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lundi 21 mai 2007

La vraie Madame Verdurin

Dans Le Figaro littéraire: "Marguerite de Saint-Marceaux - Celle qui inspira le personnage de Proust de La Recherche, tenait brillant salon au coeur du monde artistique. (...) Comme Charles Haas, Robert de Montesquiou ou Céleste Albaret, on ne la connaît que pour cet honneur ou cette calamité: avoir servi l'oeuvre à ses dépens. Laissant un peu de sa chair, de son style, de ses manies et de son ridicule à celle qu'elle a inspirée et semble contempler de l'autre côté du miroir, elle appartient autant au rêve qu'à la réalité, à l'histoire qu'à la légende."


jeudi 10 mai 2007

Proust - Toute la Recherche!

Vous pouvez télécharger les quinze volumes de la Recherche de Proust en un seul fichier compressé (ZIP), qui fait tout de même plus de 14 meg, sur Woofiles.


mercredi 21 février 2007

Proust: toute la Recherche!

Enfin, voici les quinze volumes d'À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust, disponibles en téléchargement. Cette édition numérisée reprend le texte de l’édition Gallimard, Paris, 1946-47, en 15 volumes. J'ai apporté une attention particulière à la numérisation, comparant le texte, à la virgule près, à l'édition de référence. Je ne dis pas qu'il ne reste plus aucunes coquilles, mais elles doivent en fait être rares.

Page de téléchargement des volumes.

Liens intéressants:

Franz Kafka - Marcel Proust: les deux albums: "Kafka rencontre Proust. Petit Marcel rencontre Monsieur K. Kafka se rend à Prague et Proust à... Balbec. Franz Kafka, visiteur assidu de Paris, aurait d'ailleurs fort bien pu rencontrer Proust, son contemporain. Proust fait le Grand Voyage en 1922, et, deux ans plus tard, l'ami Franz le suit. Qui nous empêcherait de les réunir enfin, ces créateurs de mondes? Deux Albums de "photographies recomposées" leur rendront donc hommage sur ce site." Magnifique!

Marcel Proust, par Thierry Laget, document de 55 pages au format PDF.

Marcel Proust, ou le roman de l'écriture, Pierre-Louis Rey: "Quand Marcel Proust meurt, le 18 novembre 1922, il a depuis quelques mois déjà inscrit le mot «fin» au bas du manuscrit d'À la recherche du temps perdu. Les trois derniers volumes du roman - qui en compte sept au total -, encore à paraître, appellent des retouches; si la Prisonnière est presque achevée, nous ignorons toujours où devait s'arrêter Albertine disparue et débuter le Temps retrouvé, qui ne sera publié qu'en 1927. Mais dès 1909, Proust a composé la charpente de son édifice: à quelque moment que la mort l'eût surpris, la Recherche aurait offert sa clef au lecteur."

Wikipedia, l'encyclopédie libre, recense différentes éditions de la Recherche, établient une liste des personnages, des lieux, et présente une chronologie des évènements.

En octobre dernier, la maison Thélème mettait en vente l'intégrale de la Recherche sur 111 cds, donc le texte lu par des comédiens dont Robin Renucci, Lambert Wilson, André Dussollier, Denis Podalydès, Guillaume Gallienne, Michaël Lonsdale. On peut écouter des extraits sur le site de la maison.

Florence Gaillard, dans Le Temps (Suisse): "Ô Marcel centenaire, repose en paix dans nos iPod et nos voitures, car tu parles vrai et te déplaces léger dans notre siècle qui maudit les heures creuses, snobe les imparfaits du subjonctif et ne craint rien tant que le temps perdu."

Voir la très belle exposition virtuelle que Gallica a consacré à Proust, et particulièrement au dernier volume de la Recherche: Le Temps retrouvé.

Balades avec Proust à Trouville: où on peut voir des manoirs, des hôtels..., où Proust a demeuré, ou qui ont servi de modèles dans la Recherche.


dimanche 18 février 2007

Écrire pour ne rien dire

Dans le quatorzième tome (de l'édition numérisée ici) de la Recherche, Proust relève des formules ("images qui ne voulaient rien dire du tout") qu'emploie le journaliste Brichot, formules plutôt amusantes, et que je relève ici (on est pendant la première Guerre Mondiale):

- les Allemands ne pourront plus regarder en face la statue de Beethoven;
- Schiller a dû frémir dans son tombeau;
- l’encre qui avait paraphé la neutralité de la Belgique était à peine séchée;
- Lénine parle, mais autant en emporte le vent de la steppe;
- Vingt mille prisonniers, c’est un chiffre;
- Notre commandement saura ouvrir l’œil et le bon;
- Nous voulons vaincre, un point c’est tout.

