La Bibliothèque électronique du Québec

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lundi 12 mars 2007

Langue française

Du 10 au 20 mars 2007, c'est la Semaine de la langue française, qui se clôture avec la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars. Le thème de cette douzième Semaine de la langue française est celui des "mots migrateurs". Plus d'infos, ici.

Sur Evene: "Placée sous le thème de la migration, la Semaine de la langue française met à l’honneur dix mots venus d’ailleurs pour dire l’interpénétration des cultures et ouvrir l’horizon d’une francophonie à la reconquête du Vieux Continent." - Les dix mots qui ont été choisis pour 2007: abricot, amour, bachi-bouzouk, bijou, bizarre, chic, clown, mètre, passe-partout et valser.

Dans la Presse d'aujourd'hui, Quand les mots français flirtent avec l'anglais. Les mots français empruntés par l'anglais américain sont étonnamment nombreux: déjà vu, du jour, à la carte, par excellence, cul-de-sac, bête noire, femme fatale, crème-de-la-crème, brouhaha, savoir-faire, etc. «En général les mots empruntés au français l'ont été parce que la France avait une image stéréotypée d'élégance, de raffinement et de culture générale», affirme Loretta Clough, directrice adjointe de l'école des langues de l'Université du Maryland. Où on voit qu'il n'y a pas qu'en France où on aime les emprunts à une autre langue.


lundi 12 février 2007

"C'est un truc de ouf!"

Pour les gens qui manquent de vocabulaire, il y a ce wiki où on recense tout plein d'expressions parfois amusantes, qu'utiliseraient les jeunes Français, ou du moins certains jeunes Français: Nique lui sa race à ce bouffon! - Il m'a carotte un zedou de teuchi, l'bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grave. - La prof d'anglais elle a des veuch tout chelous.

Djeuns: "Dérivé du français jeunes qui à l'origine désignait les personnes non-âgées. Ce terme est employé pour citer les personnes ayant les derniers objets et pensées à la mode. Il qualifie également et de façon plus restrictive les porteurs de baskets et de jean's se traînant partout avec le regard hagard... Tout djeuns qui se respecte vit dans la précarité, car sans cela il déchoit de sa dignité et est considéré comme prématurément vieux." - Et pour une mise en application de tout ce savoir, voir Comment vous faire aimer des djeuns.

Langage SMS: Short message service, ou texto, ou messagerie texte, ou minimessage, ou... Ici, on peut trouver de nombreuses abbréviations, en français et en anglais... Ici encore, il y a un outil de traitement automatique du français vers le langage SMS. Ainsi, eh ben, on en apprend des choses! donne: eh ben, 11 en apprend 2 chozes!

Enfin, un outil essentiel, Dikortograf: vous entrez un mot, et il vous propose une orthographe alternative. Via Ortograf.net qui se propose de réformer l'orthographe. Vaste projet!



Les accents de France

Le site Les accents des Français, basé sur une cassette-livre de Pierre Léon et Fernand Carton, publiée en 1983 aux éditions Hachette, présente les différents accents des régions de France, propose une brève présentation géographique et linguistique et explique les particularités phonétiques du français régional. Des enregistrements audio illustrent aussi les différents accents régionaux.

Il y a aussi une belle page où on explique pourquoi le français dit standard auquel on se réfère est souvent défini comme le français des Parisiens de milieux bourgeois ou intellectuels.

Cependant, les auteurs du site font cette mise en garde: "Les enregistrements sont relativement anciens, ils datent tous d'il y a au moins vingt ans. Depuis, la prononciation du français s'est considérablement homogénéisée sur tout le territoire. Il ne s'agit donc pas d'une panoplie d'accents représentatifs de la situation actuelle, mais de ce qu'elle était il y a une génération."



lundi 5 février 2007

Ces langues qui vont disparaître

La linguiste Colette Grinevald est chercheur au laboratoire dynamique du langage de l'Institut des sciences de l'homme Lyon-II. Spécialiste du monde amérindien, elle a aidé l'Unesco à définir les critères de vitalité des langues. Elle accordait un entretien à Laure Belot et Hervé Morin, pour le journal Le Monde, le 31 décembre 2005.

