, que je citais dimanche, le web c'est peut-être pour lire vite, et probablement pas pour les élucubrations poétiques. Et, d'ailleurs, en matière de blogue, je préfère ceux qui causent littérature, comme celui des écrivains québécois ou celui d'Éric Simard.

Interrogation: cette page qui recense des blogues de littérature sur MonBlogue.com, la plupart n'ont qu'un ou deux billets.

Ces écrivains qui bloguaient: "Ce sont des écrivains parfois publiés, parfois non. Sur leurs blogues, ils racontent leurs états d’âme, laissent tomber au hasard quelques mots qui leur passaient par la tête, partagent leurs découvertes. On a beaucoup parlé du rôle du blogue dans l'avenir du journalisme. Or, le blogue comme outil de création littéraire me semble fort prometteur."



lundi 19 février 2007

Le Club des Sens

Le site n'est pas seulement dédié à la littérature, mais le Club des sens recense aussi plus de soixante-dix romans érotiques, d'auteurs connus, dont Apollinaire, Françoise Rey, Pauline Réage, Anaïs Nin, Catherine Millet, Sade... mais aussi d'auteurs moins connus, enfin, par moi... Souvent, un résumé du livre est proposé, avec un système de plus et de moins, et, ce qui ajoute encore de la valeur au site, les lecteurs peuvent donner leur avis, et plusieurs ne s'en sont pas privés. Sérieux et bien présenté! Un bon endroit pour trouver des suggestions de romans érotiques.


dimanche 18 février 2007

La fin du roman?

Dans Le Point, Jacques-Pierre Amette, en réponse au pamphlet de Tzvetan Todorov, La littérature en péril, annonçant "la mort imminente du roman et l'affadissement de notre culture littéraire":

"Finalement, cette Littérature, éternelle condamnée à mort, joue à cache-cache, tenace, opaque, jamais là où on l'attend (relire les féeriques erreurs de la critique de tous temps), et se porte comme un charme. Elle laisse superbement sur le côté les pleureuses professionnelles qui, depuis les frères Goncourt jusqu'à Paul Valéry, prophétisent son décès au nom de ce qui s'écrivait «avant». Loin des bigots, des liquidateurs et des nostalgiques d'une «autre» littérature, elle garde son formidable appétit. Elle amène sa fête dans sa curieuse taverne, même si certains la sifflent. Elle reste batailleuse et tolstoïenne... Sous les coups de marteau, elle rebondit. Sous les commentaires apocalyptiques, elle reverdit. Un vrai printemps, la Littérature."

Voir aussi, mais en anglais: The End of the Novel? par William Deresiewicz.



Les revues

Vendredi, Francis Pisani, sur son blogue Transnets: des gadgets aux réseaux, écrivait qu'aux États-Unis les magazines se portaient bien, pas tellement les magazines d'actualité que ceux spécialisés. Et il conclut son billet: "Je crois que c’est aussi une illustration de ce que ce qui se dit (et se lit) vite se lit sur le web alors que ce qui prend du temps (à expliquer ou à raconter) se lit plus volontiers sur papier… surtout s’il y a de belles photos."

Effectivement les revues, et parmi elles les revues littéraires, semblent bien se porter, un peu partout. J'en ai déniché de nombreuses, qui publient sur papier, mais d'autres aussi qui veulent se donner le look d'une revue-papier tout en ne diffusant que sur le web. J'ai retenu celles-ci:

"Vacarme est une revue trimestrielle publiée sur papier et archivée en ligne, qui mène depuis 1997 une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique." Mais elle jette parfois aussi un coup d'oeil sur la littérature, comme pour cet entretien très intéressant entre Toni Morrison, prix Nobel de littérature et le sociologue Pierre Bourdieu. Les quinze premiers numéros de la revue ont été intégralement mis en ligne, et plusieurs articles des numéros récents sont aussi présentés.

Les Moments littéraires est une revue semestrielle qui publie depuis 1999, privilégiant l'écrit intime. Elle publie journaux intimes, carnets de notes, correspondances, récits autobiographiques... quelques textes ont été mis en ligne.

La Femelle du requin est, comme son nom l'indique, une revue littéraire, qui publie depuis 1995. Nombreux textes en ligne, dont celui-ci, amusant, sur la poésie: Pouèt pouët pouêt fait le poète.

