La Bibliothèque électronique du Québec

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mardi 29 mai 2007

Jacques Brault, poète québécois

Jacques Brault, dans un entretien qu'il accordait à Robert Melançon: "Au fond, j'attends peu de choses de la poésie. Enfin, peu de choses... Je n'en attends pas monts et merveilles: le «salut», la révélation de je ne sais trop quoi... Tout simplement, à travers l'amertume de la vie — je ne parle pas nécessairement de ma vie individuelle mais de la vie tout court — une saveur. J'aime le mot saveur: il inclut le sensible. Une certaine saveur qui n'est pas à dédaigner même si elle n'est qu'éphémère. C'est un peu cela que j'attends de la poésie."

Tout l'entretien est téléchargeable au format PDF.

Canal Académie a consacré deux émissions à Jacques Brault.

Première émission (env. 12 min.) :



Seconde émission (env. 13 min.) :




lundi 14 mai 2007

Biblio Lys

Le concours Biblio Lys vise à encourager la lecture et la découverte de romans québécois. Les participants sont invités à suggérer des titres de romans québécois, qu'ils ont aimés et qu'ils désirent faire découvrir aux autres. Cinq titres seront alors élus, afin d'être commentés et critiqués... Plus de détails sur les blogues de Carole Beaudoin et de Mireldar.


samedi 3 mars 2007

Honoré Beaugrand

Il a été maire de Montréal, il a fondé le journal La Patrie, mais il a aussi été écrivain: on connaît aujourd'hui beaucoup plus ses contes de la Chasse-Galerie (PDF) que son roman Jeanne la Fileuse (PDF), où il met en cause la politique canadienne de l'époque, responsable, selon lui, de l'émigration massive vers les États-Unis. Wikipédia présente une belle page sur Honoré Beaugrand, en mettant cependant l'accent sur l'affaire Louis Riel et l'épidémie de variole.

Pour une bonne présentation de l'homme, vous pouvez aussi écouter une causerie de Léon Trépanier, diffusé à la radio de Radio-Canada le 9 novembre 1948. Durée: 13 minutes 12 secondes.

"Si, de son temps, Honoré Beaugrand a surtout été contesté ou admiré pour ses idées et pour son action politique, aujourd’hui c’est avant tout comme écrivain qu’on s’intéresse à lui. Sur ce plan, il apparaît de plus en plus comme l’une des figures les plus attachantes de la fin du XIXe siècle, non tant pour la qualité esthétique de ses écrits que par certains aspects de sa vie et de sa carrière: exilé volontaire dans sa jeunesse, homme de culture dans son âge mûr, passionné de liberté et d’idées nouvelles, il incarne à sa manière, dans le paysage idéologique et culturel de son temps, une «modernité» que la critique et l’histoire ont eu jusqu’ici tendance à méconnaître ou à mal évaluer." -- François Ricard, dans Le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Voir aussi: Notre premier roman bourgeois? Jeanne la Fileuse... (PDF), par Maurice Poteet, dans Voix et images, vol. I, no 2, 1981.


mercredi 14 février 2007

François Gravel

Comme plusieurs, j'avais adoré sa Note de passage, roman qui a paru voilà déjà plus de vingt ans, mais François Gravel a écrit une cinquantaine de livres, beaucoup pour les enfants et les adolescents. Manon Guibert l'a rencontré pour le Journal de Montréal. «Écrire, pour moi, dit-il, c’est mettre des mots ensemble. Si je voulais jouer du saxophone, il me faudrait 5 ou 6 ans d’apprentissage. Les mots sont donnés à tout le monde. Nous n’avons pas besoin d’une formation exceptionnelle. C’est le lecteur qui se fait son histoire dans sa tête. Je fais d’abord et avant tout confiance à l’imagination des lecteurs.»


samedi 10 février 2007

Françoise Loranger

Françoise Loranger est l'auteure de pièces de théâtre, de radioromans, d'un roman (Mathieu, en 1949) et de téléthéâtres. Ses pièces ont, pour la plupart, été créées dans les années 1960 et 70, sauf La dame de cent ans, créée l'année de sa mort, en 1995. Elle a assumé la direction artistique du Théâtre du Trident et a donné des cours de création littéraire à l’université Laval. Dans les années 70, elle cesse momentanément d'écrire, se réfugie dans sa retraite de campagne et se consacre à une recherche spirituelle, recherche dont il est beaucoup question dans Françoise Loranger, une quête de l'absolu, une vidéo de près de 26 minutes, tirée des archives de Radio-Canada. "Il faut aller au bout de soi-même dans tout ce qu’on entreprend. C’est la seule façon de se dépasser. La seule façon de savoir si la chose que vous voulez est bonne", dit-elle dans cette interview qui date de 1968. "Je ne trouve pas que l'on est une nation tellement spirituelle", dit-elle encore en parlant des Québécois.