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jeudi 25 janvier 2007

Claude Hagège: l'anglais vs le français

Le linguiste Claude Hagège est professeur au Collège de France; il est l'auteur de nombreux livres sur la langue et les langues. Il a publié, notamment, le Français, histoire d'un combat, L'Enfant aux deux langues, Le Français et les siècles et Halte à la mort des langues. Extraits d'un entretien qu'il accordait à Pascale-Marie Deschamps, en 2002, et dont les propos sont repris sur le site Défense de la langue française (DLF):

"Sur un plan strictement linguistique, rien ne prédispose une langue à l'emporter sur une autre. La facilité de l'anglais telle que peut le percevoir le public est à cet égard une absurdité totale. Aux yeux d'un linguiste professionnel, l'anglais est l'une des langues les plus difficiles du monde. Sa domination actuelle est avant tout l'expression de la suprématie économique et politique des États-Unis et du monde anglophone en général. Elle n'a donc intrinsèquement rien de fatal ni d'irréversible."

"Mais, contrairement à ce que l'on croit, jamais le français n'a été autant parlé qu'aujourd'hui et c'est un signe positif très encourageant. À l'époque classique, le français était la langue des élites européennes, celle des cours et de l'aristocratie. Mais le malheureux paysan qui travaillait durement pour son monarque ou pour son noble ne parlait pas un mot de français et s'en moquait complètement. Aujourd'hui, le français est répandu bien au-delà de la seule Europe et en plus, il se démocratise. L'exigence puriste qui lui a nui beaucoup plus qu'elle ne l'a servi est heureusement en train de disparaître. Car l'une des raisons de la forte diffusion de l'anglais est qu'il est perçu comme plus démocratique que le français."

Dans cet autre entretien, sur le Forum franco-allemand, Claude Hadège se dit favorable à l'enseignement aux enfants très tôt de deux langues en plus de leur langue maternelle:

"Je considère que le seul avenir possible pour l'Europe c'est le multilinguisme, c'est l'une des thèses principales du Souffle de la langue et aussi d'un livre antérieur, L'enfant aux deux langues; le titre de ce dernier livre est par définition destiné à suggérer que le secret réside dans l'éducation scolaire. Le bilinguisme scolaire précoce, c'est-à-dire l'enseignement aux enfants très tôt de deux langues en plus de leur langue maternelle, est pour moi une nécessité. Si on introduit une réforme rendant obligatoire l'apprentissage de deux langues en plus de leur langue maternelle dès l'école primaire (lorsque l'enfant a entre 5 et 7 ans), le principal problème disparaîtra, à savoir que si les familles choisissent prioritairement l'anglais, elle devront également choisir une autre langue. En revanche, si une seule langue obligatoire est instituée dans l'enseignement primaire précoce, alors ce sera l'anglais parce que cette langue sera naturellement choisie de manière majoritaire par les familles, ce qui engendrera la mort progressive des autres langues. Pour ces raisons, je suis donc favorable à un bilinguisme précoce et j'énumère même dans L'enfant aux deux langues les noms de ces langues qui sont principales en Europe: l'italien, l'espagnol, le portugais, le français et l'allemand, en plus de l'anglais dont la présence est, hélas, très forte."

En 2006, le même Claude Hagège, en entretien dans le magazine Voir, affirmait que la loi 101 du Québec devrait être un modèle linguistique pour les Français et les francophones d'Europe:

"À une époque où les Européens, notamment les Français, sont de plus en plus obnubilés par la culture américaine et la langue anglaise, je pense sincèrement que la loi 101, et le comportement exemplaire des Québécois en matière linguistique, non seulement peut, mais doit servir de modèle à tous les francophones d'Europe. J'ai toujours dit que les Québécois étaient un modèle à suivre puisque un îlot de quelque 7 millions de francophones immergé dans un océan de quelque 260 millions d'anglophones canadiens et américains, c'est une situation absolument intenable et dramatique. Sans la loi 101, le français serait sans doute mort aujourd'hui au Québec. Pour le Français et l'Européen que je suis, la loi 101 est naturellement un modèle. Les activités néologiques, activités intenses de traduction de tous les mots techniques par des commissions de terminologie québécoises, sont aussi un modèle à suivre. En France, nous sommes aujourd'hui dans une situation honteuse."

Lire aussi: «Une certaine manière de concevoir et de dire le monde»: entretien avec Claude Hagège, propos recueillis par Anne Rapin, en 1996.

Ouvrages de Claude Hagège aux éditions Odile Jacob.

D'autre part, sur un autre plan, Pierre Assouline, sur son blog(ue), fait état d'une accusation de plagiat porté par George Steiner à l'égard de Claude Hagège.


mercredi 17 janvier 2007

Henriette Walter: "Il faut aimer sa langue."