Enfin, Erudit, qui n'est pas une revue, mais un portail qui accueille des revues universitaires. À signaler particulièrement Voix et images, qui publie des articles portant sur la littérature québécoise.


samedi 17 février 2007

Sempé

Journal Français, qui se proclame le plus grand journal en langue française édité aux États-Unis, publie un très beau portrait du dessinateur français Jean-Jacques Sempé, auteur notamment du Petit Nicolas, et qui a réalisé à partir de 1978 la couverture de la prestigieuse revue américaine The New Yorker. Les albums du Petit Nicolas sont maintenant traduits en anglais. Sempé ne craint pas les pièges de la traduction:

«Je ne saisis pas très bien ces histoires de spécificité française. Quand Jacques Tati faisait un film, c’était un film essentiellement français, et c’est justement pour ça qu’il avait du succès à l’étranger, explique-t-il. Je ne pense pas que la différence de culture soit une barrière. Évidemment, j’ai parfois dessiné des choses que des gens qui ne sont pas français ne comprendront pas, mais c’est un risque à prendre! Les romans traduits subissent le même sort…» Et d’ajouter: «Si on fait attention à tout, alors on ne fait plus rien !»



Ici et là

Hier, 16 février, il y avait tout juste cinquante ans que cette fameuse cantatrice était jouée pour la première fois à Paris. Le théâtre de la Huchette a présenté alors la 15,761e représentation de cette pièce de Ionesco. Record inscrit dans le Guinness des records. La salle de la Huchette fait le plein, presque chaque fois. "[Les gens] se rendent à la Huchette comme à la tour Eiffel", dit Jean-Noël Hazemann, l’actuel directeur du théâtre. Voir Les noces d'or de "La Cantatrice chauve", dans le journal La Croix.

Le poème Une charogne de Charles Baudelaire est ici très joliment mis en image.

Truman Capote, "l'auteur de De sang-froid adorait les fêtes, les cuites et les people. Ses amis s'appelaient Marilyn, Chaplin, Garbo, Warhol..." Dans Le Nouvel observateur, on fait la recension de sa correspondance qui vient de paraître en France et on y présente quelques lettres.

De la grande poésie: "Mon voile n'est pas un mouchoir / C'est ma peau / Ma pudeur Ma dignité Mon respect / Et si toi immigrante de souche / Tu n'as ni foi ni loi / Et tu as passé ta jeunesse soule / D'un mâle à un autre / Ce n'est pas mon cas." -- Cyberpresse.

Je ne connais la vie des banlieues parisiennes que par le film La haine. Rachid Djaïdani, qui vient de publier Visceral au Seuil, "un roman coup de poing qui évoque la vie des jeunes de cités", selon Marianne à qui il accorde un entretien, raconte: "Pour être totalement sincère… je lis très peu. Dans ma vie entière, je n’ai pas dû lire plus de vingt livres. J’écoute les gens parler et c’est ça qui m’inspire. Quand j’étais gamin, je racontais des histoires à mes potes pour tuer le temps dans le hall de notre immeuble et je me faisais payer en brioches au chocolat!" Sympathique! J'imagine que son livre doit être assez dur à trouver de ce côté-ci de l'Atlantique.



Maisons d'écrivains

L'association Terres d'écrivains répertorient les maisons d'écrivains en France et se propose de nous faire découvrir les séjours et les lieux qui ont inspirés des écrivains, comme Proust, Walter Scott, Madame de Stael... Pour faire du tourisme littéraire sur Internet!

Le château de Monte-Cristo a été édifié en 1846 et 1847 à Port-Marly, près de Saint-Germain-en-Laye, à l'ouest de Paris.

Céline à Meudon: "L’aura d’un écrivain peut se mesurer à l’émotion ressentie à l’intérieur de sa maison. Celle de Céline inspire des sentiments contradictoires, mais fait néanmoins forte impression."