Le téléroman Sous le signe du lion est diffusé en 1961 et repris en 1962, c'est très certainement l'une des plus belles productions de la télé québécoise. Une nouvelle version a été présenté en 1997 et 1998. - Le millionnaire Jérémie Martin régit son empire familial en véritable potentat, il est dominateur et tyrannique. Ses enfants le craignent et le haïssent. Le récit commence à la suite de la mort (nébuleuse) de la femme de Jérémie.

Autres liens intéressants:

Françoise Loranger, sur le Répertoire des auteurs dramatiques.

Le théâtre de Françoise Loranger.

Un héros semi-sartrien: Mathieu, de Françoise Loranger (PDF), par André Brochu, de l'Université de Montréal, dans Voix et images.


mardi 6 février 2007

Joseph Marmette

Nouveauté, dans la collection Littérature québécoise: La fiancée du rebelle, un roman de Joseph Marmette (1844-1895).

Celui qu'on a parfois surnommé «l'Alexandre Dumas québécois» a écrit des romans historiques, dont L'Intendant Bigot et Le chevalier de Mornac, déjà disponibles à la Bibliothèque. La fiancée du rebelle a pour cadre la guerre d'indépendance des États-Unis, et plus particulièrement la tentative des "Bostonnais" de s'emparer du Canada en 1775; alors que Montréal est tombé, ils sont aux portes de Québec. Mais ce sera bientôt la déroute.

La fiancée du rebelle. PDF. 881 Ko.

"La réédition [du roman L'Intendant Bigot de Marmette] me fournit l'occasion, une fois de plus, de me scandaliser du sort que l'on réserve à notre littérature d'avant 1900, sans cesse et injustement renvoyée aux ligues mineures. Comment expliquer, en effet, qu'un Dumas soit une célébrité au Québec et que la réédition de ses oeuvres fasse l'événement, alors que Marmette y demeure un inconnu? Mes années d'études en littérature n'y ont rien changé; aucun de mes professeurs n'a prononcé ce nom. Le XIXe siècle littéraire québécois? Du menu fretin. En cherchant dans les ouvrages consacrés à l'histoire de notre littérature, on retrouve parfois le nom de Marmette, mais son oeuvre, comme celle de la plupart de ses contemporains, y est presque toujours traitée avec condescendance." -- Louis Cornellier, dans Le Devoir, 16 et 17 juillet 2005.

Petit moment savoureux: à son père, qui veut lui faire épouser un officier anglais, Alice répond:

– Mais, mon père! s’écria-t-elle en pleurant, ne voyez-vous pas que je ne pourrai jamais aimer cet homme-là!
– Bah! répondit l’impitoyable Cognard, tu en serais rendue au même résultat avec tout autre, au bout de six mois de mariage!



mercredi 24 janvier 2007

Le grand fanal

Le site dit officiel de Christian Mistral est abandonné depuis un certain temps. Celui que Michel Lapierre, dans Le Devoir en 2004, voyait "comme le seul écrivain québécois mythique né après 1960", avait publié à 23 ans un roman Vamp, qui avait fait beacoup parlé alors et que j'avais vraiment beaucoup aimé et que j'ai déjà dit d'ailleurs. Mais il a publié énormément depuis. Moi j'en suis resté à Vamp, pas parce que je n'avais pas envie d'aller voir plus loin, mais, bon, ce n'est tout simplement pas arrivé, c'est tout. Mais, voilà, le bonhomme laisse des traces sur le web et je continue tout de même à le suivre. Quelqu'un a déjà dit que si un écrivain ne voyait pas ses livres sortir au format poche, il était à peu près mort, puisque son oeuvre devenait introuvable. Sur le même ton, j'avance cette hypothèse: si un écrivain, aujourd'hui, ne s'assure pas d'une présence sur le web, c'est un écrivain mort. Ça reste à prouver, je sais.