Et Mme Verdurin de dire que Brichot écrit comme un cochon!



mardi 6 février 2007

"L'édifice immense du souvenir"

L’histoire de la petite madeleine et de sa capacité à faire remonter des souvenirs est célèbre; ainsi, une gorgée de thé et une bouchée de madeleine peuvent, à elles seules, rappeler à nous "l'édifice immense du souvenir". C'est certainement le passage le plus connu de la Recherche de Proust. Dans Le temps retrouvé, dernier tome de l'oeuvre, Proust associe également un passage des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand à ces mêmes "sensations du genre de celle de la madeleine" qu'il a ressenties. Il cite ce bref passage des Mémoires:

«Hier au soir je me promenais seul... je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. À l’instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel; j’oubliai les catastrophes dont je venais d’être le témoin et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la grive.»



lundi 8 janvier 2007

"Le désir est parfois contagieux"

Dans La Force des émotions, publié aux éditions Odile Jacob, les deux auteurs, François Lelord et Christophe André, rappellent une très jolie scène tirée d'À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust. Voici comment ils présentent la scène: Le narrateur est invité à une grande soirée du Paris du début du siècle, au cours de laquelle il rencontre Swann, un ami mondain et lettré. À un moment, on leur présente Mme de Surgis, très belle femme et maîtresse du duc de Guermentes. Elle est pourvue, entre autre charmes, d'un décolletté avantageux. Et voici la scène de Proust, tirée du tome IX de l'édition numérisée ici à la Bibliothèque:

Dès que Swann eut, en serrant la main de la marquise, vu sa gorge de tout près et de haut, il plongea un regard attentif, sérieux, absorbé, presque soucieux, dans les profondeurs du corsage, et ses narines, que le parfum de la femme grisait, palpitèrent comme un papillon prêt à aller se poser sur la fleur entrevue. Brusquement il s’arracha au vertige qui l’avait saisi, et Mme de Surgis elle-même, quoique gênée, étouffa une respiration profonde, tant le désir est parfois contagieux.



jeudi 27 octobre 2005

Charlus, Hugo, les princes

Dans Du côté de Guermantes, il y a une scène où le baron de Charlus se fâche avec le narrateur, pour une raison que nous ignorons, et que celui-ci ne devine pas également. Charlus conclut ainsi:

"Malheureusement, reprit-il, je n’ai pas le don de faire refleurir ce qui a été une fois détruit. Ma sympathie pour vous est bien morte. Rien ne peut la ressusciter. Je crois qu’il n’est pas indigne de moi de confesser que je le regrette. Je me sens toujours un peu comme le Booz de Victor Hugo: "Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe."

J'ai retrouvé ces vers de Hugo (Booz endormi):

Mais, vieux, on tremble ainsi qu’à l’hiver le bouleau;
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu! mon âme vers la tombe,
Comme un bœuf ayant soif penche son front vers l’eau.

Magnifique, à la fois cette poésie de Hugo et cette scène de la Recherche.

Par ailleurs, Mme de Guermantes, qui s'informe auprès de son mari, qui il y aura à dîner, et qu'on lui répond que, entre autres, le frère du roi Théodose, s'exclame, avec ennui:

"Ah! mon Dieu, encore des princes."

Et de dire encore:

"Ce que ça peut être ennuyeux de dîner en ville! Il y a des soirs où on aimerait mieux mourir! Il est vrai que de mourir c’est peut-être tout aussi ennuyeux puisqu’on ne sait pas ce que c’est."


mercredi 26 octobre 2005

Hugo et Zola

Les personnages de Proust, avides d'invitations dans des salons où on s'échange des futilités, ont parfois des opinions fort amusantes.

La duchesse de Guermantes, sur Zola:
"[Zola] grandit tout ce qu’il touche. Vous me direz qu’il ne touche justement qu’à ce qui... porte bonheur! Mais il en fait quelque chose d’immense; il a le fumier épique! C’est l’Homère de la vidange! Il n’a pas assez de majuscules pour écrire le mot de Cambronne."

Mme de Brissac:
"Je n’en veux pas à Victor Hugo d’avoir des idées, bien au contraire, mais de les chercher dans ce qui est monstrueux. Au fond c’est lui qui nous a habitués au laid en littérature. Il y a déjà bien assez de laideurs dans la vie. Pourquoi au moins ne pas les oublier pendant que nous lisons? Un spectacle pénible dont nous nous détournerions dans la vie, voilà ce qui attire Victor Hugo."


mardi 25 octobre 2005

Les petites madeleines

Beaucoup de personnes qui n'ont jamais lu Proust savent bien ce qu'il en est des petites madeleines:

"Elle [la mère du narrateur] envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi..." (Du côté de chez Swann).