À la rencontre des maisons d'écrivains: "... les maisons d'écrivains ne sont pas seulement ancrées dans la réalité - une région, une époque, des meubles, des objets personnels - mais aussi dans notre imaginaire, notre culture et notre mémoire. Petit tour de France en dix maisons." À voir particulièrement, la chambre de Marcel Proust.



jeudi 15 février 2007

Léautaud - Robert Mallet

J'ai déjà parlé ici et de Paul Léautaud. Et surtout des célèbres entretiens radiophoniques entre Paul Léautaud et Robert Mallet. L'intégrale de ces entretiens a été mis en vente sur 10 CDs, mais ce n'est pas donné: environ 80 euros. C'est peut-être l'occasion de découvrir Fremeaux.com, un éditeur qui publient, entre autres choses, des enregistrements sonores tout à fait exceptionnels. Exemples: La gloire de mon père de Marcel Pagnol, lu par l'auteur; L'étranger d'Albert Camus, lu aussi par l'auteur, etc.

Vous pouvez écouter ici un court extrait (5:16) de cet entretien, où Léautaud parle de poésie. Sa manière de s'exprimer est pour le moins particulière.

Écouté hier soir, aussi, un long et savoureux extrait de ces entretiens entre Léautaud et Robert Mallet, à l'émission littéraire de Radio Ville-Marie, une radio plutôt tournée vers la vie religieuse, et qui peut être écouté en direct, mais les émissions ne sont pas archivées. C'est les mercredis à 19h30 pour l'émission littéraire (heure de Montréal bien sûr).



Ici et là

En 2003, une émission d'Enjeux à la télé de Radio-Canada traitait de l'argent et des écrivains. La page est joliment présenté et est encore d'actualité, même si ça n'apprendra probablement rien aux principaux intéressés. On peut aussi lire, pour compléter, cet article du Devoir, qui, en 2004, recensait un ouvrage du professeur de littérature Robert Yergeau sur "les rapports troubles" entre les écrivains et l'argent.

Le philosophe Michel Onfray vient d'ouvrir (9 février) un blogue. Pour l'instant, il cause des présidentielles. Quel ennui! les présidentielles, je veux dire!

Ici, Pierre Assouline explique que le baisemain aux dames est une invention relativement récente (début du vingtième siècle). Et il conclut son billet en formant "le vœu qu’en 2007, nous ayons à cœur de réintroduire juste un peu de délicatesse dans la vie de tous les jours".

Nathalie Petrowski: L'amour (enfoui) des livres, dans La Presse, où j'extrais ceci: "Héberger 500,000 volumes dans un fouillis absolu, ce n'est pas leur rendre service. C'est les dépersonnaliser, leur voler une partie de leur identité et réduire leur rencontre avec le lecteur à un jeu de hasard. Un aussi gros volume n'a d'intérêt que si les parties qui constituent son ensemble sont identifiées et classées, sinon tout cela n'est que papier et taches d'encre."



Jacques Ferron

Extrait d'un long entretien avec Jacques Ferron, deux ans avant sa mort, en 1985:

"Il est arrivé un événement qui m'a détourné du politique, du moins pour un temps. J'ai tenté de me suicider le vendredi 13 août 1976. Je me suis raté, mais comme le suicide est une chose grave, il faut que tu passes en psychiatrie. J'ai alors réalisé un peu le rêve qui me hantait depuis quelque temps en me situant dans la folie au lieu de la voir de l'extérieur comme un bel esprit. À la suite de ma tentative ratée, je me suis fait traiter par un psychiatre anglophone. À ce moment-là, je ne voulais voir personne, je ne pouvais rien dire à personne, les preuves d'affection m'affligeaient parce que je ne pouvais les rendre; le psychiatre me faisait signer des petits contrats, des contrats de vie de trois mois; je me suis laissé prendre au jeu et pendant ce temps mes enfants achevaient de se libérer."

L'entretien a paru dans Voix et images et est disponible en téléchargement ici en format PDF.

Voir aussi ce très beau site consacré à Jacques Ferron.

"Comme ça, au prochain sondage, au lieu de dire des sottises quand on vous demandera de nommer l'écrivain québécois le plus important vous direz ce qui est, de toute évidence: Jacques Ferron." (Pierre Foglia, La Presse, 17 décembre 1992)


mercredi 14 février 2007

Sauvés du pilon!