"La population française a été bilingue, majoritairement, jusqu'au début du XXe siècle et c'est à partir du début du XXe siècle, lorsque les langues régionales ont commencé à perdre du terrain, que les Français sont devenus nuls en langues étrangères. Autrefois ils avaient la chance d'avoir deux langues à leur disposition, donc une gymnastique intellectuelle leur permettant de passer d'une langue à l'autre, de ne pas confondre le monde avec la langue. Lorsqu'ils ont perdu, majoritairement, cela, alors ils sont devenus les mauvais élèves de l'Europe en langues. De ce point de vue le renouveau des langues régionales doit être favorisé." -- Henriette Walter, linguiste de renommée internationale, en interview.

La même Henriette Walter, interviewé cette fois par Elias Levy, sur Canadian Jewish News:

“C’est vrai que la langue française a perdu du terrain au cours des deux dernières décades. Mais c’est vrai aussi qu’elle résiste farouchement. On recommence à enseigner le français dans plusieurs pays du monde, notamment en Pologne et en Chine. Force est d’admettre que le rayonnement international du français n’est plus ce qu’il a été dans le passé. Son dynamisme varie d’une région à l’autre. Pour ce qui est de sa structure, la langue française se porte très bien. Elle continue à progresser, à exprimer le monde moderne en intégrant de nouvelles expressions et de nouveaux mots. Malgré une idée reçue, le français n’est pas en train de se laisser manger par des structures linguistiques anglaises.”

“Les Québécois sont très concernés par la langue française. Ce qui n’est malheureusement pas le cas des Français. Dès qu’on arrive au Québec, on entend quelqu’un vous parler du problème linguistique. Ça c’est excellent parce que tout le monde est concerné, et pas seulement les gens qui sont normatifs, les enseignants, ceux qui fabriquent des grammaires… Toute la population québécoise est aux aguets. C’est un grand atout pour la francophonie!”

Sur Canal Académie, on peut écouter une série d'émissions radio, avec Henriette Walter, consacrées à la langue arabe et ses relations avec la langue française. Canal Acédémie se veut "la première radio académique francophone sur Internet".


lundi 27 novembre 2006

Le français au Québec

Le prof maudit fait parler le parent d'un marmot: "Faut qui contunusse à ben travailler! Ch’comprend pas par exemple qui soaye pas bon en frança. Moé, c’tait ma matière forte."

Au Québec, le français est la seule langue officielle depuis 1977. Sur ce site, on peut trouver un petit lexique de mots ou d'expressions souvent utilisés au Québec. J'aime particulièrement: se désâmer, long comme d'ici à demain, câler l’orignal à côté de la bolle...

Les éditions Fidès ont publié un gros volume: Le français au Québec, qui raconte "l'aventure" du français en terre d'Amérique: "Plus de quatre-vingts spécialistes bien connus, appartenant à toutes les disciplines, ont apporté leur contribution à cette fresque inusitée qui trace le portrait d’ensemble des quatre cents ans d’histoire et de vie en français au Québec."


samedi 14 janvier 2006

Claude Duneton

Écrivain, philologue, amoureux de la langue française, chroniqueur au Figaro littéraire, Claude Duneton a publié plusieurs livres, dont Au plaisir des mots et La puce à l'oreille. Il s'insurge ici contre les appellations savantes, en particulier ces noms étranges que l'on donne à trop de figures de style: catachrèses, apocopes et autres asyndètes...

"Rien ne me met autant en colère que des appellations savantes – «post-savantes»? – qui se veulent minutieuses et ne sont qu'absurdes et inutiles. Cette nomenclature sortie du cerveau d'un fou, que les linguistes sortis de la cuisse de Jupiter appellent des tropes, se donne essentiellement pour but d'en mettre plein la vue aux innocents. Devant les mots barbares et abscons que certains magisters dépourvus de pudeur s'efforcent d'inculquer aux braves gens sans malice, je suis pris de véritables bouffées de haine. Comble d'infamie, on essaie de faire avaler ces mots tordus à des enfants qui n'ont jusque-là fait de tort à personne!"