Dixit Christian Mistral: «Plus jeune, je sortais avec une fille qui me trouvait si imbu de moi-même que je devais, selon elle, me figurer que c'était Napoléon qui faisait un complexe de Mistral!» C'est le genre de phrase qui me fait rigoler!

Marie-Françoise Taggart raconte ici qu'elle s'est retrouvée toute crue dans un roman de Mistral, Vacuum, et elle n'a pas du tout aimé. Les écrivains ont-ils le droit d'utliser parents et amis dans leur livre? Jusqu'où peuvent-ils aller? Pas facile de répondre à cela. En tout cas, Marie-Françoise Taggart a publié, en manière de réponse, sous le pseudo de Marie Raspberry, Baisée chez Lanctôt en 2004. Dans Petite pub pour parasites, Christian Mistral lui répond. Et, paraît-il, que "bref, les journalistes ont noirci quelques lignes" sur cette histoire. Mais je devais être ailleurs à ce moment-là.

Fabulation ou histoire complètement inventée? En tout cas, le roman de Marie-Françoise Taggart n'a pas fait long feu, et ceux de Christian Mistral se retrouvent maintenant en poche chez Boréal.

Liens intéressants:

Style de vie, par Marie Hélène Poitras, dans le magazine Voir.

Christian Mistral, vu par Louis Hamelin: "Je l’avoue, j’ai d’abord pris ce grand garçon pour un romancier. Depuis, il a tout fait pour me détromper. Nouvelles, proses, chansons, et maintenant un poème! Le bouquet... une fleur de ville obscène, écarlate. Un jour, j’adressai à ce poseur une lettre qui, jamais postée, commençait ainsi: Ô toi grand fanal fendant des nuits de notre lyrisme!"


mardi 24 octobre 2006

Le Roi des Étudiants

Nouveauté, dans la collection Littérature québécoise: Le Roi des Étudiants, un roman de Wenceslas-Eugène Dick, publié en 1903.

Le Roi des Étudiants. PDF. 794 Ko.

Wenceslas-Eugène Dick est né à Saint-Jean, dans l’île d’Orléans. Il obtint un diplôme en médecine. Il collabora à plusieurs journaux et revues, dans lesquels il publia des contes, des nouvelles, des poèmes, des chroniques. Il publia aussi quelques romans: L’enfant mystérieux, en 1890; Un drame au Labrador, en 1897 et Le Roi des Étudiants en 1903, tous disponibles à la Bibliothèque. En 1998, les Éditions de la Huit (Québec) ont fait paraître la première édition de son premier roman, qui avait d’abord paru en feuilleton en 1875: Une horrible aventure.


vendredi 15 septembre 2006

Olivar Asselin

"Comme Honoré Beaugrand, Olivar Asselin a, un temps, émigré aux États-Unis, à Fall River, Mass., où il a travaillé dans une filature de coton. Plus tard, en 1894, il deviendra rédacteur d’un hebdo français de cette ville, le Protecteur Canadien, mais il collaborera aussi à d’autres journaux. Il s’enrôle dans l’armée américaine durant la guerre contre l’Espagne (fin 19ème siècle), puis revient au Québec en 1900. Journaliste fougueux, Asselin fonde plusieurs journaux, dont Le Nationaliste, puis participe, aux côtés de Henri Bourassa, à la fondation du Devoir. Il a tenté, sans succès, de se faire élire député nationaliste. Ce qui ne l’empêchera pas de lutter sur tous les fronts: les droits du français, les lacunes de notre enseignement, le secours aux indigents... En 1955, un grand prix de journalisme, le prix Olivar-Asselin, a été créé." -- extrait de Histoire de la littérature canadienne-française par les textes.

En 1937, Gérard Dagenais a réuni en un volume, sous le titre Pensée française, des textes restés jusque-là épars dans des journaux et des périodiques auxquels Olivar Asselin avait collaboré.

Pensée française. PDF. 842 Ko.

Sur le site Acteurs de notre histoire, produit par la Ville de Montréal, un dossier sur Olivar Asselin.


mardi 22 août 2006

Englebert Gallèze

Nouveauté, en littérature québécoise: La claire fontaine, un recueil de poésies de Englebert Gallèze (pseud. de Lionel-Englebert Léveillé [1875-1955], membre de l'École littéraire de Montréal). Ce poète a aussi publié Les Chemins de l'Âme (1910), Chante, Rossignol, chante (1925), Vers la Lumière (1931). Sa poésie est associée à celle du terroir.

La claire fontaine. PDF. 380 Ko.