En France, on détruirait chaque année 100 millions de livres. Et au Québec, parfois les livres s'en vont au dépotoir. Joseph Périgot, lui, se propose de sauver ces livres du pilon. Comment? Eh bien, en les vendant sur Internet. Je ne suis vraiment pas sûr que ça se précipite. Déjà que beaucoup pensent que sur Internet tout doit être gratuit. Et par ailleurs ce n'est pas si facile de s'y faire connaître. Sur les blogues, par exemple, il y a les vedettes, qui écriraient n'importe quoi, que plein de gens y viendraient reluquer. Et il y a tous les autres, dont la majorité ont un auditoire... disons confidentiel. Personne ne va acheter un livre dont personne ne parle ou dont on n'a jamais entendu parlé de l'auteur. Mais ça vaut tout de même la peine d'essayer. Sur son site, Joseph Périgot se propose d'aider les auteurs dans cette démarche.

"Votre éditeur solde ou pilonne: remerciez-le! De toute manière, il ne s'occupait plus de votre bouquin", écrit-il.



mardi 13 février 2007

Les intellectuels

Dans le Journal de Montréal, Brigitte McCann qualifie Daniel Pinard d'intellectuel. Mais qu'est-ce qu'un intellectuel? Quelqu'un qui se croit plus intelligent que nous, diront certains. À travers le web, j'ai essayé d'en trouver une meilleure définition. Voici:

Ici, quelqu'un se demande si un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche. Et un autre pense que le "faux" intellectuel est celui qui répond à une question par une autre question de manière à renvoyer la balle et semer le trouble. Et celui-là définit l'intellectuel comme quelqu'un qui est capable de penser pendant plus de deux heures à autre chose qu’au sexe.

Quelqu'un qui a laissé un commentaire sur un billet de Maître Eolas: "une personne qui fait travailler son esprit plus que le reste!"

Et : "C'est un type totalement rassuré de voir qu'il n'est pas compris!"

Jean-Edern Hallier: "C'est un écrivain raté."

Et ma propore définition: c'est quelqu'un qui répond "peut-être" à toutes les questions qu'on lui pose.

Image: caricature de Gustave Flaubert, parue dans The New York Review of Books.



Michel Butor

Michel Butor, qui a délaissé le roman pour la poésie:

"Parce que, peu à peu, au fil des années 1960, j'ai constaté que le roman était pour moi un genre trop étriqué: cette forme littéraire si contraignante ne me suffisait plus pour intégrer ce que j'avais à dire. Je crois que notre société a beaucoup trop évolué - sur les plans affectif, sociologique, moral, sexuel - pour que le roman puisse désormais l'appréhender. C'est un genre ancien, qui a été codifié au XIXe siècle afin de parler de la société de ce siècle-là. Notre société ayant radicalement changé, nous devons trouver de nouvelles formes narratives pour la mettre en scène."

Toute l'entrevue, sur L'Express livres.


dimanche 11 février 2007

La citation de la semaine

Le petit champignacien illustré:

"Chaque mois, les Québécois se trouvent un nouveau sujet de dispute sur le langage. Parfois, c'est le langage ordurier, ou les anglicismes, ou les enseignes, ou le québécois standard, ou les rectifications orthographiques. Cette fois, il s'agit du lexique qui serait considéré par certains comme trop éloigné du langage courant, comme trop intellectuel et abstrait. Cela ilustre à mon avis plusieurs traits de la société québécoise: un fort ressentiment envers les élites françaises, une tendance à la dévalorisation de soi ou à la méfiance envers ceux qui pourraient juger, une imprégnation plus populaire qu'ailleurs ce qui conduit à l'anti-intellectualisme."



Calamity Jane

Qui a lu Lucky Luke connaît Calamity Jane; le personnage a vraiment existé, pourtant. Jérôme Garcin, dans le Nouvel Observateur, la présente ainsi:

"Elle portait des habits d'homme et tirait, à la Winchester, sur tout ce qui bouge. Les Sioux la craignaient, les cow-boys aussi. Elle fut l'éclaireuse du général Custer, posa les rails de la Northern Pacific, se battit dans les rangs du septième de cavalerie, galopa de l'Utah au Wyoming, et termina sa vie dans le spectacle itinérant de Buffalo Bill. J'ai nommé Martha Jane Canary, alias Calamity Jane (1852-1903), dont la tempétueuse légende fut portée à l'écran par David Butler et trahie dans «Lucky Luke», où elle apparaît comme une criminelle. Elle n'était qu'une excentrique flamboyante, un peu trop portée sur la gâchette et la bouteille."