Claude Duneton: Mise en tropes, dans Le Figaro littéraire, 12 janvier 2006.

mardi 10 janvier 2006

Violoneux et violoniste

Un violoniste, c'est bien sûr quelqu'un qui joue du violon. Au Québec, on connaît le violoneux, qui joue des airs de folklore. Dans les romans français du XIXe siècle, et même dans les contes d'Honoré Beaugrand, on trouve aussi le ménétrier. Mais, le moins courant, c'est dans ce roman de Pierre Loti, qu'on le trouve:

"Le violonaire qui menait tout ce monde, affolé par le vent, jouait à la diable; ses airs arrivaient aux oreilles par bouffées, et, dans le bruit des bourrasques, semblaient une petite musique drôle plus grêle que les cris d’une mouette." -- Pêcheur d'Islande.

En notes, dans l'édition Folio Gallimard, on précise que "ce régionalisme n'apparaît dans aucun dictionnaire usuel".

mercredi 21 décembre 2005

La demi-mondaine

Sur le site des correcteurs du journal Le Monde, Langue sauce piquante, on a l'explication de ce mot, que l'on voit souvent dans la littérature du 19e siècle:

"Un nouveau mot pour une ancienne activité que les hétaïres et courtisanes avaient déjà illustrée. Le Demi-Monde, comédie de Dumas fils publiée en 1855, fut à l’origine de ce substantif qui s’appliquait aux femmes entretenues par des messieurs de la haute société parisienne, lesquels se devaient de paraître à l’Opéra au bras d’une accorte jeunesse. Ces messieurs étaient assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une autre pour la galerie. En additionnant leur moitié avec une demie, ils réinventaient la bigamie." -- Permalien.

lundi 21 novembre 2005

Les beaux mots

Tintinnuler (faire). – Faire sonner.
"Il était dix heures. Un crépuscule de juillet et une lune magnifique apportaient leurs nuageuses clartés. Des bouffées de parfums mélangés caressaient l’âme, la comtesse faisait tintinnuller dans sa main les cinq pièces d’or d’un faux commissionnaire en modes..." Honorine, Honoré de Balzac.

Bêtiser – Dire, faire des bêtises.
"Au moins, en v’là un homme qui, au lieu de bêtiser comme un tas de crapauds, sauve l’honneur d’une pauv’ fille outragée." Marie Calumet, Rodolphe Girard.

Lutin (e) – "Éveillé, malicieux, à l'image de ces petits demons expiègles et taquins."
"L'air était brûlant. Le banc de pierre semblait étinceler, et la prairie élançait vers le ciel ces lutines vapeurs qui voltigent et flambent au-dessus des herbes comme une poussière d'or..." Adieu, Honoré de Balzac. "Ici, les vapeurs elles-mêmes semblent des lutins capricieux." Lucette Vidal, en présentation de l'oeuvre de Balzac, dans l'édition Livre de poche.

mardi 18 octobre 2005

Les beaux mots

Primesaut – De primesautier : qui décide, parle, agit avec spontanéité.
«Mais il est bien rare que dans ses discours étudiés, mieux encore, dans le primesaut de la conversation il ne donne pas son signalement – j’allais dire il n’appose pas sa signature – par quelque mot à l’emporte-pièce.» Marcel Proust, dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

Abîmer – Épuiser, fatiguer beaucoup.
«Il fallait que les voyageurs fussent partis de bien loin et venus bien vite pour abîmer leur bête à ce point.» Les mystères de Montréal, Auguste Fortier (1893).

Brun (faire) ou noircir – Quand le soir tombe; à la fin du jour et au début de la nuit; ou bien le matin, quand le jour commence à peine.
«Le lendemain, il faisait brun encore quand Menaud cria le réveil.» Menaud, maître-draveur, Félix-Antoine Savard. (1937).
"Ça commence à noircir dehors." (L...)

dimanche 31 juillet 2005

Les beaux mots

Melliflue - Qui a la suavité du miel.
"C’était un homme considérable, ce notaire, par sa corpulence, sa fortune et la quantité d’actes qu’il faisait. Il avait la face plate et rougeaude, une façon de s’exprimer melliflue, une barbe bien taillée et des prétentions au bel esprit. On le disait à la fois pieux et gaillard." Émile Gaboriau, dans L'Honneur du nom.

Mignoter - Traiter delicatement, dorloter et flatter comme un enfant.
"Et la tante Médie trouvait cela excellent d’être ainsi soignée, choyée, mignotée et dorlotée. Elle se délectait dans ce bien-être comme un pauvre diable dans des draps bien blancs, sans être resté des mois sans coucher dans un lit." Émile Gaboriau, dans L'Honneur du nom.