Ce volume a été numérisé par Jean-Louis Lessard, professeur de français au Cégep de Baie-Comeau, et qui a construit un beau site sur la littérature québécoise.


dimanche 20 août 2006

Un homme et son péché

Quand on a seulement vu la télésérie des Belles histoires des pays d'en-haut, présenté à la télé jusqu'à satiété, on a passé à côté d'un très bon roman, celui de Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché. Le roman est court et dense, et autrement moins léger que la série, qui, au bout du compte n'avait pas grand chose à voir avec le livre. Tiré de Histoire de la littérature canadienne-française par les textes, voici d'ailleurs un résumé de l'oeuvre (ne pas lire ce résumé si vous êtes du genre à ne lire un livre que pour en connaître la fin):

"Un homme et son péché est l’histoire d’un «habitant» de Sainte-Adèle, Séraphin Poudrier, consumé par l’avarice. Il maintient Donalda, sa jeune femme, dans une crainte continuelle, la force à manger une nourriture grossière et insuffisante. Il prête son argent à des taux usuraires et garde, s’il le peut, les gages que ses victimes lui confient. Il passe de longues heures à palper et à caresser les pièces d’or qu’il conserve, au grenier, dans des sacs d’avoine. Quand Donalda tombe subitement malade, Séraphin hésite longtemps à faire venir le médecin. C’est finalement son cousin Alexis, ancien draveur, bon vivant et ami de la bouteille, qui s’en chargera. Mais le médecin arrive trop tard: Donalda succombe après avoir reçu les derniers sacrements.

"Séraphin ne la regrette en rien: il pourra désormais vivre à meilleur marché et épargner davantage. Il vivra donc solitaire, dans sa lugubre maison, dévoré par son vice, obsédé par la crainte des voleurs et de l’incendie, jusqu’au jour où une de ses vaches tombe à l’eau et risque de se noyer.

"Prévenu par Alexis, Séraphin se précipite vers la rivière pour sauver sa vache. Mais c’est Alexis, l’ex-flotteur de cages, qui la tirera de l’eau au moment où un incendie, dont on ignore la cause, s’abat soudain sur la maison de Séraphin. Uniquement obsédé par la pensée de son trésor, ce dernier s’élance dans les flammes où on retrouve son cadavre calciné, la main crispée sur une pièce d’or."

Un très beau roman, vraiment!

Dossier: Claude-Henri Grignon (PDF).

"Pierre Grignon rêve d'une télésérie sur la vie du créateur de Séraphin", article de Louise Cousineau, dans La Presse, 19 août 2006.


jeudi 10 août 2006

Un vaisseau

Toute une histoire sur un certain vaisseau!

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif:
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu’est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve!


lundi 17 juillet 2006

Le Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord

"La version numérique de la grande source de référence de Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, publiée en 1989 par les Éditions Fides est maintenant disponible dans la Collection numérique [de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec]. C’est l'un des outils les plus utilisés partout où se dispensent des cours de littérature francophone en Amérique du Nord et où oeuvrent des chercheurs spécialisés dans l'étude de la vie culturelle québécoise."


samedi 1 juillet 2006

Gabrielle Roy

"Native du Manitoba, Gabrielle Roy est l’une des écrivaines les plus connues du Canada. Son premier roman, Bonheur d’occasion, est traduit dans une quinzaine de langues. Publié à la fin de la Deuxième Guerre, il donne un portrait réaliste d’un quartier ouvrier montréalais. Souvent autobiographique, l’œuvre de Roy compte plus de quinze livres."

Sur cette belle page, les archives de Radio-Canada donne accès à plusieurs documents audio et vidéo et retrace la vie de l'auteure.

Voir aussi un site consacré à Anne Hébert.


dimanche 11 juin 2006

Le frère Marie-Victorin

Cette fin de semaine, le Jardin botanique de Montréal a soixante-quinze ans. Il a été créé à l'instigation du frère Marie-Victorin, botaniste et éducateur. Le grand oeuvre du frère Marie-Victorin est certainement la Flore laurentienne, parue en 1935. Ses 917 pages décrivent 1917 espèces de plantes du Québec et présentent quelque 2800 illustrations. Mais il a aussi écrit un recueil de nouvelles (Récits laurentiens) et un recueil de textes (Croquis laurentiens) qui présentent différents aspects de la plaine laurentienne. Ces deux volumes sont disponibles à la Bibliothèque:

Croquis laurentiens. PDF. 975 Ko.
Récits laurentiens. PDF. 464 Ko.


vendredi 9 juin 2006

Le débutant, d'Arsène Bessette

À signaler, en littérature québécoise: Le débutant, roman d'Arsène Bessette.