On vient de publier ses Lettres à sa fille, chez Rivages. Mais des historiens pensent que ces lettres n'ont pas été écrites par Calamity Jane, ils estiment d'ailleurs qu'elle était analphabète. À ce propos, voir cet intéressant article de Laure Noël sur Clio.

Plus sur Calamity Jane, dans Wikipedia.

Calamity Jane en écrivain et tendre maman, dans Le Monde.



Knut Hamsun

Le Magazine littéraire de ce mois-ci traite de la Revue blanche, publication qui a paru de 1892 à 1902 et qui a accueilli dans ses pages de grands noms de la littérature tels que Dostoïevski, Tolstoï, Alfred Jarry, Alphonse Allais, Anton Tchekhov... La revue a aussi fait paraître des livres, dont Le surmâle d'Alfred Jarry. Et c'est l'occasion pour l'auteur de l'article de rappeler le bel incipit de ce livre:

«L’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment.»

Ce que l'article ne dit pas cependant, c'est que Gallica a numérisé la revue. Et j'en ai tiré cette drôle de nouvelle de Knut Hamsun, auteur dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais.

Les trois nuits de fer (PDF).



samedi 10 février 2007

Le grisonnement de la culture

Dans le Devoir d'aujourd'hui, Stéphane Baillargeon s'interroge: "Le glas sonne-t-il de plus en plus fort pour les formes traditionnelles des arts et de la culture?"

"La lecture des livres et des journaux intéresse de moins en moins les jeunes. Les têtes blanches se multiplient dans les salles de spectacle. Même les concerts rock attirent une majorité de has been de 35 ans", écrit-il.

Les jeunes préfèrent le cinéma, l'ordinateur et la télé. "Au vieil âge les vieux divertissements, comme l'OSM, le TNM ou Le Devoir..."



vendredi 9 février 2007

Ici et là

Très intéressants échanges entre Richard Millet et Jean-Marc Roberts, hier, dans le Figaro littéraire, à propos de l'état du roman et de son avenir. "Je suis optimiste pour le roman, mais pessimiste sur notre époque qui est antilittéraire. Le pire, ce sont les blogs: non seulement les gens ne lisent plus mais ils ne vivent plus. Interdisons les blogs!", dit Jean-Marc Roberts. Et Richard Millet: "Ce qui fait un écrivain, c'est l'invention d'une langue, d'un rythme singulier. C'est sa puissance. Sa sensibilité politique, ni le genre littéraire à travers lequel il s'exprime ne font rien à l'affaire."

"Les gens achètent des livres papiers parfois pour les lire mais surtout pour les exposer sur les rayons de leur bibliothèque afin que le visiteur sache à quel type de formidable érudit il a affaire: Oh, les bienveillantes, tu as aimé?" -- un très amusant billet sur le blogue de Comment écrire un roman.

Les jeunes ne lisent plus, les cahiers littéraires rapetissent dans les journaux, les émissions littéraires à la télé... quelles émissions littéraires?... la critique est en voie de disparition... Quand tout va mal, selon Nicolas Dickner du magazine Voir.

Mais il y a un endroit où tout va bien. C'est en Chine. "Le marché de la culture est entré dans une phase de prospérité et l'intérêt culturel de la population ne cesse de croître", écrit le Quotidien du Peuple.


jeudi 8 février 2007

Est-ce que les écrivains lisent?

Dans le Nouvel Observateur d'aujourd'hui, Jean-Louis Ezine a cette réflexion intéressante: "Les écrivains ne s'admettent guère lecteurs, de peur qu'on les soupçonne d'aller prendre leurs idées, leur inspiration, voire leurs phrases, chez les autres." Il cause du livre de Pierre Bayard, dont on semble beaucoup accrocher sur le titre: Comment parler des livres que l'on n'a pas lus?



Des livres téléchargeables

On connaît Numilog, une librairie en ligne, dont le catalogue est imposant, mais dont les ouvrages offerts en mode numérique sont beaucoup trop chers. Maintenant il y a aussi l'Atelier de presse, qui offre des ouvrages au format PDF pour le tiers du prix du livre-papier. Comme l'éditeur économise 65% du prix des livres en éliminant les frais d'impression et de distribution, ça me semble tout à fait normal, non?