Patelinage - Comportement patelin, d'une douceur insinuante et hypocrite ; mielleux. Patelin: Celui qui tâche, par des flatteries et de belles paroles, de tromper, ou, simplement, d'en venir à ses fins. (Académie de Grenoble)
"Mais les patelinages de cette réconciliation forcée ne trompaient pas plus l’inepte tante Médie que la perspicace Mme Blanche." Émile Gaboriau, dans L'Honneur du nom.

jeudi 16 juin 2005

Les beaux mots

Souleur - Frayeur subite.
"Prises de souleur, en effet, les dames resserrèrent leur cercle autour du docteur." Au pays de Québec, Louvigny de Montigny.
"À la pensée d’aller camper là, une souleur nous avait passé dans le dos, et je nous étions remis à nager sans souffler motte." Tipite Vallerand, Louis Fréchette.

Trâlée - Longue suite de personnes, bande, ribambelle.
"C’est un beau joueur de violon que le bom’ Câlice Doucet; et pi les aveilles de Noël, comme ça, y a toujours une trâlée de créatures qui se rassemblent là pour danser." Titange, Louis Fréchette.

Ravaud - Tapage, vacarme. D'où ravauder, faire du tapage.
"Cet oeil qu’ils ont comme ça dans le milieu de la physionomie flambe comme un vrai tison; et c’est ce qui les éclaire, parce c’te nation-là, ça dort le jour, et la nuit ça mène le ravaud, sus vot’respèque." Les Lutins, Louis Fréchette.

Délabre - En délabre, qui se détériore et menace ruine par défaut de réparations. "Cette expression ajoute une nuance à l'adjectif délabré qui donne à croire que le délabrement est accompli." Au pays de Québec, Louvigny de Montigny.


samedi 8 janvier 2005

La langue française

François Taillandier écrit:

"J’en déduis que le français n’est pas à défendre parce qu’il serait une langue plus belle ou plus claire qu’une autre, comme on s’est plu parfois à le dire, mais parce qu’il demeure perçu un peu partout (hormis dans le Paris branché) comme le cas le plus emblématique d’une langue habitée par l’histoire, par la création littéraire et par l’ambition d’une société politique juste et harmonieuse."

Nouvelles du front François Taillandier - Article paru dans L'Humanité le 17 juin 2004.

vendredi 31 décembre 2004

Évènement, cout, paraitre

Vous pensez que j'ai fait plusieurs fautes d'orthographe dans le titre de ce billet, hein? C'est que vous ne connaissez pas la nouvelle réforme de la langue proposée par l'Académie française.

L'orthographe recommandée, sur le site d'information sur la nouvelle orthographe française.

samedi 18 décembre 2004

Les beaux mots

Jongler à – Penser à, réfléchir.
«– Je jongle à une chose, monsieur le curé... pour la dispense des bans, là..., si je la prenais t’de suite, à vous j’exempterais pas mal de trouble, et à moi, vu que les chemins veulent se couper et vont devenir méchants sans bon sens, je m’épargnerais un gros voyage?» Le Survenant, Germaine Guèvremont (1945).

Brunante (la) – Au soir.
«On les vit revenir à la brunante, trempés jusqu’aux os, grelottant dans leurs hardes que le froid avait raidis.» Menaud, maître-draveur, Félix-Antoine Savard (1937).
Note de Faucher de Saint-Maurice, dans son livre À la Brunante, à propos du mot brunante: «Si le lecteur se met à la recherche de ce mot, il feuillettera le dictionnaire de l’Académie sans le trouver. C’est un néologisme canadien français pur sang, et m’est avis qu’à «la brunante» est beaucoup plus harmonieux et plus poétique que son synonyme français: – «sur la brune.»

Bourrée (traverser de vilaines bourrées) – Passer de mauvais moments, avoir de la malchance, manquer de veine.
«– Tu sais, ma fille dans la vie, tu traverses de bien vilaines bourrées. Mais, on les passe... on... les... passe!» Marie Didace, Germaine Guèvremont (1947).

Volerie (faire des voleries) – Petit vol.
«Ah! mauvaise créature, vilaine petite voleuse, tu vas voir comme je te corrigerai. Je t’apprendrai à faire des voleries et puis des menteries encore, que j’en suis toute tremblante.» Les Petites filles modèles, Comtesse de Ségur.

 

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