Trouvé, cette recette de petites madeleines:

Travailler deux gros œufs avec 125 grammes de sucre pour obtenir une pâte blanche. Ajouter 150 grammes de farine en alternant avec 125 grammes de beurre fondu. Parfumer avec zest de citron ou d’orange ou avec quelques gouttes de cointreau, de Grand Marnier ou de rhum. Verser dans les moules bien beurrés et cuire à 350 pendant environ 5 minutes.


dimanche 23 octobre 2005

Les nerveux

Dans Le côté de Guermantes, de la Recherche, il y a le docteur du Boulbon (en fait, il semble plus discoureur que médecin), qui est venu soigner la grand-mère du narrateur:

"Tout ce que nous connaissons de grand nous vient des nerveux. Ce sont eux et non pas d’autres qui ont fondé les religions et composé les chefs-d’oeuvre. Jamais le monde ne saura tout ce qu’il leur doit et surtout ce qu’eux ont souffert pour le lui donner. Nous goûtons les fines musiques, les beaux tableaux, mille délicatesses, mais nous ne savons pas ce qu’elles ont coûté, à ceux qui les inventèrent, d’insomnies, de pleurs, de rires spasmodiques, d’urticaires, d’asthmes, d’épilepsies, d’une angoisse de mourir qui est pire que tout cela..."


samedi 22 octobre 2005

La sonate de Vinteuil

Swann, dans le premier livre de la Recherche de Proust, est profondément affecté par "une oeuvre musicale exécutée au piano et au violon" qu'il écoute pour la première fois chez les Verdurins.

"L'expérience d'entendre la sonate, écrit Madeleine Hunter, est semblable à l'expérience de Marcel (le narrateur) lui-même lorsqu'il a goûté la madeleine. L'expérience de Marcel fait revenir le passé dans le présent. Il y a beaucoup de ressemblances entre la mémoire involontaire de Swann et celle de Marcel. Nous pouvons comprendre ce que la sonate a fait pour Swann en étudiant ce que la madeleine a fait pour Proust. L'épisode de la madeleine a lieu par hasard, et il évoque en Marcel une réaction de plaisir sensuel et émotionel. La sonate a des effets semblables sur Swann."

Vinteuil est un personnage de fiction. Pour plusieurs, cette fameuse sonate serait en fait la Sonate en la majeur de César Franck. Pour d'autres, ce serait plutôt la Ballade de Gabriel Fauré. Pour d'autres encore, elle se rapprocherait plus de l'oeuvre d'un Wagner, ou encore elle serait une pure création de Proust, illustrant son propre univers.

Lien:

L'homme et la musique dans Un Amour de Swann, par Margaret Hunter.


mardi 11 octobre 2005

Marcel Proust

"Proust a longtemps fréquenté les milieux mondains et la noblesse décadente de la fin du XIXe qu’il a su étudier avec minutie; ils lui ont permis d’acquérir une connaissance aiguë du snobisme et de la futilité d’une société qui en même temps, le fascinait. Puis, voyant que la maladie s'emparait de lui, par crainte de ne pouvoir mener à bien l’œuvre qu’il sentait mûrir, il se retira du monde pour écrire cette immense "cathédrale". Proust n’a cependant pas d’emblée été reconnu comme un génie. Du côté de chez Swann a été refusé par tous les éditeurs et n’a été publié qu’à compte d’auteur… chez Grasset. Ce n’est que vers 1916 qu’on commence à reconnaître sa valeur et que la N.R.F. de Gallimard se décide à l’éditer!" -- Plus.


samedi 1 octobre 2005

Sur la lecture, de Marcel Proust

Nouveauté: Sur la lecture, de Marcel Proust. Le texte a paru en préface à la traduction par Proust du livre de John Ruskin : Sésame et les lys. Il n'y est en fait pas question de Ruskin, dans cette préface, Proust y expose plutôt ses propres idées sur la lecture.

Sur la lecture. (PDF) 216 ko.

"Aussi, les plus grands écrivains, dans les heures où ils ne sont pas en communication directe avec la pensée, se plaisent dans la société des livres. N’est-ce pas surtout pour eux, du reste, qu’ils ont été écrits; ne leur dévoilent-ils pas mille beautés, qui restent cachées au vulgaire? À vrai dire, le fait que des esprits supérieurs soient ce que l’on appelle livresques ne prouve nullement que cela ne soit pas un défaut de l’être. De ce que les hommes médiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux, on ne peut pas conclure que le travail n’est pas pour l’esprit une meilleure discipline que la paresse. Malgré cela, rencontrer chez un grand homme un de nos défauts nous incline toujours à nous demander si ce n’était pas au fond une qualité méconnue...." -- Sur la lecture.


 

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