Voir Des livres téléchargeables à prix cassés, dans Le Monde d'aujourd'hui.



Le livre audio

Le marché du livre audio représente à peine 1% des ventes en France. Cependant, il s’ouvre depuis quelques années à un public plus large que celui des aveugles et des malvoyants. «Tous les ans, environ 200 titres nouveaux apparaissent dans ce secteur. Généralement les ventes ne dépassent guère les quelques milliliers d’exemplaires», souligne Laurence Deschamps, chargée du rayon littérature à la FNAC forum, à Paris.

En matière de livres audio, les titres d’histoire ou de sciences humaines sont plus prisés que les romans ou les textes purement littéraires.

Et l’avenir serait au téléchargement sur Internet! Des maisons comme Virgin et Numilog offrent maintenant des titres en téléchargement. La maison Livrior, dont la devise est «Ce qui se lit, s’écoute» se spécialise dans les livres audio à télécharger ou à acheter sur différents supports (CD, DVD ou autre). Même la SNCF offre aujourd’hui des «webcasts» littéraires.

Source, en partie : L’Orient littéraire, supplément littéraire du journal L’Orient le jour (Liban), qui paraît chaque premier jeudi du mois et est disponible en libre téléchargement.

Supplément de février 2007 (PDF) de l’Orient littéraire.



"Slow reading"

À la manière du "slow food", le "slow reading", c'est la lecture de textes "lentement et avec respect" (voir Lancelot R. Fletcher de la Freelance Academy), qui est en sorte une réaction à la "fast reading", la lecture rapide, qui inciterait à la pensée rapide, donc courte, et qui amènerait souvent à se tromper, justement en raison de cette rapidité.

"L’intelligence d’un texte ne s’acquiert que par une lecture lente, attentive et même répétée", écrit Michel Volle.

La lecture d'ouvrages en groupe est associée à la "lecture lente": des gens, et maintenant avec Internet, partout dans le monde, se mettent à lire le même livre, l'exercice consistant à échanger leurs réflexions, leur compréhension du texte... Claude Gagnon, du département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit à Montréal, parle ici d'une semblable expérience qui s'est faite avec le traité De l'âme d'Aristote.

Image ci-contre: La liseuse, de Renoir.


mercredi 7 février 2007

Jean-Paul Dubois

Jean-Paul Dubois, en septembre 2004:

"Bush n’est que l’administrateur provisoire d’un pays régi par l’économie et le profit. Lui est le gérant actuel, un gérant stupide, malhabile, qui ne remet pas en cause le fonctionnement du pays. Mais les Etats-Unis ont toujours été impérialistes vis-à-vis du monde, et même à l’intérieur de leurs propres frontières. Il n’y a qu’à voir leur politique de santé. C’est vraiment du libéralisme à tout crin. Ceux qui vont venir après Bush n’auront pas une vision plus humaniste. Ce pays est d’une violence sans bornes. Ma fascination pour les Etats-Unis est morbide."

Tout l'entretien.


samedi 3 février 2007

Ici et là

Anne Archet a eu la jouissive idée de proposer l’ensemble des "fragments érotiques" publiés sur son blogue, en un document au format PDF. Et en plus c'est admirablement bien mis en page. Extrait: "Je m’appelle Mademoiselle Annie Laberge et je suis professeur d’histoire et je ne souris jamais et je ne sais faire que des remarques sarcastiques en classe et surtout sur les copies d’examen mais personne ou presque ne sait que je mène une double vie sous le pseudonyme d’Anne Archet et que j’écris des textes cochons que je publie sur le web..." C'est ici pour le téléchargement du document.

Didier Jacob, l’un des chroniqueurs du service Livres du Nouvel Observateur, tient un blogue: Rebuts de presse. Dans Pourquoi faire profond quand on peut être plat?, les choses ne vont pas bien pour Carla Bruni.

Ça fait quelques semaines que je vois cette nouvelle dans les journaux du web: Le romancier turc Orhan Pamuk, prix Nobel 2006 de littérature, est menacé de mort dans son pays. À côté, il y a sa photo, où on le voit franchement rigoler. Il y a peut-être un rapport entre les deux. (La Presse)

"La Vénus littéraire est dédié à l'érotisme dans l'art, littéraire ou graphique, et à l'exigence littéraire et artistique dans ce qui touche au domaine érotique."