Le débutant. (PDF) 747 Ko.

Comme Paul Mirot, le héros de son roman, Arsène Bessette (1873-1921) a été journaliste, dont à La Patrie, au Canada français et à La Presse. Lorsqu’il publie son unique roman, Le débutant, en 1914, le livre est condamné par l’Église et passe quasi inaperçu. Pourtant, on considère aujourd’hui que c’est une des meilleures oeuvres de la littérature québécoise. "Ne cherchons pas à le qualifier autrement que de bon roman, si l'on est connaisseur. Il fallait sans doute que s'écoulât un demi-siècle pour que l'on s'en aperçoive", écrit Madeleine Ducrocq-Poirier, en préface à l'édition de la Bibliothèque québécoise.

Édition de référence pour cette édition numérisée : Bibliothèque québécoise, Éditions Fidès. Voir une présentation du roman sur le site de la Bibliothèque québécoise.


mercredi 31 mai 2006

La chasse-galerie

La dernière version des Contes et nouvelles du Québec, tome III, contient plusieurs nouveaux textes, entre autres, d'Alfred Decelles et de Damase Potvin, qui écrit:

"Nos paysans bas-canadiens, qui en ont vu de toutes les couleurs et de toutes les formes, ne s’excitent pas facilement. Ils savent, en toute occasion, garder leur sang-froid et ils sont les dignes descendants de ces Gaulois qui ne craignaient qu’une chose: que le ciel ne leur tombât sur la tête."

Et il y a une histoire de chasse-galerie, qui ne vaut pas cependant la version d'Honoré Beaugrand:

"Tenez, un jour, non, un soir d’la Sainte-Catherine, dans un "campe" ous qu’nous étions, l’long d’la rivière Shipshaw qui s’trouve, asteur, dans l’comté d’Chicoutimi, on s’est-ti pas mis en frais d’aller cri nos blondes à Chicoutimi, en canot, dans les airs!... On a dansé anne grand’partie d’la nuite dans le "campe" et on est ensuite allé r’conduire les demoiselles; çà, creyez-moé, ou creyez-moé pas, c’est la pure vérité."

Contes et nouvelles du Québec III. PDF. 560 Ko.


lundi 22 mai 2006

La Journée des Patriotes

Au Québec, depuis 2002, le lundi précédant le 25 mai se tient la Journée nationale des Patriotes, qui vise à commémorer les luttes des Patriotes de 1837-1838. Sur Internet, les liens et la documentation ne manquent pas sur le sujet. Voir entre autres cette belle page sur la Maison nationale des Patriotes. Et Wikipedia porte ici un regard sur les événements.

La littérature québécoise du dix-neuvième siècle a abondamment traité de ces événements. Voici un choix de titres:

Ernest Choquette: Les Ribaud: une idylle de 37 : roman.
Laurent-Olivier David: Les Patriotes de 1837-1838 : essai.
Laurent-Olivier David: Jean-Olivier Chénier, le héros de Saint-Eustache : essai.
Chevalier de Lorimier: Dernières lettres d'un condamné.

Même des Français s'y sont intéressés:

Régis de Trobriand: Le rebelle: histoire canadienne.
Jules Verne: Famille-sans-nom : roman.

Et, enfin, voici un texte de l'historien Thomas Chapais (1858-1946), qui se livre ici à une charge contre les insurgés:

Thomas Chapais: Les rébellions de 1837-1838. (PDF).


dimanche 26 mars 2006

Refus Global

Le manifeste du Refus Global a été lancé le 6 août 1948 à la librairie Tranquille, rue Sainte-Catherine, à Montréal. D’abord, généralement mal accueilli, il tomba assez vite dans un certain oubli. On considère pourtant aujourd’hui que la publication de ce manifeste a été un événement culturel très important.

"Ce manifeste, issu du milieu artistique, questionne les valeurs traditionnelles et rejette l'immobilisme de la société québécoise. Le Refus Global est le point d'aboutissement et la manifestation d'un processus de transformations idéologiques et culturelles vécus par un petit groupe qui devait marquer ultérieurement la société et la culture québécoise en profondeur. Dès sa publication, le Refus Global sera critiqué par l'Église et l'intelligentsia québécoise." -- Bilan du siècle.