Le journal Le Figaro rappelle des cas d'écrivains (Flaubert, Baudelaire) qui ont dû faire face à la censure. L'avocat Ernest Pinard qui va requérir contre Baudelaire dit: «On ne poursuivra pas un livre immoral qui n'aura nulle chance d'être lu ou d'être compris; le déférer à la justice, ce serait l'indiquer au public, et lui assurer peut-être un succès d'un jour qu'il n'aurait point eu sans cela.» Et Flaubert, après le procès pour son roman (il est acquitté): «Et puis l'avenir m'inquiète: quoi écrire qui soit plus inoffensif que ma pauvre Bovary traînée par les ­cheveux comme une catin en pleine police correctionnelle?»

Le magazine Lire consacre son numéro courant à Molière. Le site donne même accès au dossier, dossier où, entre autres choses, on se demande si Molière a vraiment écrit ses pièces, si Corneille était le nègre de Molière...

Lydie Salvayre, sur le paysage littéraire français actuel: "J’ai le sentiment qu’ou bien on aborde des sujets d’une immense fadeur qui plaisent à tout le monde, on caresse l’opinion dans le sens de son poil, on ne parle pas de sujets qui fâchent et c’est très bien, ou bien on fait de la provocation au bazooka, très scandaleuse. Mais la grandeur de la littérature qui serait de provoquer sans tambour, de façon imperceptible, a du mal à trouver sa place."

La maison d'éditions Les Allusifs, située à Montréal, privilégie la publication de courts romans. Et paraît-il que sa fondatrice, Brigitte Bouchard, a un "mignon accent québécois" (Le Soir, Belgique).

People: le mot semble à la mode en ce moment en France. Même le Figaro s'y met: "Les «people» au programme des collèges et lycées."


vendredi 2 février 2007

Ah! le sexe!

Les écrivains, oh! monsieur, madame, ça aime le sexe. Tenez, ceux-ci ont déclaré:

Michel Houellebecq: "Je suis meilleur que les autres dans les scènes de sexe. Les miennes paraissent plus vraies."

Nelly Arcan: "Le malentendu qui peut exister est que je suis une femme qui aime le cul. Ça ne me trouble pas de cette façon dans mon corps autant que dans l’esprit parce que… je suis vraiment ordinaire sexuellement, assez straight même (rires). Je suis intriguée par le sexe parce que je ne comprends pas la façon dont on l’étale."

Alina Reyes: "Depuis quelques années j’ai commencé à me montrer nue en effet, la première fois c’était dans le magazine ELLE qui s’est trouvé fort embarrassé de ma demande…"

Anthony Burgess: "En réalité, soyons honnêtes: le sexe et la religion sont les deux seules choses dont il importe de parler, n'est-ce pas?"

Philippe Djian: "Si je tombe sur une scène scabreuse en commençant un livre et que je vois que l'auteur s'y prend mal, j'arrête tout de suite. Je trouve que c'est dans ces scènes-là qu'un écrivain se révèle vraiment. Tous ses défauts ou toutes ses qualités vont apparaître. S'il en fait pas assez, qu'il reste en deçà, dans l'érotisme bidon, c'est fichu, et s'il en fait trop, qu'il sait pas s'arrêter, qu'il sombre dans l'exagération, c'est fichu aussi."

Et, pour tout terminer (il n'est pas écrivain celui-là), Jean-Luc Godard: "Il y avait la civilisation athénienne, il y a eu la Renaissance, et maintenant on entre dans la civilisation du cul."



Constance de Salm

Le supplément Livres du journal Le Monde est particulièrement intéressant cette semaine. Outre une recension d'un livre de Pierre Combescot, qui nous fait découvrir un personnage plutôt original, Leonora Galigai, Josyane Savigneau nous parle d'un femme, complètement oubliée aujourd'hui, Constance de Salm (1767-1845), qui a écrit, entre autres choses, un unique roman, publié de manière anonyme en 1824: Vingt-quatre heures d’une femme sensible ou Une grande leçon; "quarante-quatre lettres écrites par une femme à l’homme qu’elle aime, en une nuit sans sommeil et une journée d’angoisse, pour dire tous les tourments de la jalousie", écrit Josyane Savigneau.

Extrait de l'article:

"Constance de Salm a en effet écrit des poèmes, sans doute pas inoubliables, et des drames, peut-être moins réussis que cet unique roman. Elle tenait un brillant salon, où elle recevait notamment Jean-Baptiste Say, Talma, Houdon, Girodet, Alexandre Dumas, Stendhal... Ses contemporains admiratifs la surnommaient «Muse de la Raison» ou «Boileau des femmes»."

Le roman de Constance de Salm est disponible en mode image sur Gallica. Il m'a paru intéressant. J'ai commencé à le numériser...

D'autre part, comme toujours, le supplément Livre du journal Le Monde (2 février) est disponible en téléchargement au format PDF.

Dans Le Figaro: Une femme des Lumières sort de l'ombre.


jeudi 1 février 2007

Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder (sur la photo, il ne paie pas de mine, je crois qu'il est malade!) tient une chronique pour le magazine Lire; il écrit que le milieu littéraire est dû pour une révolution:

"Les éditeurs devraient réorganiser leurs services de lecture (sauf Gallimard). Les manuscrits reçus ne sont pas lus, ou mal, ou trop vite, par des stagiaires débordés ou des étudiants sous-payés qui font des fiches bâclées et ratent les textes importants. Les attachées de presse devraient s'interroger sur l'utilité d'envoyer les auteurs au casse-pipe sur des plateaux humiliants, encombrés, stupides et frustrants. Les auteurs devraient tous prendre un agent pour cesser de se faire escroquer... Et surtout, les animateurs d'émissions littéraires devraient reconsidérer leur manière de travailler. Si l'auteur du «meilleur livre» de 2006 selon Lire dit qu'il ne voit aucun plateau susceptible de l'accueillir décemment à la télévision, il y a de quoi se poser des questions. Littell a accordé des entretiens à la presse écrite et à la radio, pourquoi est-il si effrayé par la télé? Parce qu'il a compris, et il n'est pas le seul, que la littérature n'a plus besoin du petit écran pour se faire connaître, et même qu'au contraire l'image contrevient au désir de lire..."



Littérature, hamburger et nombril

"Les histoires du jeune sorcier [Harry Potter] sont un peu à la littérature ce que le hamburger est à la gastronomie." - Jeune Afrique. Tout de même! Par ailleurs c'est dans ce même journal que l'on apprend que la Grande-Bretagne se distingue aujourd'hui par "l’éclosion sur son sol d’une kyrielle d’écrivains originaires de son ancien Empire": Salman Rushdie, Monica Ali, Michael Ondaatje, Zadie Smith, Ben Okri ou encore Hanif Kureishi...

Plus loin, dans ce même article, il y a cette considération de l'auteur: "Alors qu’en France les écrivains regardent leur nombril, leurs collègues outre-Manche font et refont le monde. Et ce avec un sens de la dérision à nul autre pareil. Grâce à quoi Jonathan Coe, William Boyd, Evelyn Waugh, David Lodge, etc., ont conquis un vaste public hors de leurs frontières."

Décidément, en ce moment, la littérature française et les écrivains français n'ont pas la part très belle.



Le feuilleton au Québec

Dans la dernière moitié du dix-neuvième siècle, comme en France, le feuilleton devient très populaire au Québec. Mais contrairement à ce qui se fait en France, les romans qui paraissent ici en feuilleton, dans les journaux, sont reproduits le plus souvent sans l'autorisation de leurs auteurs, et souvent même sans que le nom de l'auteur soit spécifié. Ce sont les propriétaires des journaux qui encaissent les profits, et, à ce traficotage, s'ajoute souvent un non-respect de l'oeuvre. Extrait du document cité plus bas:

"De façon générale, les modifications apportées aux romans français se font à l’insu de l’auteur. Armés de ciseaux, les correcteurs agissent comme si le texte leur appartient lorsqu’ils transforment les ouvrages qui renferment des chapitres jugés immoraux. Le rédacteur de La Minerve écrit en 1883 à ce propos: «Pour un journal qui modifie de la sorte un feuilleton, n’est-ce pas une mesure de précaution dont on doit le louer que de changer même le titre?»

Source: Le roman-feuilleton français dans la presse périodique québécoise à la fin du XIXe siècle, par Kenneth Landry. Ce très intéressant article de la revue Études françaises peut être téléchargé au format PDF.


 

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