Le texte du Manifeste du Refus Global (1948): Paul-Émile Borduas, et 15 autres signataires. 77 Ko. (PDF) 352 ko.

Liens:

Le Refus Global, révolution totale, un grand dossier audio des archives de Radio-Canada.

Le Refus Global, 50 ans plus tard, par Gilles Guénette et Martin Masse.

samedi 11 mars 2006

Charles Chiniquy (1808-1899)

Le Père Chiniquy est né à Kamouraska, en 1809. Il a été ordonné prêtre en 1833, et fut curé de Beauport et de Kamouraska. Il se signala particulièrement par sa prédication tenace de la tempérance et du fait que l’Église l’excommunia à cause de son enseignement pas très conventionnel.

En présentation à le 19ème siècle fantastique en Amérique française, ed. Alire, 1999, Jacques Lacoursière écrit:

"À partir des années 1840, non seulement au Canada-Uni, c’est-à-dire les actuels Québec et Ontario, mais encore aux États-Unis et en Europe occidentale, des prédicateurs dénonceront les méfaits de l’alcoolisme. En 1856, paraît à Montréal un court ouvrage dont le titre est Tempérance et intempérance. Son auteur, un médecin prohibitionniste, le docteur Carpenter écrit : "Chaque goutte de ce poison charrie la mort dans nos veines. Oui, le dieu alcool demande toujours, il demande sans cesse, et il ne donne en retour que la honte, la gêne, la misère et le déshonneur. Il voudrait nous noyer dans un déluge pire que le premier." Encore là, nombreux sont les conteurs qui mettent leurs lecteurs en garde contre les méfaits de l'ivrognerie."

Sur ce sujet, Charles Chiniquy a écrit un conte: L'ivrogne, inclus dans le tome I des Contes et nouvelles du Québec.


vendredi 10 mars 2006

Contes et nouvelles du Québec: tome III

Nouveauté: le tome troisième des Contes et nouvelles du Québec. Dans ce recueil, des textes de Michelle Le Normand, Gaétane de Montreuil, Armand de Haerne et Damase Potvin.

Contes et nouvelles du Québec. (PDF) 352 ko.

"Les écrivains [du dix-neuvième siècle], jeunes pour la plupart, se sont d'abord fait la main en rédigeant des récits brefs qui se prêtaient bien à la publication dans les journaux et revues. En raison des difficultés énormes que connaissaient alors les éditeurs, peu enclins à publier des oeuvres d'imagination, les risques étant trop grands, les écrivains, les jeunes comme les moins jeunes, font leur apprentissage de l'écriture et de l'édition en publiant dans les périodiques. Certains éditeurs de journaux, comme Le Populiste, en 1837, ou de revues, comme La Revue canadienne, en 1844-1845, et Le Monde illustré, à la fin du siècle, encouragent les auteurs inexpérimentés à leur faire parvenir leurs textes tout en leur promettant l'aide nécessaire. Ils interviennent directement dans les textes dont ils corrigent l'écriture, comme on le fait encore en France, au début du vingtième siècle..." -- Aurélien Boivin, en préface à Les meilleures nouvelles québécoises du dix-neuvième siècle, Éditions Fidès.


mercredi 1 mars 2006

Arthur Buies

Arthur Buies (1840-1901) a écrit, dans Anglicismes et canadianismes, ces propos très durs:

"Un autre défaut commun du style du journal, c'est le remplissage, c'est le chevillage, c'est l'introduction à tout propos de membres, ou de fractions de membres de phrases inutiles, boiteux, encombrants. Le Canadien a une horreur singulière pour toute expression nette et claire de la pensée; de là les ambages, les entortillements et les enchevêtrements de bouts de phrases les uns dans les autres. Dans ce pays, il n'y a rien de précis, d'arrêté, de formel. L'A-peu-près est la règle; il est la forme convenue en toutes choses, dans les affaires, dans les procédés, dans les relations comme dans la langue. On ne cherche pas à faire bien, mais à faire assez bien pour que ça passe. Il en résulte que l'art, en une matière quelconque, n'existe point."

Et encore ceci, dans le même livre:

"Ce qui est absolument français, dans la province de Québec, ce sont les traditions, le caractère, le type, l'individualité, la tournure d'esprit et une manière de sentir, d'agir et d'exprimer qui est propre aux vieux gaulois. Ce qu'il y a de moins français, c'est la langue."

Sur Arthur Buies, voici un article de Sophie Marcotte, paru dans Rédiger, le magazine de la rédaction professionnelle, en 2001.

La légende du roi Arthur. (PDF) 29 ko.


mardi 14 février 2006

Émile Nelligan

Dans le Magazine Spectacles (vol. 4, no 1), consacré à Émile Nelligan, il y avait ce très beau texte d'un journaliste de La Patrie, Hervé de Saint-Georges, qui a rencontré le poète, lors de son internement à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean -de-Dieu.

Tout le document. (PDF) 83 ko.

"J’ai causé avec un "mort"... un homme qui depuis trente-cinq ans est retranché du nombre des vivants et ne quitte plus l’enceinte de la petite ville qu’est Saint-Jean-de-Dieu, un homme qui eut trop de génie, mais dont la raison sombra dans une effroyable catastrophe alors qu’il avait à peine 18 ans... un poète qui aurait pu atteindre les plus hauts sommets si cette tragédie n’était venue mettre prématurément un terme à son œuvre... Émile Nelligan." -- extrait.

Et ce portrait que traçait Louis Dantin d'Émile Nelligan, du temps de sa jeunesse:

"Dans l'attitude, une fierté, d'où la pose n'était pas absente, cambrait droit le torse élégant, solennisait le mouvement et le geste, donnait au front des rehaussements inspirés et à l'oeil des éclairs apocalyptiques; - à moins que, se retrouvant simplement lui-même, le jeune dieu ne redevint le bon enfant, un peu timide, un peu négligé dans sa tenue, un peu gauche et embarrassé de ses quatre membres.


vendredi 3 février 2006

Louis Hémon

Lorsqu'il séjournait à Péribonka, Louis Hémon correspondait avec sa soeur, restée en Bretagne. Voici un extrait amusant d'une lettre qu'il écrivit, le 5 septembre 1912:

«Cela n’empêche pas que nous sommes hautement civilisés, ici à Péribonka. Il y a un petit bateau à vapeur qui vient au village tous les deux jours, quand l’eau est navigable. Si le bateau se mettait en grève il faudrait pour aller au chemin de fer à Roberval faire le tour par la route du tour du lac, c’est-à-dire quatre-vingts kilomètres environ.
«Ce qui me plaît ici, Poule, c’est que les manières sont simples et dépourvues de toute affectation. Quand on a quelque chose dans le fond de sa tasse on le vide poliment par-dessus son épaule; et quant aux mouches dans la soupe il n’y a que les gens des villes, maniaques, un peu poseurs, qui les ôtent. On couche tout habillé, pour ne pas avoir la peine de faire sa toilette le matin, et on se lave à grande eau le dimanche matin. C’est tout.»


À propos, encore, de Maria Chapdelaine, il n'y a pas eu que Clarence Gagnon qui a illustré magnifiquement ce roman. Il faut voir quelques très belles illustrations de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, pour une édition du roman en 1916. C'est ici.


jeudi 2 février 2006

Marjolaine (Justa Leclerc)

Justa Leclerc (1874-1942) a été journaliste et auteure. Elle a été rédactrice de la page féminine de La Patrie, a collaboré à La Presse, à la Vie Canadienne et à La Revue Moderne. Sous le pseudonyme de Marjolaine, elle a publié plusieurs recueils de contes, dont Contes pour enfants canadiens, En veillant, Au coin du feu, Contes pour les petits de chez nous et même un roman pour enfants.
"Dans ses écrits, Marjolaine n'a qu'un but: faire du bien à ses jeunes lecteurs en leur apprenant à aimer la vie, à la vivre pleinement et utilement, et à développer en eux l'amour du beau, du bien et de la vérité." -- Claude Bélanger, Marianopolis College.
Elle a aussi publié un recueil de chroniques, Gerbes d'automne (Beauchemin, 1929), dont est tiré le conte suivant:


La légende de la source

La première, Suzanne se pencha sur la source limpide qui refléta sa joliesse de blonde.

– La belle source!

– Tu connais sa légende, Zanne! demanda Jeanne dont maintenant le sourire se mirait près du sien dans l’eau cristalline.

– Une légende d’autrefois qui ne se raconte presque plus hélas! dit Monique penchée à son tour au-dessus de l’onde souriant au groupe gracieux.


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Jean-Yves Dupuis

Péchés de vieillesse

roman

 

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